Histoire Moyen-Orient et Afrique du Nord

La question palestinienne (2/2)

L’Organisation de la Résistance Palestinienne

L’OLP est créée en 1964 et en 1968, les organisations de la résistance (comme par exemple de Fatah) entrent dans l’OLP et s’emparent de la majorité au CNP (Conseil National Palestinien).
En 1969, Yasser Arafat devient le président de l’OLP. Sa prise de pouvoir représente la volonté d’émancipation formulée auparavant, et il se fixe comme objectif la destruction d’Israël (Charte de 1964). Sous son impulsion, l’OLP développe tout un ensemble de services civils (santé, enseignement, finances) et devient une véritable forme d’État. En 1967, avec la guerre des Six Jours, l’Etat hébreu annexe notamment la Cisjordanie et la bande de Gaza, où vivent de nombreux réfugiés palestiniens. La défaite des États arabes entraîne la radicalisation de l’OLP. En 1968, celle-ci préconise explicitement le recours à la lutte armée (article 9) et l’action des commandos (article 10) comme seuls moyens efficaces pour parvenir à ses fins. À partir de 1969 et sous la direction de Yasser Arafat, elle multiplie les attaques contre Israël. Par exemple, la prise d’otage et l’assassinat d’athlètes israéliens par des membres du groupe terroriste palestinien « Septembre noir » en 1972, au JO de Munich. 1973 change la donne car les
palestiniens cessent de recevoir le soutien des pays arabes. Le conflit devient alors
uniquement israélo-palestinien. Parallèlement, les plus modérés s’efforcèrent de mener une action diplomatique qui connait un certain succès : le 22 novembre 1974, Yasser Arafat est admis à prendre la parole devant l’Assemblée générale de l’ONU et celle-ci reconnaît le droit des palestiniens « à la souveraineté et à l’indépendance nationale ».

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Cependant, sur le terrain les choses n’avancent pas et au contraire, se compliquent. Les attaques des palestiniens contre Israël ont fini par provoquer des représailles, à la fois contre les camps de réfugiés mais aussi contre les pays d’accueils. De ce fait, le 17 septembre 1970 le roi Hussein de Jordanie, qui trouve les palestiniens « encombrants », fait bombarder les camps de réfugiés situés sur son territoire. Une partie des palestiniens et la direction de l’OLP se réfugient alors au Liban, où ils formèrent bientôt une communauté d’1/2 million de personnes, un véritable Etat dans l’Etat libanais.

L’installation massive des Palestiniens au Liban : déclencheur de la guerre civile en 1975

Dans un premier temps, cette guerre opposait les chrétiens « conservateurs » aux palestiniens soutenus par les Libanais musulmans « progressistes ». À partir de 1970, le Liban voit arriver les combattants de l’OLP, chassés de Jordanie après l’épisode de « Septembre noir ». Cette présence palestinienne va accentuer les clivages entre les partis et les groupes confessionnels libanais. L’arrivée de l’OLP au Liban constitue une grande force de déstabilisation interne. S’installant d’abord au sud du pays puis progressivement repoussée vers Beyrouth par les incursions israéliennes, l’OLP est reçue de manière ambiguë par les forces déjà en présence. D’un côté, elle a pu soulever l’enthousiasme des populations musulmanes qui souhaitaient voir l’émergence d’un Etat palestinien à la place d’Israël. De l’autre, elle a pu susciter la peur de voir s’abattre les représailles israéliennes sur le Liban et, pour les chrétiens, la peur d’être mis en minorité par la population musulmane, alors en augmentation. En juin 1982, Israël déclenche l’opération « Paix pour la Galilée ». Son objectif est d’ « extraire le mal à la racine », autrement dit chasser les combattants palestiniens du Liban et en finir avec l’OLP. Le sud du Liban est rapidement envahi et pendant deux mois, Beyrouth, la capitale, est encerclée et bombardée par l’armée israélienne. Début septembre, les combattants de l’OLP. sont évacués de Beyrouth sous le contrôle d’une force
multinationale, qui comprend des américains, des français et des italiens. La direction de l’OLP s’est alors retrouvée à Tunis. Le 16 septembre, alors que l’armée israélienne occupe toujours la capitale, des chrétiens extrémistes (unités phalangistes) massacrent plusieurs centaines de Palestiniens dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatilla, sous les yeux des soldats israéliens qui n’interviennent pas. Violemment critiquées, les troupes israéliennes amorcent alors un retrait qui dura jusque 1985. Depuis, elles demeurent stationnées en territoire libanais, le long de la frontière entre le Liban et Israël.
L’intervention israélienne oblige la direction de l’OLP. à changer de stratégie.
L’opération « paix pour la Galilée » a porté un coup sérieux à l’OLP, mais ne l’a pas pour
autant vaincue. Elle a pourtant convaincu ses dirigeants de l’impossibilité de vaincre
militairement Israël de l’extérieur. L’OLP amorce alors un tournant stratégique important :
– sur le terrain militaire, la lutte des Palestiniens se déplace dans les territoires occupés
(Bande de Gaza, Cisjordanie) où, à partir de décembre 1987, se déroule la guerre des pierres ou l’Intifada.
– sur le plan diplomatique et sous la pression des modérés, la direction de l’OLP
déclare, dès 1988, renoncer au terrorisme et admet de manière implicite le droit à l’existence de l’Etat d’Israël.
Ainsi, les principaux obstacles au dialogue avec les Israéliens sont levés. Pourtant, à la même époque, les dirigeants d’Israël refusent toujours de discuter officiellement avec l’OLP et continuent de qualifier Arafat de terroriste. La situation semble bloquée. Toutefois, tout va changer grâce à l’opinion publique israélienne, alors en pleine évolution.

Les espoirs de paix au début des années 1990 : Juin 1992, la victoire des travaillistes aux élections israéliennes offre une chance à la paix

Lassée par la guerre et l’affrontement dans les territoires occupés, sensible au changement de stratégie affichée par l’OLP, une majorité d’Israéliens décide de voter aux élections de juin 1992, en faveur du parti travailliste. Les conservateurs du Likoud, qui refusaient de négocier, sont battus et le nouveau premier ministre Rabbin déclare : « notre priorité, c’est la paix ». Les conditions du dialogue sont ainsi ouvertes des deux côtés.
En janvier 1993, la loi interdisant les contacts entre Israël et l’OLP est abrogée.
Le 13 septembre 1993, après huit mois de négociations secrètes à Oslo (Norvège), Israéliens et Palestiniens signent à Washington un accord de reconnaissance mutuelle, qui prévoit le retrait des troupes israéliennes et l’autonomie des territoires occupés, d’abord de Gaza et Jéricho. Les accords d’Oslo prévoient :
– Des élections en Palestine
– La constitution d’un gouvernement Palestinien (l’OLP et le Fatah). On retient
fréquemment l’expression d’ « Autorité Palestinienne » pour la caractériser.
– Une police.
– (non mentionné dans le texte) : Le retour des réfugiés Palestiniens.
– La Cisjordanie devait être sous trois régimes d’administration différents : israélien,
israélo-palestinien et palestinien.

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Cependant l’assassinat de Rabin en novembre 1995 et la victoire des conservateurs du
Likoud aux élections israéliennes de mai 1996 bloquent le processus de paix.
Le 29 mai 1996 le leader du Likoud (parti conservateur), Benyamin Netanyahou, emporte ces élections avec 50,4% des voix face au premier ministre sortant, le travailliste Shimon Pérès.
Les négociations sur le statut définitif de Jérusalem et de la Cisjordanie furent donc repoussées à plus tard. Le nouveau gouvernement donna même le feu vert à la reprise de la colonisation juive en Cisjordanie et à l’est de Jérusalem.
Le processus de paix semble ainsi suspendu et la perspective de la naissance rapide d’un véritable Etat pour les palestiniens à côté d’Israël s’éloigne.

La question palestinienne est passée d’un enjeu à un acteur, à travers les conflits israélo-
arabes, à un conflit israélo-palestinien à partir de 1973. Cette question se pose donc à plusieurs échelles : locale, régionale et internationale.

 

Ozdemir Biken

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