Société

La lumière bleue : entre progrès et danger.

Peut-être avez-vous déjà vu, ou en portez-vous vous-mêmes, des lunettes avec des reflets bleus sur les verres ? Ces lunettes sont conçues pour protéger nos yeux de la lumière bleue. Depuis quelques temps, cette lumière est entrée dans nos vies et presque personne ne peut y échapper. Smartphones, ordinateurs, télévisions, etc. Nous y sommes tous exposés. Mais qu’est-elle vraiment ? Est-elle dangereuse pour la santé ? Doit-on être particulièrement attentif avec les enfants ? De quels moyens disposons-nous pour nous en protéger ?

Nous passons en moyenne 6h par jour devant nos écrans, et nos yeux sont plus que jamais confrontés au problème du numérique. En moyenne, on compte 6,4 écrans par foyer en France, contre 0,8 dans les années 1960.

Les lumières bleues / bleu turquoise / bleu violet

Souvenez-vous de vos cours de physique sur le spectre de la lumière. La lumière bleue est une partie de ce spectre, et elle s’étend entre 380 et 500 nanomètres. Cette lumière est naturellement émise par le soleil, mais également par les LED qui jalonnent notre quotidien à travers nos écrans et nos éclairages (ampoules basse consommation, lumière vive des open spaces). Cette lumière bleue est également appelée la lumière à Haute Energie Visible (HEV). Néanmoins, au sein de cette lumière, il faut encore distinguer deux types de lumière.

La lumière dite « bleu turquoise » nous est bénéfique car elle contrôle nos rythmes circadiens (notre horloge biologique), en régulant non seulement notre production de mélatonine (aussi appelée « hormone du sommeil », qui facilite notre endormissement) mais aussi nos fonctions cognitives, nos équilibres hormonaux et notre température interne.

A l’inverse, la lumière dite « bleu violet », comprise entre 415 et 455 nanomètres, est davantage considérée comme dangereuse, notamment car elle se rapproche des UV, nocifs pour la santé. En effet, elle abîme notre rétine en pénétrant dans l’œil, augmentant ainsi les risques de DMLA (Dégénérescence Maculaire Liée à l’Âge), puisqu’elle frappe la partie centrale de la rétine, appelée la macula, qui traite 90% des informations visuelles. Cette maladie oculaire engendre une perte de la vision centrale tout en laissant la vision périphérique nette.

lumiere bleue

Est-ce vraiment dangereux ?

A court terme, une exposition prolongée des écrans peut créer une importante fatigue des yeux et des maux de têtes, notamment chez les personnes migraineuses. A long terme peut s’installer le problème de la DMLA, qui se matérialise par l’apparition d’un point noir au centre de la vision.

A noter également que nos écrans et les LED modifient et dérèglent nos rythmes. Autrefois, seul le soleil émettait cette lumière bleue et la venue de la nuit reposait nos yeux. De nos jours, étant exposé en permanence à cette lumière créée artificiellement, notre cerveau n’a plus la coupure jour/nuit que faisait la nature. Nous avons ainsi tendance à trouver le sommeil moins facilement, ou à être très fatigués le matin.

Et les enfants ? Sont-ils plus sensibles ?

Les enfants devraient être moins exposés aux écrans que les adultes. Leur cristallin est plus clair, donc plus sensible. Bien sûr, théoriquement, un enfant ne passe pas autant de temps qu’un adulte sur les écrans au cours de la journée, mais la pluralité des supports numériques tend à réduire la vigilance parentale. Certains divertissent leurs enfants grâce à la télévision et à la tablette, sans toutefois réfléchir qu’un dessin animé sur TV et qu’un jeu sur tablette doublent l’exposition des yeux de l’enfant aux écrans. Notons également que les enfants qui jouent beaucoup sur écrans sont aussi exposés que les adultes. Alors qu’autrefois, l’exposition aux écrans commençait vers 20 ou 40 ans, selon la profession, l’année de naissance et l’avènement des technologies. Aujourd’hui, les enfants sont confrontés de plus en plus tôt à ces écrans et le seront toute leur vie. Ainsi, les dégénérescences de l’œil auront tendance à arriver plus tôt. Les enfants nés aujourd’hui auront ces problèmes vers 20 ou 30 ans, alors que ceux nés il y a une trentaine d’années seront confrontés à ces problèmes oculaires à 50 ou 60 ans.

Comment lutter ou éviter d’y être exposé ?

Il serait compliqué, à moins d’aller vivre dans une grotte, d’échapper à cette lumière qui, rappelons-le, émane du soleil de façon naturelle mais aussi de nos écrans. C’est justement parce que nous ne pouvons y échapper que des entreprises se penchent de plus en plus sur la question de la protection de nos yeux. Ainsi, plusieurs marques spécialisées dans l’optique commercialisent des « lunettes anti-lumière bleue ». Toutefois, selon le prix de vos lunettes, le pourcentage de filtration de la lumière bleue sera plus ou moins élevé. Allant de 20% à 100%, bien que ces dernières restent rares sur le marché, les prix démarrent autour d’une vingtaine d’euros pour un pourcentage moindre, jusqu’à plus d’une centaine d’euros pour un filtrage 100% anti-lumière bleue.

Pour les personnes portant déjà des lunettes, il existe la possibilité de traiter les verres d’origine pour qu’ils soient filtrants. Quant aux personnes sans problème de vue, elles peuvent trouver sans difficulté des lunettes non-correctrices qui ont pour seul but de filtrer la lumière bleue.

Par ailleurs, le fabricant d’ordinateur Philips combat le mal par la racine en commercialisant, depuis 2015, un écran d’ordinateur équipée de la technologie dite « SoftBlue », qui change les fréquences de la lumière bleue. En effet, les fréquences nocives étant situées aux alentours de 450 nanomètres, Philips les amène au-dessus de 460 nanomètres, ce qui permet d’obtenir une image aux couleurs naturelles alors que, jusqu’à maintenant, les filtres anti-lumière bleue avaient tendance à rendre une image qui tirait sur le jaune.

Afin de pouvoir continuer à utiliser nos appareils électroniques le soir, certaines applications ont été également mises au point. Elles permettent de régler la luminosité de l’écran, mais aussi de choisir sa composition. Ainsi, le soir la lumière tire davantage vers le jaune afin de ne pas diffuser de lumière bleue avant le coucher, cela permettant d’apaiser les yeux.

Il ne faut pas oublier toutefois que ces filtres anti-lumière bleue font aussi barrière à la lumière bleu turquoise, laquelle est positive et essentielle à notre organisme.

 

Un moyen relativement simple de contrer les effets négatifs de cette lumière est encore de garder une distance raisonnable entre nos yeux et les écrans, ainsi que de lever la tête de temps en temps de nos smartphones et ordinateurs.

Pascual Ludivine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s