Sofia, qui es-tu ?

Mes parents, toujours avides de nouvelles découvertes, nous annoncent il y a quelques semaines qu’ils désirent découvrir une nouvelle capitale européenne. Après de nombreuses discussions, comparaisons de vols, de dates, de prix, d’envies, des « pourquoi pas Edimbourg ? » « Je préfèrerais un pays de l’est. » « Prague peut-être ? », nous finissons par nous accorder sur la Bulgarie, dont la culture nous est totalement inconnue, et nous envolons pour passer quelques jours à Sofia.

Basiques.

 Sofia est la capitale de la Bulgarie, qui s’est indépendantisée de l’URSS en 1989. C’est une ville de plus d’un million d’habitants, située à l’ouest du pays, et une des plus grandes cités des Balkans. Elle partage ses frontières avec de nombreux pays : la Turquie, la Grèce, la Macédoine, la Serbie, la Roumanie et l’Ukraine, et possède un accès direct à la mer noire à l’est du pays.

La ville aux 100 lieux de cultes.

 La religion est quelque chose de très important dans la culture bulgare, et la majorité de la population est chrétienne orthodoxe. Sofia possède donc de nombreuses églises et cathédrales orthodoxes, qui sont totalement différentes des églises catholiques que nous avions l’habitude de voir, en France, ou lors de nos voyages dans des pays plus occidentaux. La construction orthodoxe la plus connue de la ville est la cathédrale Alexandre Nevski située dans le centre historique de la métropole. Si l’extérieur du bâtiment pourrait nous faire penser à un Sacré Cœur doré ou à une grande Chapelle Sixtine, l’intérieur y est bien différent. Loin des lieux de cultes chrétiens que nous connaissions, des vitraux représentants des passages de la Bible, des murs blancs et des absides décorées de représentations du Christ. Nous entrons ici dans un espace immense où les murs, du sol au plafond, sont recouverts de peintures rouges, bleues et couleurs or, illustration des histoires de la religion. Les photographies sont interdites mais nos yeux capturent les moindres détails. Ce que nous voyons est vertigineux.

Mais, Sofia accueille aussi de nombreux lieux de culte d’autres religions, dont la mosquée Bania Bachi, puisqu’environ 8% de la population est musulmane, et la Synagogue, qui est une des plus grandes synagogues d’Europe. Toutes deux sont ouvertes au public pour la visite et permettent la découverte, toute aussi intéressante d’une autre partie de la culture bulgare.

Et l’Histoire dans tout ça ?

 Longtemps rattachée à l’URSS, la Bulgarie possède un passé communiste qu’elle assume peu. Dans ses musées d’histoires, ses rues, ses livres, Sofia ne se vante pas d’avoir été un très bon élève de l’ancien régime stalinien. Le musée d’histoire de la Bulgarie, par exemple, retrace les différentes influences culturelles de la Bulgarie, qui a par exemple appartenu à la Turquie et à l’empire Ottoman, et arrête son récit à la veille de la première guerre mondiale. Ce vide historique nous a parfois laissé un sentiment de frustration de ne pas pouvoir plus comprendre l’éclatement de la puissance soviétique de la part d’un Etat l’ayant vécu de l’intérieur. Le reste du musée, tout comme la collection du musée national d’histoire, possède cependant une collection très intéressante.

Capitalisme, mon amour.

 Quoi de mieux pour faire oublier son passé communiste de se rattacher à un présent capitaliste ? Sofia est l’exemple même de cette solution. Dans les rues du centre-ville aujourd’hui se succèdent l’Occitane, Bershka, Nike, Converses, Starbucks et Yves Rocher.

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La position des fast food, notamment McDonald’s, est indiquée aux habitants et aux visiteurs de la ville par d’énormes installations en métal situées au sommet des immeubles. De nombreux cafés bios, vegans ou équitables à la décoration hygge fleurissent ici ou là dans les rues pavées de la capitale. Ceci se remarque aussi dans la façon dont les habitants de la ville, notamment les femmes, sont habillés. Elles arborent des vêtements « cheap » mais nombreux et colorés, car la déstalinisation du pays et l’ouverture au reste du monde leur a également ouvert les portes de la surconsommation occidentale, qui est aujourd’hui, selon une expatriée française avec qui nous avons discuté, un objectif pour elles. L’abondance représente le luxe enfin accessible. Bref, Sofia semble aujourd’hui avoir pour ambition de devenir un bon camarade des villes plus occidentales comme New-York, Berlin ou Paris.

Terre, mer, montagne.

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Ce qui est très agréable à Sofia, c’est l’environnement. La ville est située au pied de Vitosha Mountain, qui est très accessible en bus comme à pied et qui permet de quitter la rumeur de la capitale pour une balade. Bourgas, une ville côtière est reliable en voiture en moins de 4 heures. De plus, de nombreux parcs et jardins emplissent la ville de verdure et d’ombre, qui permettent un déjeuner ou une pause en plein air sympathique.

Conseils pratiques.

 

Ce voyage a été pour nous un véritable enchantement. Pour ceux qui désireraient partir à la découverte d’une nouvelle ville, et qui auraient un budget limité, Sofia est l’idéal. En effet, pour 6 jours sur place, les billets d’avion et le logement pour 6 personnes ont coûtés 520€, donc moins de 90€ par personne. De plus, la vie à Sofia est très abordable, puisqu’un leva vaut 51 centimes d’euros, les musées coûte entre 4 et 10 leva (soit entre 2 et 5 euros), une boisson alcoolisée dans un bar environ 4 leva (2 euros) et l’entrée des lieux de culte est le plus souvent gratuite (seule exception l’entrée de la synagogue qui coûte 4 levas soit 2 euros).

Lorsque nous étions à Sofia, il faisait extrêmement chaud, nous nous sommes donc naturellement et sans nous poser de questions habillées en jupes, shorts, robes, combis, et on nous a jeté beaucoup de regards consternés dans la rue. En effet, la religion orthodoxe étant très importante dans le pays et recommandant d’avoir le corps couvert, nous avons en quelques sorte offensé les coutumes. En regardant plus les habitants de la ville dans la rue, nous avons en effet remarqué qu’hommes et femmes étaient habillés en pantalon et portaient une veste, malgré les 27°C qui chauffaient les rues.

Lors de la visite des lieux de culte, de quelques religions qu’ils soient, pensez à prendre un foulard ou une veste pour couvrir vos épaules, ceci est demandé, à l’entrée de chacun.

Charvet Eva