Retour sur un film culte : Taxi Driver.

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« You talking’ to me ? » : cette réplique de Robert De Niro a inspiré de nombreux classiques du cinéma tel que la Haine en 1995 avec Vincent Cassel, Retour vers le futur 3 en 1990 ou encore le Roi Lion en 1994. Par une simple phrase, une œuvre peut être inspirante, authentique ou encore culte, ce film est la preuve d’un temps long depuis 1976, date de sortie.

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L’histoire recherchée

       Au premier plan, on se dit que l’histoire autour d’un ancien du Vietnam est vue et revue mais en 1976, traiter la vie d’un homme post-guerre du Vietnam est novateur. On le remarque juste aux dates de sorties de films traitant la guerre du Vietnam ou l’après avec le traumatisme des personnages. On peut citer Apocalypse Now sorti en 1979, Platoon en 1986 ou encore The Big Lebowski en 1998. Dans ce long-métrage de Scorsese, il est question de la solitude d’un homme, ancien marine travaillant de nuit comme chauffeur de taxi à New York. Le personnage de Travis Bickle joué par Robert de Niro connaît régulièrement des insomnies. Durant ses nuits, il voit New-York sous toutes ses formes l’amenant à une descente aux enfers … 

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Analyse et dimension politique

       Tout d’abord, il est important de mentionner la bande-son faisant de ce film un chef-d’œuvre. En effet, la musique a été réalisée par l’extraordinaire Bernard Herrmann, lui qui a écrit pour les films d’Alfred Hitchcock comme Psychose en 1960 ou encore Les Oiseaux en 1963 mais également le classique d’Orson Welles, Citizen Kane en 1941. Il a aussi travaillé avec un réalisateur de la Nouvelle Vague François Truffaut, dans les films Fahrenheit 451 en 1966 et La mariée était en noir en 1967. On peut noter que Taxi Driver est la dernière bande-son de Bernard Herrmann.

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      Ce film met clairement en avant la solitude et la problématique de la communication. Travis est un personnage très intéressant à analyser du fait qu’il est incapable de mentir ; il montre toujours sa vraie personnalité. Un jour il rencontre Betsy, une assistante du sénateur Charles Palantine, Travis l’invite à sortir et l’emmène voir un film pornographique, cela montre qu’il la désire sexuellement. Il est xénophobe envers les Afro-Américains. Scorsese arrive à montrer que Travis ne rentre pas dans la société ; dans le cadre, on le voit hors-champ car la ville est trop grande.

Toutefois, Travis n’est pas un méchant à proprement parler, ce n’est pas un fou, Scorsese laisse une ambiguïté sur son instabilité pour que laisser le spectateur se faire un jugement. Finalement, Travis cherche juste à parler et à fuir ce monde sauf qu’il est enfermé dans son taxi où tous les jours, le monde vient à lui créant un cercle vicieux incontrôlable. Ce phénomène crée chez lui une frustration et une colère qu’il n’arrive pas à partager ; il demande conseils à ses collègues comme à Wizard qui lui conseille de rester dans son taxi et de ne rien dire car « on est de toute façon baisé ».  Il cherche alors à extérioriser ses pulsions et à remettre de l’ordre dans la ville. Il veut dès lors tout détruire même lui, il change donc d’apparence avec une crête iroquoise, lunette de soleil, veste kaki, il change également de nom. Tout cela le rassure, plus rien n’a un impact sur lui, sauf une femme Iris.

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Iris est une prostituée jouée par Jodie Foster qui n’a que 13 ans ; lors de leur première rencontre, elle pense que c’est pour une passe sauf que lui veut juste déjeuner avec et comprendre. Cette femme va le délivrer et il va la délivrer durant la scène finale.

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Réception pour un film défiant les codes

        Réaliser un film sur un personnage post-Vietnam est très novateur pour l’époque ; des scènes de violences peuvent choquer le public. D’ailleurs, nous savons que le personnage de Travis a inspiré John Hinckley Jr qui a tenté d’assassiner Ronald Reagan le 30 mars 1981. Cet homme a également développé une obsession pour l’actrice Jodie Foster. Après cette affaire, Scorsese et De Niro ont été interrogé par le FBI.

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       Malgré tout, ce film dès sa sortie est un succès commercial et salué par la critique ; Palme d’Or au festival de Cannes en 1976, nommé au Oscar pour le meilleur film et le meilleur acteur pour De Niro…En 1994, ce film est sélectionné pour le National Film Registry par le National Film Préservation Board pour la conservation à la Bibliothèque du Congrès aux États-Unis.

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C’est également un succès financier puisque le budget initial est de 1,3 millions de dollars il a rapporté près de 28 262 574 de dollars. C’est un des films les plus rentables.

      Ce film reste et restera un film culte, tout simplement le reflet de la société passé mais également actuel créant son intemporalité.

 

Théo Wyckaert