Le nouveau Lars Von Trier

           Depuis mercredi 17 octobre est sorti dans les salles, The House That Jack Built. Nous connaissons ce réalisateur polémique pour ses films qui parlent des phénomènes sociaux avec une pointe de violence pouvant choquer. La misogynie, le nazisme, la brutalité envers les enfants et le meurtre comme un art sont les thèmes majeurs du film.

Un psychopathe et une voix-off

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          Durant tout le film on suit un homme, Jack, dialoguant avec un autre homme, Verge. Cet homme est Virgile qui aide Jack à aller vers les enfers ; cela nous rappelle Dante et La Divine Comédie.

Le film est divisé en chapitre nommé « Incidents ». Ces chapitres mettent en avant Jack et ses victimes ; chaque chapitre est un crime. On apprend durant ce film à connaître le personnage, sa vision, ses angoisses, ses tocs. L’apprentissage du personnage nous amène à un humour spécial mais aussi à un comique de répétition de par ses tocs.

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L’humour est également présent avec les victimes, elles sont toutes différentes, tantôt agaçante, inutile ou encore peu cultivée. À chaque meurtre, Jack canalise ses tocs mais le problème c’est qu’il en devient accro comme il le raconte à Verge où il schématise sa situation par l’ombre quand nous passons en-dessous d’un lampadaire.

L’art a une place importante

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             Pour lui, chaque crime est un art. Durant le film, l’art a une place importante. Avec les corps, il cherche à faire un projet artistique proche des toiles des plus grand artistes.

Et on peut se demander « qu’est-ce que l’art ? » et « à quoi sert-il ? ». Pour lui, tuer est un art, la machine nazie est source d’inspiration pour lui, comme tuer cinq personnes avec une balle blindée.

On se sent à la fois mal à l’aise mais on rigole également du fait de sa folie.

Le réalisateur arrive à nous mettre face à la question de la morale au cinéma, cela peut nous faire penser aux films de P.P Pasolini, de B. Bertolucci ou encore G. Noé.

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Les films de Lars Von Trier

            Ses derniers films ont fait énormément polémique comme Nymphomaniac sorti en 2013 où nous suivons le parcours sexuel d’une femme Joe jouée par C. Gainsbourg, auto-diagnostiquée comme étant nymphomane. Le Volume II a été interdit aux moins de 18 ans en France.

Le film Antichrist sorti en 2009 avec W. Dafoe et encore C. Gainsbourg a énormément fait polémique. Ainsi en janvier 2017, le film est interdit au moins de 18 ans suite à la demande de l’association Promouvoir au conseil d’État.

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Le film Melancholia sorti en 2011 a fait polémique du fait des propos du réalisateur sur Hitler où une grande ambiguïté a eu lieu : « Je dis que je comprends l’homme. Ce n’est pas vraiment un brave type, mais […] je compatis un peu avec lui ». Il renchérit « Je pense qu’il a fait de mauvaises choses. […] Je ne suis pas pour la Seconde Guerre mondiale, je ne suis pas contre les juifs. Je suis avec les juifs bien sûr, mais pas trop… parce que Israël fait vraiment chier ». Après il s’en excuse « Si j’ai pu blesser quelqu’un par les propos que j’ai tenus ce matin, je tiens sincèrement à m’en excuser. Je ne suis ni antisémite, ni raciste, ni nazi ».

                Lars Von Trier tantôt provocateur tantôt réaliste nous présente une filmographie exceptionnelle. Son style original est dû à son mouvement « Dogme 95 » voulant lutter contre les superproductions anglo-saxonnes avec tous les effets spéciaux et l’homogénéisation du cinéma. Ses films sont dans des prises réelles, directes, avec un style net, vif, cru, réaliste et surtout brutal avec une caméra 35mm où l’improvisation est importante. Ce style nous permet de nous mettre face à la cruauté de la société.

Film danois, français, suédois et allemand de Lars Von Trier. (2h35)

Théo Wyckaert