La place de la religion dans le film d’horreur

Halloween est là et avec, vient l’effrayante période des films d’horreurs. Cet automne sont sortis notamment La Nonne ou encore le film anniversaire Halloween. Alors, comme on imagine bien qu’après avoir été faire la chasse aux bonbons, vous allez en mater un, on vous propose une rubrique sur le cinéma d’horreur et la religion.

Vous l’avez probablement remarqué, dans les films d’horreurs, il est souvent question de religion et de damnation (Conjuring, Annabelle, L’Exorciste, La Nonne). Mais pourquoi ?

Aussi étonnant que cela soit-il, le film d’horreur cherche avant tout à nous faire peur. A grand renfort de screamers (effets de surprise), il essaye de s’attaquer aux craintes des gens ou de la société.

Et justement, la peur la plus répandue touche à la religion : il s’agit de la mort, de l’au-delà et de son questionnement. Que se passe-t-il après la mort ? Y-a-t-il un au-delà ? Un système de paradis et d’enfer ?

Cette incertitude effraie et pose la question de l’existence. Cette peur est particulièrement présente en Occident. (Dans une spiritualité, comme en Orient, où l’on croit à la réincarnation ; la crainte de l’après est moins prenante).

Comme dirait Dante, « tout film d’horreur est politique ».

La plupart des films d’horreurs sont américains. Et, justement, aux Etats-Unis, la religion a une place centrale.

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C’est pour cela que dans ce genre cinématographique est souvent question des grands mythes de la religion chrétienne : démons, esprits, âme, sorcières (on ne vous rappelle pas les actes menés par l’Inquisition) ; mais en particulier du salut de l’âme. On va donc faire appel à des exorcistes (comme dans Annabelle, L’Exorciste, Rosemary’s Baby) pour empêcher le « mal » de voler une « âme pure ».

Les films d’horreur aiment briser les codes, se confronter aux interdits. On n’hésite pas à jouer sur le blasphème : le mal se déguise en Nonne, dans une poupée, dans l’innocence des enfants (comme dans L’Exorciste).

La religion catholique autorise les représentations, elle est source d’images que l’on peut déformer. Dans Annabelle, on s’attaque au prêtre non pas 1 fois mais 2 : devant l’église, et quand le malin prend son corps.

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Le fait de ne pas savoir quelle forme va prendre le mal amène aussi une sorte d’inquiétude qui est relayée notamment par les bruits. On part du quotidien pour le transformer en un univers effrayant.

La place du bruit dans les films d’horreurs est importante : si vous regardez un film d’horreur sans le son ou que vous mettez une autre musique au-dessus, il deviendra moins effrayant.

La peur tient son origine dans l’ambiance se dégageant du film. La lumière et le son sont aussi importants que le scénario en lui-même.

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Avec la musique (stridente, répétitive), les bruits (grincement de porte, bruit de pas, de respirations), le réalisateur crée un univers d’horreur.

Il en va de même pour la construction de l’image : on va jouer avec le hors-champ, la profondeur, le flou, la lumière, les ombres.

La lumière, souvent sombre, permet de jouer avec les ombres. On peut distinguer un corps, le déformer. (Comme dans le film Insidious)

Très souvent dans les films d’horreur, on retrouve le même principe : en tant que spectateur, nous voyons avant le personnage ce qui se passe. Qui ne s’est pas déjà écrié « Retourne-toi ! » ?

La prochaine fois que vous regarderez un film d’horreur, rappelez-vous que tout est mis en place dans les moindres détails pour créer la peur chez le spectateur.

Chloé Devigne