Visiter Auschwitz : rencontre avec l’histoire

Fin octobre, je prends mon courage à deux mains, deux amies avec moi, un billet d’avion direction la Pologne et une chambre dans une auberge de jeunesse : nous partons visiter les camps de concentration d’Auschwitz et de Birkenau situés à l’ouest de Cracovie.

 

L’histoire

Le complexe concentrationnaire d’Auschwitz était le plus grand du troisième Reich, servant à la fois de camp de concentration et d’extermination entre 1940 et 1945. En cinq ans, près d’un million et demi de personnes moururent dans ces camps, 90% des personnes décédées étant juives, victimes de la “solution finale” instaurée par le régime nazi en 1942.

Pourquoi le visiter ?

Lorsque je suis arrivée, c’est la première question que je me suis posée. Pourquoi nous sommes là ? Pourquoi tous les autres sont-ils ici aussi ? N’est-ce pas un peu du voyeurisme, ne devrions-nous pas laisser ce lieu en paix et le réserver aux familles des victimes ?

Cependant au fur et à mesure de la visite, je me suis rendue compte que non. Non, il ne fallait pas ne pas venir. Aller à Auschwitz c’est voir, peut-être trop, voir ce qu’on ne se sentait pas capable de voir, voir ce qu’on se refusait à imaginer. Aller à Auschwitz, c’est se confronter à une histoire qui est la nôtre et celle de tous : celle de l’horreur humaine. C’est se rendre compte de ce qui s’est passé réellement, dans la vraie vie, vécue par de vraies personnes et non par des acteurs d’un film. C’est comprendre aussi à quel point la haine de l’autre peut aller trop loin, et c’est encore plus ne pas comprendre comment il était/est possible de faire endurer pareille souffrance à quelqu’un, surtout quand ce quelqu’un est représenté par plus de deux millions d’êtres humains.

En bref, visiter Auschwitz c’est important. Pour le voir, le dire, le rappeler aux générations suivantes : Auschwitz a existé, il est hors de question qu’il persiste.

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Dans quelle ambiance ?

On peut s’attendre à des larmes, des cris, des sanglots étouffés, moi-même je m’attendais à pleurer, mais la tendance est plutôt au silence. Silence de désolation, de peine, de tristesse, de haine, de colère, un mélange de tout ça sûrement, mais vous n’entendrez rien d’autre que les voix des guides et le bruit de vos pas dans les graviers. Il peut ne pas faire beau, ne pas faire chaud, vous pouvez avoir soif ou envie d’aller aux toilettes, l’heure n’est pas aux complaintes. Ceci rend le lieu encore plus intéressant à visiter car on se rend compte de la prise de conscience des autres en même temps que la nôtre.

Comment le visiter ?

La visite du camp peut se faire avec ou sans guide, mais je pense qu’elle est à favoriser en présence d’un professionnel capable de tout expliquer (c’est ce que nous avons fait). Elle est disponible en plusieurs langues : anglais, français, allemand, espagnol, italien, polonais, russe et hébreu à des horaires différents. La visite des deux camps dure environ 4 heures, coûte 8 euros et est très complète. Le transport de la ville de Cracovie jusqu’au camp se fait en bus, le trajet aller coûte 15 zloty soit environ 3€50. Il y a un bus qui part toutes les heures de la gare centrale de Cracovie. En revanche, au retour, attention, le dernier bus pour la ville part à 18h30.

Eva Charvet