Petit guide pratique de l’opéra

Malgré lui, l’opéra souffre encore et toujours de préjugés. En effet, en dépit des efforts réalisés, par les festivals, spectacles et opéras eux-mêmes, pour démocratiser ce genre musical, beaucoup pensent toujours qu’il n’est réservé qu’à une certaine élite.

 A fortiori, il arrive souvent que l’on pense ne rien connaître de l’opéra ; qu’il est tellement complexe que ce serait peine perdue de s’y intéresser si l’on n’y a pas été initié plus jeune.

 Pourtant, lorsque l’on s’intéresse de plus près au public de cet art, il est clair qu’apprécier et appréhender l’opéra est en réalité à la portée de tous.

Mise au point

L’opéra, le genre musical :

 Avant toute chose, il doit être précisé que l’opéra est une œuvre théâtrale et musicale, mêlant alors chanteurs et orchestre, dans laquelle tout ou la majeure partie des dialogues sont chantés.

La petite histoire de l’opéra :

 Il est d’abord né en Italie aux alentours du 17ème siècle. On estime que le premier opéra à avoir été écrit put être Dafne de Jacopo Peri en 1598.

 Précisément, il s’est développé en France sous l’impulsion du cardinal Mazarin qui fit venir d’Italie une troupe interprétant La Finta Pazza (la folle supposée) pour Louis XIV. En revanche, le premier opéra à avoir vu le jour en France fut Pomone en 1671, par R. Cambert, et livret de P. Perrin.

(Opéra de Lille. Photographie par l’Opéra lui-même.)

L’opéra, l’édifice :

Cela peut paraître élémentaire, mais la France accueille un certain nombre d’opéras : opéras de Limoges, de Nice, de Strasbourg, de Lyon, de Lille… Dont les plus connus sont ceux de Paris : les fameux opéra Garnier et opéra de Bastille.

Les différents types d’opéra majeurs en quelques mots

  • Opéra-ballet : Comme son nom le suggère fortement, c’est un opéra où l’on favorise les danses par rapport aux chants. Il est, de surcroît, souvent basé sur des intrigues relatives aux sentiments amoureux.
  • Le Grand Opéra :

Il se caractérise par une volonté d’utiliser des décors, un orchestre, ou encore des effets de scène, impressionnants, faramineux et surprenants. Il est souvent basé autour d’intrigues relatives à des légendes ou à l’histoire.

  • Opérette :

De petite envergure, il mêle la comédie et le chant, et, très souvent, la danse aussi. Son intrigue comique a souvent une fin heureuse.

  • Opéra-Bouffe :

Son nom tire son origine du théâtre des Bouffes parisiens où Offenbach le développe.

De plus, même si les opéras comiques peuvent tout de même traiter de sujets importants, l’opéra-bouffe, lui, est principalement inscrit dans la bouffonnerie, dans le comique poussé à l’extrême.

Vers une modernisation des techniques de démocratisation de l’opéra

  Depuis une cinquantaine d’années, on assiste à une progression des moyens mis en œuvre pour populariser l’opéra. Pourtant, l’élitisme lui colle tellement à la peau que de banals festivals de démocratisation ou des opéras gratuits ne suffisent pas. Jean-Philippe Thiellay, directeur général adjoint de l’Opéra national de Paris, assure même que : « Si vous n’avez pas la chance de rencontrer quelqu’un qui vous prend par la main, vous n’allez pas à l’opéra ».

  C’est pour cette raison qu’ont émergé récemment des procédés de démocratisation beaucoup plus modernes voire surprenants. Si en 2002 L’opérabus, véritable salle de spectacle ambulante, avait déjà ouvert le bal de l’innovation dans la démocratisation, l’année 2018 s’enracine encore plus fermement dans ce sillon. Ainsi, le fameux opéra Garnier, évoqué plus haut, semble avoir pris les devants de cette modernité en organisant le jeu « Inside Opéra » qui n’est autre qu’un escape game. Ce jeu qui familiarise le public aux partitions, à l’édifice et aux œuvres avec la participation de comédiens et d’un orchestre, est l’exemple parfait de cette démocratisation 2.0 qui surfe sur les tendances actuelles pour faire de l’opéra l’une d’entre elles.

  Enfin cette modernisation transparaît également au travers du glissement de la démocratisation physique vers une démocratisation numérique et technologique. Effectivement, non seulement les technologies sont de plus en plus incorporées au sein de l’opéra et de ses représentations mais aussi et surtout, en France, où en 2017 il avait été estimé qu’un français passait en moyenne 4 heures par jour sur son téléphone et son ordinateur, la technologie est devenue le canal le plus efficace pour atteindre un maximum de personnes, indépendamment de leur classe sociale. Cela, l’Opéra national de Paris l’a bien compris, déjà avec la création de la « 3ème scène » et ses œuvres spécialement conçues pour être diffusées sur internet, mais cette année, l’Opéra va encore plus loin, puisque son directeur général adjoint a annoncé le projet d’une Académie Digitale d’ici fin 2019. Cette académie ayant pour but d’offrir différents cours en ligne pour populariser l’opéra. Au-delà de cela, cette académie a aussi pour rôle d’incarner et de rendre effectif un tournant digital dans la démocratisation de l’opéra, qui en inspirera sûrement plus d’un.

Sandrine Messaoudene