L’importance structurante du sport dans la société

Les pratiques corporelles sont des parties intégrantes de l’Homme depuis l’Antiquité et suivent son évolution à travers l’Histoire. L’aspect important du jeu est qu’il réside comme un besoin anthropologique. Cependant le sport ne se résume pas qu’au jeu mais également au fort pouvoir de contenance des populations de masse. Un nouveau découpage du temps s’effectue avec la société capitaliste : on construit le temps de travail qui rythme la vie quotidienne ainsi que le temps libre. Un nouveau rapport au temps est imposé et ce dernier devient une valeur. La fructification des efforts, l’idée de progrès est également une dérive de ce système dans les pratiques corporelles. En effet, si on connaît le caractère capitaliste qu’il revêt de part son apparition dans les classes sociales élevées, c’est aussi un outil de contrôle de la violence pour les États qui en détiennent le monopole. Chaque sport détient un règlement, des codes, des arbitres qui limitent ainsi la violence. On peut alors dire que ce monopole de la violence est délégué aux fédérations, ligues et comités départementaux qui organisent des rencontres, des combats, des matchs et qui font respecter ces règlements.

Le sport est un spectacle qui doit rester conforme aux règles de la société car on y voit une certaine régulation des pulsions dues à l’interdépendance des hommes. Les catégories sociales les plus représentées sont les classes dominantes. Il est un marqueur de distinction social, là où le polo est un sport qui nécessite un apprentissage très long et technique, il est aussi sur-représenté par ces classes. C’est comme un besoin pour beaucoup, une façon de s’évader et de se changer les idées pour d’autres, il est un élément de plaisir et d’épanouissement. C’est aussi un moyen de se retrouver avec un groupe d’individus dans un cadre totalement coupé de la performance et de plus en plus de marques comprennent cette nouvelle forme de pratique. La construction sociale du sportif se fait autour de ses capacités, de son estime de soi et de ses performances, il régit sa vie autour du sport et construit un environnement propice au développement de sa pratique. L’importance de l’image du sportif est un élément clé dans le renouvellement des pratiques : les grands sportifs sont des idoles pour les plus petits et les plus grands. Ce développement sur un modèle est la base du système car si les jeunes s’intéressent au corps, ils pratiquent parfois en groupe, se rassemblent, consomment, regardent des matchs, communiquent via et grâce au sport.

Les médias participent à ce phénomène en diffusant de plus en plus de pratiques et en démocratisant des sports moins pratiqués. C’est aussi un moyen d’expression pour les femmes qui leur permet d’être beaucoup mieux représentées en donnant véritablement la parole. L’intégration féminine est également meilleure que dans d’autres secteurs d’activités, le sport touche donc l’ensemble de la population et s’impose véritablement comme un fait de société.

Paul Gabaud