Et finalement, personne ne sait : le vaccin du papillomavirus

Si le site internet officiel (1) français de la Vaccination contre le papillomavirus (aussi appelé HPV) nous affirme que “comme tous les vaccins, les vaccins anti-papillomavirus font l’objet d’un suivi régulier par les autorités de santé françaises, européennes et internationales qui ont confirmé la sécurité de ces vaccins”, il fait aujourd’hui encore l’objet de nombreuses controverses.

Mais, pour commencer, que sont les HPV et que font-ils concrètement sur notre corps ?


Nous avons interrogé un médecin lillois, le Dr Xavier Velut :

papillomavirus humain au microscope / Source Wikipedia Commons

–> Qu’est-ce que le papillomavirus ?
« C’est un virus qui, s’il pénètre dans notre corps, peut détruire les cellules des muqueuses génitales, qui vont rapidement se multiplier et qui peuvent se cancériser. »

–> Qui est potentiellement concerné par ce virus ?
« Hommes et femmes sexuellement actifs sont concernés. »

   –> Comment se transmet-il ?
« Il se transmet par voie sexuelle, comme une IST  »

–> Mais le vaccin est-il sûr ? Il n’y a pas de doute ? Qu’est-ce que vous répondez à ceux qui pensent qu’il est davantage dangereux qu’efficace ?
« Les premières études nous ont permis d’affirmer que, malgré les doutes de certains patients ou de certains de mes collègues, les effets indésirables sont très rares et je n’ai moi-même jamais connu de patientes touchées par d’éventuels graves effets secondaires. »


Si, comme moi, vous avez choisi la voie d’un baccalauréat scientifique, vous avez sûrement dû apprendre lors de votre cursus que la vaccination permet de par l’injection d’une infime portion de virus (rendu inoffensif !), de préparer nos anticorps à combattre le corps étranger s’il se présente une nouvelle fois.

Mais dans ce cas, est-ce raisonnable de ne pas se faire vacciner ?

Pour ce qui est du cas du vaccin contre les Papillomavirus, il est intéressant de constater que sur les 10 filles interrogées au hasard dans l’Université Lille 2, cette vaccination ne fait pas l’unanimité. En effet, pour six des jeunes filles, ce vaccin en particulier présente un véritable danger, et elles refusent catégoriquement de se le procurer. Deux autres n’étaient pas réellement informées sur le virus.
Quant à Alice, son médecin lui a conseillé de se faire vacciner, mais sa mère l’en a dissuadée. Il n’y a qu’Océane qui a accepté la vaccination.



Si le Haut Conseil de la Santé Publique (2) recommande la vaccination anti-HPV pour les jeunes filles dès 11 ans, le vaccin aussi appelé Gardasil®️, est accusé d’engendrer de graves effets secondaires dans certains cas.
En 2010, la vie de Marie-Océane Bourguignon bascule après qu’elle se soit fait administrer les deux injections conseillées de Gardasil®️. La jeune fille de 15 ans fut rapidement victime de troubles neurologiques, liés à une attaque du système nerveux central.
Elle doit, aujourd’hui encore et après plusieurs années de combat, faire face « à la fatigue, à des douleurs articulaires, des troubles de la concentration. « 
Marie-Océane Bourguignon a lancé une pétition en 2014, qui compte aujourd’hui plus de 43 500 signatures, dans le but de suspendre la généralisation du vaccin Gardasil®️ (on parle de « moratoire »).
Marqueur de l’état dubitatif de la population face à ce vaccin, la pétition permet également de sensibiliser les jeunes sur les risques de l’injection (3).


L’Organisation Mondiale de la Santé, sur son site web (4), propose quant à elle une vision bien plus rassurante des effets du vaccin polémique :
« 4 ans après le dernier examen de l’innocuité du vaccin anti-HPV, avec plus de 175 millions de doses distribuées dans le monde et un nombre accru de pays proposant le vaccin par le biais de leur programme de vaccination national, le Comité continue d’être rassuré par le profil d’innocuité des produits disponibles […]. Les manifestations indésirables graves rapportées comme des signaux potentiels ont été investiguées plus en détail, y compris le syndrome de Guillain-Barré, les convulsions, les AVC, les thromboembolies veineuses, les réactions anaphylactiques et autres réactions allergiques – dans nombre de cas par une analyse à cycle rapide pratiquée par le VSD aux Etats-Unis. »



Alors, est-il dangereux, est-il nécessaire, est-il réellement efficace ? Ces questions font clivage, dans la sphère privée mais également dans la sphère médicale, les médecins eux-mêmes ne parvenant pas à s’accorder sur l’efficacité ou la dangerosité du traitement.

Clara Bousquet

sources  :

articles

  1. https://papillomavirus.fr/tout-savoir/papillomavirus-interet-vaccination#!
  2. https://www.change.org/p/agnesbuzyn-stop-à-la-généralisation-du-vaccin-gardasil
  3. https://www.hcsp.fr/explore.cgi/avisrapportsdomaine?clefr=302
  4. https://www.who.int/vaccine_safety/committee/topics/hpv/Jun_2013/fr/

images :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c3/Gardasil_vaccine_and_box.jpg https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c4/Papilloma_Virus_%28HPV%29_EM.jpg