Rencontre avec Jeanne Saterno, photographe et céramiste.

C’est dans le Vaucluse, au milieu des chênes et des lavandes, que Jeanne Saterno situe l’origine de sa créativité. Elle revoit une grande table en bois et la lumière de l’après-midi filtrant par la fenêtre. Des ateliers avec sa mère et sa grande sœur, à coup de ciseaux, de colle, d’épices et de paillettes.

Aujourd’hui, la créativité occupe une place nécessaire dans la vie de cette Lyonnaise d’adoption.

“Disons que j’ai toujours besoin d’avoir un projet artistique sur le feu. Je dirais que j’ai pas besoin de créer beaucoup pour me sentir bien dans ma vie, mais j’ai besoin de créer souvent.”

Jeanne Saterno a fait le choix de ne pas se contenter d’une seule pratique artistique. Quand je lui parle de l’injonction à choisir une voie et à s’y tenir, elle répond que pour elle, la seule raison de choisir est la praticité. Effectivement, difficile de cumuler énormément d’activités quand on a peu de place, d’argent ou de temps. Mais pour elle, il est important de s’autoriser à changer d’avis. De tester, de se lasser, de continuer ce qui nous plaît sans pression. En se bridant le moins possible.

“Alors oui, certain·es pensent que ça reflète un aspect inconstant de changer d’avis. Certain·es diront “oui mais du coup tu approfondis pas un truc, tu fais que survoler plusieurs choses et ça reste superficiel” blabla. Mais pas forcément, je pense que faire des choses différentes c’est juste une façon de vivre, et des façons de vivre, y en a plein, en fait. Aucune n’est moins ou plus légitime qu’une autre.”

C’est peut-être cette recherche du lâcher prise qui la pousse à préférer l’argentique au numérique. La photographie digitale avait tendance à la frustrer, et l’argentique lui permet de se détacher du résultat en restant dans l’instant présent. De plus, l’esthétique lui plaît énormément ! 

La céramique l’a également attirée pour la liberté créative que permet cette pratique. Sur son site, elle décrit ses créations comme “biscornues”, et elle affectionne particulièrement les formes surélevées avec trois ou quatre pieds. Elle les orne de motifs plus ou moins géométriques, très aériens et poétiques.

“C’est vraiment avec la céramique que j’ai eu envie de créer des associations de couleurs. Et sinon, les motifs, je sais pas trop. C’est un dérivé des gribouillis que je fais depuis pas mal d’années. Je fais des yeux sur quasi tous mes gribouillis donc j’en mets forcément sur mes céramiques. Des inspirations architecturales aussi, avec des voûtes, des arcs. Je pense que je tire mon inspiration de pas mal d’ornements de tissus, d’architecture, d’art parfois primitif, des symboles (j’adore les symboles, le côté un peu mystique).”

L’architecture est la source d’inspiration qu’elle mentionne le plus, notamment les habitations rondes et irrégulières comme les yourtes et les kerterres. On retrouve d’ailleurs le côté irrégulier de ces constructions dans ses créations. Elle cite aussi, entre autres, le dédale d’escaliers dans Le Roi et l’Oiseau, Le Château ambulant ou le jeu vidéo Gris.

De cette rencontre avec Jeanne Saterno, je retiens surtout que la créativité doit être libre, sereine et joyeuse. Dans un monde où tout doit être productif et efficace, elle rêve de grands espaces, d’un potager et de l’odeur du café.

josephinebs.fr

35mm & numérique • ceramic (@jeanne.saterno) • Photos et vidéos Instagram

Voir ses céramiques en vrai : Happy Sipyphe, Lyon 2.

Valentine Laval

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