Les mines, l’héritage du passé.

« Et j’avais des terrils à défaut de montagnes ». Cette phrase, tirée d’une chanson de Pierre Bachelet intitulé « Les Corons », est le symbole d’une histoire ! D’une région ! D’une industrie autrefois glorieuse mais aujourd’hui en totale reconversion.

L’extraction minière : une histoire ancienne

Les mines de charbon ont toujours existé en France, mais c’est réellement pendant la révolution industrielle, durant la seconde moitié du XIXème siècle, qu’elles prennent une véritable importance. Mais le tournant réel de l’extraction minière en France a lieu durant la période des Trente Glorieuses avec un pic durant les années 1960. Malgré cela, la France ne fût jamais capable d’être auto-suffisante en charbon et elle devait recourir à l’importation de charbon étranger, notamment européen avec le Royaume-Uni ou encore l’Allemagne.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l’essentielle des houillères furent nationalisées, y compris celle du bassin minier du Pas de Calais. De nos jours, plus aucune mine n’est en activité sur le territoire, la dernière ayant fermée ses portes en 2004.

Le bassin minier du nord

Le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais est marqué économiquement, socialement, écologiquement et culturellement par l’exploitation minière jusqu’à la fin du XXème siècle.

Les premiers gisements de houille furent découverts dans le Boulonnais dans les années 1660. Mais c’est en février 1720 que la houille sera découverte dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Tout au long du siècle, des recherches furent menées mais avec l’apparition de la machine à vapeur au XIXème siècle, une véritable avancée technologique eu lieu.

Avec la révolution industrielle des années 1830-1840, les nouvelles entreprises ont besoin de charbon et c’est véritablement à ce moment-là que de nombreuses sociétés minières ont vu le jour, augmentant considérablement l’extraction minière.

Le 10 mars 1906, l’histoire minière connait l’une de ses plus grandes tragédies, celle de Courrière, qui provoquera le décès de 1099 personnes à la suite d’un coup de grisou (nom donné au gaz présent dans les fosses minières). A la suite de cet évènement, de grands mouvements de grèves paralyseront les mines.

L’industrie minière du Nord-Pas-de-Calais ne sera pas épargnée par la Première Guerre mondiale. Dans les années 1920, une reconstruction a eu lieu, mais le krach boursier de 1929 marqua aussi un coup d’arrêt dans l’industrie.

Au lendemain de la libération, les charbonnages de France furent créés et une grande partie des mines se retrouvèrent nationalisées.

Les conditions économiques se dégradant, la récession vit le jour dans les années 1960 et la décision fut prise de fermer progressivement les mines françaises. Dans le but de préserver l’histoire minière de la région, le Centre historique minier de Lewarde ouvre ses portes en 1984.

Le 21 décembre 1990 marque la fin de l’industrie minière dans le Nord-Pas-de-Calais, avec la fermeture de la dernière mine de charbon de la région. Alors que l’histoire régionale des mines disparait petit à petit, en juin 2012, 353 éléments répartis sur 109 sites sont classés au patrimoine mondial de l’Unesco et on y retrouve, entre autres, les différents terrils, symbole de toute une région.

La vie de mineur

Les conditions de travail étaient au début archaïques et dangereuses, il n’y avait aucun masque pour protéger les mineurs, l’éclairage des galeries était à la bougie qui, au moindre coup de grisou, pouvait provoquer une déflagration. Avant la mécanisation de l’industrie minière, des chevaux descendaient dans le fond des mines pour tracter les chariots de charbons. Par la suite, les outils se modernisèrent. Dans un premier temps avec l’apparition de lampe, toujours à bougie, mais protégée par une enveloppe en verre puis l’apparition du casque pour protéger les mineurs. A la fin des années d’extraction minière, des lampes électriques et des masques protégeaient désormais les mineurs.

Mais la vie de mineur ne se cantonne pas uniquement aux conditions de travail, c’est aussi un mode de vie. L’essentiel des mineurs vivaient dans les corons, habitations très caractéristiques de l’industrie minière, que l’on retrouve construites par groupes de dix. Cette habitation est construite toute en longueur avec un jardin dans le fond. Ces corons virent le jour à proximité des mines, entre 1905 et 1914, et certaines cités minières pouvant accueillir plus de 600 logements virent le jour.

De nos jours, que reste-t-il ?

Après la fermeture des mines, le bassin minier connait des crises économiques mais aussi environnementales, sociales et culturelles. Depuis les années 1990, la reconversion du territoire est à l’ordre du jour.

Pour préserver l’histoire, c’est le Centre Historique Minier de Lewarde qui a vu le jour, mais depuis peu c’est un musée qui fait la fierté culturelle de la région avec l’ouverture du Louvre-Lens en septembre 2012. Pour populariser le Louvre-Lens, les autorités locales mettent en place chaque année un marathon au départ de Lille dénommé « La route du Louvre ».

Le bassin minier est aussi en pleine transformation économique car ce territoire d’avenir voit, depuis maintenant quelques années, le développement des entreprises avec la création entre autres de gites touristiques et depuis peu la présence de vignes sur les terrils.

Mais le symbole permettant de faire rayonner le bassin minier à travers la France est son club de football professionnel, le Racing Club de Lens. Il s’agit à l’origine d’un club de commerçants et de petits notables. C’est à la suite de son gain de popularité entre 1907 et 1912 que la Compagnie des mines de Lens se rapproche et devient partenaire. Intimement lié à l’histoire des mines depuis ses débuts, le club relate encore aujourd’hui ces moments historiques. Le nom du stade, Bollaert, est un hommage à l’ancien directeur de la Compagnie des mines de Lens, Félix Bollaert. On retrouve également des hommages aux mineurs au sein du stade, chez les supporters, avec des accessoires comme les lampes de mineurs ou encore les casques.

Industrie appartenant à l’ancien temps les mines ne sont plus d’actualités. Cependant même si leur histoire a failli disparaître, les traces de leur passage existe toujours quant à elle.

Renart Hugo