Un roi déchu doit faire face à l’ignominie vengeresse d’un homme pour sauver son peuple.  Au-delà de son succès fulgurant, le blockbuster Black Panther met en scène la confrontation symbolique de deux légendes, Malcolm X et Martin Luther King. Des années de luttes et de mouvements pour les droits civiques des afro-américains ont été façonnées par ces figures marquantes de l’Histoire. Dans la fiction, T’Challa est à la tête du royaume prospère du Wakanda. Dans la réalité, Martin Luther King est devant 250 000 manifestants lorsqu’il prononce le discours qui le couronnera. Chantre de la non-violence, il rêve d’égalité et de paix.

En 1929, il naît à Atlanta (Géorgie) dans cette Amérique où les lois « Jim Crow », qui existent depuis 1876, ont instauré l’ordre social de la ségrégation raciale. Elles sont l’héritière de plus de 100 ans d’esclavagisme dans les Etats du sud des Etats-Unis. A l’époque, l’esclave noir disparaît pour laisser place une législation validant l’idée d’une suprématie de la race blanche. A 15 ans, Martin Luther King participe à la finale du concours d’éloquence de l’Etat, fustigeant déjà l’indifférence vis-à-vis de la situation des noirs. Le mouvement commence le 5 décembre 1955, jour du procès de la courageuse quadragénaire Rosa Parks. Cette zone est réservée au blanc mais elle refuse de laisser sa place dans un autobus de Montgomery (Alabama). Le militantisme de Martin Luther King débute lorsqu’il a 26 ans, et il prend la tête des nombreux boycotts de bus qui s’organisent et s’amplifient. Première victoire du jeune pasteur le 13 novembre 1956, quand la Cour suprême reconnaît l’inconstitutionnalité de la ségrégation dans les bus. Dans les années qui suivent, l’espoir donne naissance à la lutte pacifique. Quatre hommes noirs prennent place au comptoir « réservé aux blancs » d’un restaurant de Greensboro (Caroline du Nord) pour exprimer leur mécontentement. Ils sont rapidement rejoints et les sit-ins se répandent sur tout le territoire. Le combat se poursuit, Martin Luther King soutient le candidat John Fitzgerald Kennedy pour la présidence. Elu puis assassiné le vendredi 22 novembre 1963 à Dallas (Texas), le président laisse derrière lui le projet d’une loi qui instaurera l’égalité civique des Américains. Son successeur, Lyndon Baines Johnson signera ce qui met fin à la discrimination légale. Le Civil Rights Act est officiellement signé le 3 juillet 1964 mais le combat ne s’arrête pas pour autant. L’année suivante à Selma (Alabama), les électeurs noirs ne parviennent pas à s’inscrire dans les bureaux de vote. Une marche s’organise et les images de sa répression sanglante sur le pont Edmund Pettus provoquent l’émoi d’Américain et du pasteur King. « Le roi s’établit au sommet et nous nous élançons » chante John Legend. Ainsi, il prend les rênes de la marche de Selma. Par la suite le mouvement faiblit mais le King garde sa place.

Le mirage du rêve du pasteur de Montgomery ressurgit en janvier 2009, lors de l’investiture du premier président afro-américain. Huit ans de mandat du président Barak Obama mais les Etats-Unis ne parviennent toujours pas à tourner définitivement la page des tensions raciales. Des afro-américains continuent de mourir sous les balles de policiers blancs. Les affaires s’accumulent et la liste macabre s’allonge. Avec l’élection du célèbre milliardaire Donald Trump, la situation ne s’améliore pas. Le 12 août 2017, à Charlottesville (Virginie) un rassemblement d’extrême droite vire aux affrontements entre suprématistes blancs et contre-manifestants.

Prix Nobel de la paix, militant des droits civiques, symbole de la lutte non-violente. La balle d’un fusille lui fauche la vie le 4 avril 1968 à Memphis alors qu’il avait 39 ans. Martin Luther King a fait un rêve qui cherche encore sa réalisation 50 ans après sa mort.

 

Stiti Mérième

 

Elon Musk est un entrepreneur originaire d’Afrique du Sud vivant aux Etats-Unis, même s’il est naturalisé canadien depuis les années 1980. Son ambition et son esprit de conquête font de lui une personnalité influente dans la Silicon Valley, mais également au sein du monde entrepreneurial.

Depuis les années 2010, il s’est forgé la réputation d’être une tête brulée ambitieuse, étant connu pour être l’un des membres fondateurs de PayPal, mais également de plusieurs entreprises se voulant innovantes.

En Afrique du Sud, ses proches le voient comme un homme ambitieux qui ne se fait pas impressionner par les différents obstacles pouvant se trouver sur son chemin. Il quitte l’Afrique du Sud et part au Canada étudier à l’Université Queen’s en 1998 et par la suite, il rejoindra les Etats-Unis pour étudier à la Wharton School.

Son caractère pour le moins tumultueux lui concède une réputation ternie au travail. Mais ce caractère est aussi fortement présent dans sa vie privée, ce qui provoquera quelques pertes relationnelles au sein de son entourage.

« Je voudrais mourir sur Mars »

Elon Musk est ambitieux : il souhaite quitter la Terre, et pour accomplir son rêve il est prêt à tout. Son plus grand rêve reste de mourir sur Mars, car selon lui l’humanité a les capacités d’y aller.

Son ambition de rejoindre la planète Mars doit cependant se faire par étape. Au début des années 2000, et plus précisément en juin 2002, constatant le manque d’ambition de la NASA, Elon Musk décide de créer une entreprise. C’est une caractéristique de Musk : un rêve = une entreprise.

En créant Space Exploration Technologies (SpaceX), Elon Musk y voit les fondations de son rêve. SpaceX sera, durant ses premières années d’existence, un gouffre financier pour l’homme d’affaire, et plusieurs millions de dollar seront utilisés. Dans son optique de changer le monde, cette nouvelle entreprise a pour objectif de produire des lanceurs spatiaux réutilisables.

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Source : La tribune, Quand le CNES reconnait la réussite de SpaceX, 05/03/2018

C’est en 2012, une décennie après sa création, que l’entreprise prend son véritable essor. Elle ravitaille pour la première fois la station spatiale internationale. En 2017, c’est le véritable test de réutilisation des lanceurs, le premier étage de la fusée lancée en 2016 est réutilisé et c’est une réussite pour l’entreprise. En février 2018, SpaceX fait un coup marketing hors du commun : à bord d’un de ses lanceurs se trouve une voiture, une Tesla (autre entreprise d’Elon Musk). Ce lancement montre non seulement aux observateurs que SpaceX est présent sur le marché des fusées, mais également sa capacité à réussir les défis.

Mais bien qu’il développe fortement son entreprise, son projet de vivre sur Mars n’est pas oublié. En 2011, Elon Musk déclare que d’ici 10 ou 20 ans l’homme aura mis le pied sur Mars. Ses déclarations concernant sa participation personnelle au projet de colonisation de Mars sont nombreuses. Pour l’année 2018, l’objectif fixé est celui de faire atterrir une capsule sur la surface martienne et d’après Musk, à l’horizon 2035, des centaines de voyages s’effectueront. D’après les calculs qu’il effectue avec SpaceX, en 2024 les premiers modules d’habitation pourraient arriver sur Mars, marquant ainsi le début de la colonisation de la planète.

« Un jour la moitié de voitures neuves  produite sera électrique »

Bien qu’il possède une ambition débordante, et contrairement à ce qui est souvent dit, Elon Musk n’est pas le fondateur de l’entreprise Tesla. Mais pour autant, il en est le personnage principal et il y joue un rôle plus qu’important. Il est persuadé que les voitures à moteur électrique peuvent substituer les moteurs thermiques et c’est pour cela qu’en 2004 il entre au capital de l’entreprise Tesla, dont il en est d’ailleurs le dirigeant depuis 2008.

Elon Musk est persuadé qu’un jour la moitié de voitures neuves produite sera électrique, et pour cela il l’a bien compris, il faut proposer de la qualité et une possibilité de choix importante. Tesla, dès le départ, va produire plusieurs types de véhicules, passant du roadster a la berline, et désormais le SUV. Bien que cher dans un premier temps, l’objectif de Tesla à terme est, d’ici quelques années, de proposer des véhicules électriques combinant qualité et technologie, le tout a des tarifs abordables.

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Source : Tesla.com

Pour lutter contre le réchauffement climatique, Musk fait tout pour encourager et développer l’industrie du véhicule électrique. Tout d’abord en offrant aux propriétaires de voitures Tesla la gratuité lorsqu’ils rechargent leurs véhicules dans les « super charger ».

L’entrepreneur aux multiples idées développe depuis peu « Solar City » œuvrant dans le domaine du photovoltaïque pour réduire les coûts de ses clients.

Quel monde pour demain ?

Les idées pour changer et impulser une nouvelle dynamique dans notre monde fourmillent dans l’esprit d’Elon Musk. Hyperloop ou encore The Boring Company sont les nouveaux grands chantiers de l’entrepreneur à l’ambition démesurée.

Réduire le temps de trajet entre les villes pour changer notre façon de nous déplacer. Voilà le nouveau domaine auquel Musk s’attaque, le tout accompagné de 2 entreprises.

La première, « The Boring Company », a pour objectif de réduire le temps de transport dans les embouteillages. Pour cela, l’entreprise est spécialisée dans la construction de tunnels. Les véhicules entreront dans le tunnel et seront placés sur des wagons. Pour commencer, les travaux du premier tunnel relieront l’aéroport international de Los Angeles à la ville voisine de Culver city. Le tout avec un trajet s’effectuant à une vitesse de 200 kilomètres heures.

En créant des tunnels, la circulation sera limitée en agglomération et le trafic plus fluide, mais c’est également pour lutter contre le réchauffement climatique, car lorsque les véhicules sont dans le tunnel,  leurs moteurs ne fonctionnent plus, ce qui réduit les gaz à effet de serre.

La seconde entreprise révolutionnant dans un futur proche les transports est Hyperloop. Le concept est simple, le train est limité en vitesse à cause des rails et câbles électriques. Par conséquent, l’Hyperloop est un tube traversé par une capsule pour relier plusieurs destinations. La vitesse théorique à laquelle les capsules se déplaceraient avoisine les 1 102 km/h. Même si c’est en 2012 que les premières mentions de l’Hyperloop sont connues, son développement s’accélère en 2015. En 2017 et en 2018 des tests sur une piste réduite voient le jour.

Elon Musk compte bel et bien changer le visage du monde en s’attaquant à tous les domaines de notre société. Tous les domaines qui, selon lui, ont un avenir propice aux changements. Pour chaque secteur, une entreprise doit naître et se développer. Un jour, peut-être que tous les rêves d’Elon se réaliseront et la société pourra ainsi dire que, pour son époque, il était juste un visionnaire du début du siècle.

Renart Hugo

 

Le 19 décembre 2016, Donald Trump devenait le 45e président des États-Unis d’Amérique, après une campagne tumultueuse et rythmée par d’innombrables polémiques. Son personnage provocateur n’a pas fait l’unanimité : le candidat républicain représente un espoir pour les uns, un cauchemar pour les autres. Le président au caractère imprévisible a non seulement bouleversé la politique des États-Unis après certaines de ses décisions, mais il a également perturbé l’équilibre international par son culot et son manque de tact. En effet, après seulement un an à la présidence de la première puissance mondiale, Trump a multiplié les désaccords avec d’autres chefs politiques à travers le monde. En négligeant les attentes de ces derniers, Trump a plus ou moins dégradé les relations internationales que ses prédécesseurs ont eu tant de mal à façonner. Quels ont été les différents conflits entre Trump et le monde cette année ?

« I will build the Wall ! »

La « Tortilla Border », frontière séparant les États-Unis du Mexique, est une des plus longues frontières du monde et elle nourrit bien des polémiques depuis l’élection du président américain. Douze millions de mexicains vivent illégalement aux États Unis, ce qui déplait fortement à Mr Trump. En effet, se confrontant à un fort taux de chômage dans leur pays, de nombreux mexicains rêvent de franchir la frontière afin de connaître bonheur et prospérité, en trouvant un travail et de meilleures opportunités dans le pays du célèbre « American dream ».

Donald Trump, se montrant comme un véritable protecteur de sa nation, réduit le Mexique à un pays dangereux, où la criminalité, l’insécurité et les agressions sont omniprésentes. Le pays représente une véritable menace sociale et économique pour le milliardaire, qui affirme que les citoyens américains se voient non seulement voler des emplois par les citoyens du pays voisin, mais ils sont en plus menacés par la violence et l’illégalité mexicaine. Le président américain a donc annoncé l’expulsion massive de clandestins. De plus, Trump ne cesse de montrer son mépris envers le Mexique à travers son outil préféré : Twitter. En effet, le président exprime ses opinions à travers des tweets virulents et n’épargne personne, surtout pas le Mexique.

25 janvier 2017 : Le président Donald Trump signe un décret présidentiel dans le but de construire un mur le long de la frontière séparant les États-Unis du Mexique. Le financement de ce « mur de la honte », surnommé ainsi par les mexicains, doit être remboursé par le chef d’État mexicain lui-même, Enrique Peña Nieto : « Le Mexique paiera d’une façon ou d’une autre », déclara Trump. De plus, le chef d’État américain souhaite renégocier l’Accord de Libre-échange Nord-Américain, en vigueur depuis 1992 : « Nous allons faire un nouvel accord commercial avec le Mexique parce que nous nous faisons tabasser », prolifère-t-il.

Tous ces propos et ces décisions ont bien évidemment choqué le monde entier et ont provoqué une véritable querelle diplomatique entre les deux pays, notamment après le refus du président mexicain de financer le mur. Ce dernier a même décliné une invitation à Washington, voyant les dires et les actes du milliardaire comme une véritable marque d’irrespect et d’humiliation. Une chose est sûre, les relations entre les deux pays sont plus que tendues, après bien des années de stabilité et de rapprochement.

Trump et l’Europe : je t’aime moi non plus :

11 janvier 2017 : à moins d’une semaine de sa prise de fonction à la Maison Blanche, Trump se livre dans deux interviews pour des journaux européens : le Times, quotidien britannique ainsi que le Bild quotidien allemand. Les révélations fusent et surprennent bien des lecteurs lorsqu’ils apprennent les pensées du président américain. En effet, dans ces interviews, Trump critique vivement la politique de la chancelière allemande, Angela Merkel, à l’égard des migrants. Selon lui, l’ouverture des frontières aux réfugiés syriens a joué un rôle dans l’attentat qui s’est produit à Berlin le 19 décembre 2016. Il ne prend même pas la peine de différencier les réfugiés des migrants, qu’il qualifie d’« illégaux ». De plus, il affirme que l’Allemagne a l’ascendant sur l’Europe. Les positions du président américain n’enchantent guère la chancelière, et leurs relations se dégradèrent davantage lorsque Trump refusa de lui serrer la main le 17 mars 2017.

D’autres éléments de l’interview laissent le reste du monde sans voix : Trump se prononce en faveur du Brexit, il envisage même l’éclatement futur de l’Union Européenne et exprime d’une voix assurée que bien d’autres pays devraient et vont le quitter. En effet, le républicain témoigne de son indifférence envers l’UE : « Cela m’est parfaitement égal que les Européens soient unis ou non ». Cette déclaration marque une véritable rupture avec ses prédécesseurs, qui ont toujours soutenu cette Union en faveur de la paix.

Un autre point souligne l’éloignement progressif entre la première puissance mondiale et l’Europe : Trump affirme que les États-Unis assument près de 70% des dépenses militaires de l’OTAN, pendant que les autres pays membres de l’organisation ne respectent pas leurs engagements financiers. Trump trouve cela « injuste » et voit sa confiance envers les pays de l’OTAN décroitre. De plus, le président américain qualifie l’OTAN d’« obsolète » et prononce un discours à tendance isolationniste.

Cependant, en avril 2017, Trump revient sur ses propos : L’OTAN n’a plus rien d’obsolète, et il qualifie l’organisation de « rempart pour la paix internationale ». Le président américain fait ainsi volte-face et change une nouvelle fois d’avis sur cette organisation militaire.

1er Juin 2017 : du côté écologique, nous avons également pu observer de nombreux désaccords entre les États-Unis et l’Europe. En effet, les accords de Paris, visant à limiter l’augmentation de la température terrestre provoquée par l’activité humaine, ont été au centre de nombreux sujets de polémiques lorsque Trump a annoncé la sortie des États-Unis de ces derniers. Cette décision a suscité une consternation mondiale, dû au fait que l’Accord sur le climat était signé par la quasi-totalité des pays du globe. Cette décision est jugée « irresponsable » par la scène internationale, et Emmanuel Macron affirme que Trump a une « responsabilité » quant à la préservation de la planète.

Le président Donald Trump, après avoir été indécis et méprisant à l’égard de l’Europe, semble vouloir renforcer les relations avec le continent. Ce rapport, bien qu’ambigüe, est sujet à bien des réflexions à travers le monde. À tout moment, le milliardaire pourrait changer d’avis et une fois de plus tourner le dos à son plus vieil allié.

« Rocket man » vs « Twitter man » :

Septembre 2017 : La Corée du Nord est à son sixième essai nucléaire et a effectué de nombreux tirs de missiles.

19 septembre 2017 : Donald Trump fait un discours devant l’Assemblée Générale de l’ONU, et menace de « détruire totalement » la dictature communiste si elle ne renonce pas définitivement à ses essais et tirs. Il ne s’arrête pas là, car il qualifie également Kim Jong-un de « Rocket man » ou encore de « fou » en « mission suicide ». Ces propos ont consterné le leader coréen, qui réplique aussitôt à ces insultes : « Je vais assurément et définitivement dompter par le feu ce radiateur américain mentalement déséquilibré », assure-t-il. Ces déclarations marquent le début d’une guerre verbale sans merci entre les deux chefs d’État, connus pour leur impulsivité et leur manque de tact. Les deux têtes d’affiche de la scène internationale ne peuvent se résoudre à laisser leur adversaire gagner et ne comptent pas en rester là. Tout les oppose, mais pas leur caractère abusif et leur envie de contrôle. Tous deux se menacent à travers différents médias, et le président 2.0 a encore une fois décidé de tweeter pour mettre en garde son opposant, oubliant toutes les convenances et optant pour le rapport de force. Pour le leader communiste, les propos de Trump représentent « la plus féroce déclaration de guerre de l’Histoire » et il envisage des « contre-mesures radicales », en réponse aux États-Unis et menace d’un éventuel essai de bombe hydrogène dans le Pacifique « d’une puissance sans précédent ». Trump a, quant à lui, exprimé son accord avec les sanctions adressées aux sociétés qui financent les échanges avec la Corée du Nord : « Les institutions étrangères sont maintenant averties qu’elles doivent choisir entre faire des affaires avec les États-Unis ou avec la Corée du Nord ».

Vont-ils passer d’une bataille incontrôlable où seuls les mots sont utilisés comme armes, à une véritable guerre où tous les coups sont permis, laissant des dégâts catastrophiques ?

Washington, Moscou et Pékin : climat de guerre froide ?

19 décembre 2017 : diffusion du rapport sur la nouvelle stratégie de sécurité nationale de la première puissance mondiale. Selon le président américain, Moscou et Pékin veulent accroitre leurs forces armées et contrôler toutes informations les concernant, afin de réprimer leur population et étendre leur influence. Les deux pays sont qualifiés de « puissances rivales » qui cherchent à « saper la sécurité et la prospérité des États-Unis ». La Chine est accusée de vouloir éclipser les États Unis en Asie. De plus, dans ce rapport, Trump affirme que « le leadership américain est indispensable ». Ces déclarations ont irrité la Russie, qui qualifie ce document d’« impérialiste ». « [Le Kremlin] ne peut accepter que l’on traite le pays comme une menace », exprime Dimitri Peskov, porte-parole du Kremlin. Xi Jinping, l’homme d’État chinois a lui dénoncé la « mentalité de guerre froide » de Donald Trump. Le ministère chinois des Affaires étrangères a appelé à « arrêter de déformer (…) les intérêts stratégiques » de son pays.

Les accusations et propos à l’encontre de Moscou et Pékin montrent un réel contraste avec le comportement récent de Trump, qui visait à instaurer un climat de confiance entre les trois pays. Le président alterne entre cordialité et hostilité, ce qui agace vivement la Chine et la Russie.

Trump et le monde arabe :

30 janvier 2017 : Trump signe un décret interdisant l’accès au territoire américain à huit pays, afin de prévenir les risques d’attentats terroristes. Ces huit pays sont :

– La Libye, le Yémen et la Syrie : les ressortissants de ces pays « à risques », du fait de la présence de différents groupes djihadistes sur leurs sols, ne peuvent disposer d’un visa touristique et ne peuvent s’installer sur le territoire américain.

– L’Iran : ces restrictions s’appliquent de la même façon pour les citoyens iraniens, la seule différence étant que seuls les étudiants du pays peuvent disposer d’un visa, après un examen du demandeur.

– La Somalie : les ressortissants somaliens peuvent demander un visa commercial ou touristique, après un examen et un interrogatoire mais la résidence permanente sur le sol américain leur est interdite.

25 Septembre 2017 : trois pays ont été ajouté à ce décret :

– Le Venezuela : ces restrictions visent plus particulièrement les membres du gouvernement et les personnes proches du pouvoir dans le pays.

– Le Tchad : les ressortissants ne peuvent demander de visa touristique et ont pour interdiction de s’installer sur le sol américain.

– La Corée du Nord : cette restriction est plus symbolique, étant donné que les ressortissants du pays ne peuvent quitter leur pays.

Le Soudan sort de cette liste noire après sa « bonne coopération », selon le président américain.

Cette liste a été vivement dénoncée à travers le monde, et plus particulièrement la liste originale, ne comportant uniquement des pays musulmans. Donald Trump a été accusé de « racisme antimusulmans » après la révélation de son décret et a bouleversé l’équilibre international. L’extension récente de la liste avec l’ajout du Tchad, du Venezuela et de la Corée du Nord a été également très mal perçue. L’ajout de deux pays qui ne sont pas de majorité musulmane permet à Trump de prouver que son décret migratoire ne vise pas particulièrement les pays musulmans. Cette action ne change néanmoins rien à la vision que le monde a à l’égard de cette liste.

6 décembre 2017 : Donald Trump reconnaît Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Cette décision récente a défrayé la chronique et a entrainé le président américain dans bien des complications. Cette déclaration a scandalisé et a été vivement critiquée par le monde oriental et occidental. L’annonce historique du président des États-Unis marque une réelle rupture avec ses prédécesseurs, tous ayant choisis de ne pas prendre de décision aussi radicale à propos de ce sujet si complexe.

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a appelé à une nouvelle intifada pour « contrer la politique sioniste soutenue par les États-Unis », quelques jours après cette annonce fracassante. Le premier ministre israélien a, quant à lui, exprimé sa « reconnaissance historique ».

21 décembre 2017 : à l’Assemblée Générale de l’ONU, 128 voix sur 193 sont en faveur d’une résolution réaffirmant que le statut final de Jérusalem ne peut être définit par Israël et la Palestine uniquement, conformément aux résolutions de l’ONU. Parmi ces 128 pays condamnant la décision de Trump, dix font partis de ceux qui reçoivent le plus d’argent des États-Unis. Ainsi, le président américain ne manque pas de rappeler l’importance de l’aide américaine dans le monde, en laissant entendre qu’il pourrait mettre fin à celle accordée à ceux qui s’opposeraient à sa décision. Ces propos ont provoqué la colère du ministre des affaires étrangères turc qui affirme qu’ «  il est immoral de penser que les votes des États membres sont à vendre. »

Nikki Haley, ambassadrice américaine à l’ONU, met en garde : « Ce vote va modifier la façon dont les américains considèrent l’ONU et la façon dont nous considérons les pays manquant de respect à l’ONU. Ce vote restera dans nos mémoires. »

Autant dire que cette polémique a eu des conséquences sans précédents dans le processus de paix, et provoque une véritable rupture dans le monde diplomatique américain et international sur la question israélo-palestinienne.

Donald Trump, personnage atypique et impulsif, a totalement bouleversé la scène internationale par ses révélations, ses choix et son manque de diplomatie. En un an de mandat, le président a montré ses positions, allant même souvent jusqu’au rapport de force avec les autres chefs d’État internationaux. Véritable ami des réseaux sociaux, le président américain n’a pas hésité à exprimer ses pensées dans des tweets plus provocateurs les uns que les autres. Une chose est sûre, le milliardaire au tempérament ravageur n’a pas laissé le monde international sans égratignures cette année.

Rachati Imane

Le jeudi 14 décembre 2017, la Commission fédérale des Communications (FCC) aux États-Unis a abrogé des dispositions permettant un maintien et un respect total de la neutralité du Net : la circulaire « Restoring Internet Freedom » (rétablissement de la liberté d’internet). Aujourd’hui, internet est un outil indispensable par lequel chaque citoyen du monde peut communiquer, s’informer, se divertir. Mais, et si cet outil était finalement menacé par des mesures gouvernementales ? Qu’est-ce que la neutralité du net ? Quelle stabilité représente ce principe ? Quelles seront les répercussions à l’issu de cette circulaire « made in USA » ?

La neutralité du web : une définition claire

Si aujourd’hui chaque internaute peut regarder une vidéo, s’acheter des chaussures et en même temps dialoguer avec un ami thaïlandais, c’est grâce à ce qu’on appelle la neutralité du net. Il s’agit d’un principe fondamental qui garantit à chaque utilisateur d’internet un accès égalitaire et sans aucune discrimination concernant le contenu du web. Cet accès égalitaire s’effectue quel que soit l’opérateur internet de l’internaute. Les compagnies de télécommunications qui contrôlent les infrastructures d’accès au web n’ont aucun droit d’interférer dans l’utilisation d’internet par les citoyens.

Pourquoi la neutralité du net est essentielle pour la stabilité du web ?

Sans neutralité du web, des opérateurs qui vous garantissent un accès à internet pourraient vous proposer un débit plus ou moins réduit en fonction de la souscription à un abonnement. Un débit plus fluide si l’abonnement est élevé, et à contrario un débit plus limité pour un utilisateur souscrivant à un abonnement moins élevé. De plus, l’opérateur aurait la possibilité de limiter l’accès à certains contenus et applications. Un système de « pack » et de « compléments » seraient alors garants d’un accès plus ou moins limité du web, en fonction de l’abonnement choisi. La fin de la neutralité du web entraînerait ainsi un « internet à la carte », qui divise les internautes en fonction de leur accès aux richesses. Une dérégulation du web qui permettrait aux télécoms d’avoir une mainmise libre et complète sur leurs produits et leurs tarifs. Les opérateurs pourront alors proposer des « fast lanes » (voies rapides), permettant à certains utilisateurs d’avoir un accès plus rapide à internet s’ils payent plus cher.  Cependant, chaque opérateur se doit d’être « transparent » sur la hiérarchie des offres et des clients.

Quelle législation pour la neutralité du web ?

Jusqu’à présent, la neutralité du web restait un principe de « bon sens », non inscrit dans les législations des pays. Mais certains pays, comme la France et les Pays-Bas, ont choisi d’inscrire cette neutralité comme une règle essentielle à l’utilisation du web.

Pourquoi une remise en cause de ce principe aux États-Unis ?

Une remise en cause de la neutralité du web émerge aux États-Unis. L’origine de cette remise en cause se trouve être une division entre les défenseurs des libertés numériques, les entreprises du web de la Silicon Valley telles que Google ou Facebook, face aux géants des télécom comme AT&T et Verizon.

Les entreprises du web soutiennent le maintien de la neutralité du web, permettant l’innovation et une égalité face aux consommateurs. Les défenseurs de la liberté numérique voient en la neutralité du web le porte-flambeau de la liberté d’expression sur internet. L’American Civil Liberties Union (ACLU) voit en cette décision de suppression une menace pour la liberté individuelle ainsi que pour la liberté d’expression.

Les opérateurs des télécoms, quant à eux, voient en la neutralité du web un principe très coûteux représentant une contrainte ralentissant leurs infrastructures.

Aux États-Unis, le marché des télécoms est peu concurrentiel et les offres d’accès à internet sont très coûteuses.

Mais derrière cette démarche de suppression de la neutralité du web, on peut voir avant tout une véritable démarche politique de la part de l’administration Trump. En effet, Ajit Pai, ancien conseiller général chez Verizon (télecom américain), est nommé par Donald Trump en janvier 2017 comme Président du régulateur des télécoms américains. Une amitié basée sur des intérêts semble se dessiner entre la Maison Blanche et les géants des télécoms. Une action qui garantit ainsi un coup de force du libre marché américain, facilitant ainsi l’émergence de conglomérats du web et des télécoms contrôlant internet, outil désormais presque vital pour les populations.

La remise en cause de la neutralité du web aux États-Unis peut avoir des répercussions mondiales, favorisant l’émergence d’une tendance à construire un « internet à deux vitesses », miroir des inégalités socio-économiques déjà présentes dans de nombreux pays. Les répercussions de cette décision majeure sont encore incertaines.

La bataille pour la neutralité du web s’effectue désormais devant le Congrès américain. Cette réforme est jugée « impopulaire » et elle est refusée par plus de 83% d’américains, qui souhaitent ainsi un maintien de la neutralité du web.

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Quand est-il pour l’Union Européenne ?

Pour l’Union Européenne, la fin de la neutralité du web et l’émergence d’un internet à « deux vitesses » est en train de se concrétiser. Le Parlement européen a supprimé les frais d’itinérance pour tous les citoyens européens circulant dans l’Union Européenne. Les frais d’itinérance représentent les surcharges facturées à tout citoyen utilisant son réseau mobile 3G/4G dans un pays européen, autre que celui où il a souscrit son forfait. Ces frais étaient particulièrement élevés. Sous couvert d’une législation permettant l’accès à « un internet ouvert », des « services spéciaux » voient le jour pour les utilisateurs et permettent la création de « voies rapides » permettant un accès à un débit plus rapide pour un groupe plus limité d’utilisateurs. « Internet, infrastructure de la démocratie, risque de devenir un simple objet de consommation » selon Michael Hanfeld, rédacteur du FAZ (Frankfurter Allgemeine Zeitung), journal conservateur allemand.

La neutralité du web semble donc devenir un enjeu primordial, quant à la gestion d’internet et l’égalité d’accès à cet outil. Lorsque l’on regarde le poids du web de nos jours, il est nécessaire de nous interroger sur sa gestion, sa législation et sur la vision qu’a chaque pays quant à son utilisation.

Sarrosquy Aurélien

Pour aller plus loin sur le sujet :

https://www.courrierinternational.com/sujet/neutralite-du-net

https://www.courrierinternational.com/article/union-europeenne-linternet-deux-vitesses-est-en-train-de-se-concretiser

https://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/12/15/ce-n-est-pas-la-fin-du-combat-previennent-les-defenseurs-de-la-neutralite-du-net_5230248_4408996.html?xtmc=neutralite_web&xtcr=1

 

Le 27 novembre 2017, Donald Trump qualifiait de “Pocahontas” la sénatrice Elizabeth Warren, lors d’une cérémonie donnée en l’honneur des “code-talkers” navajos à la Maison Blanche. La maladresse du Président américain, qui a entaché voire éclipsé l’hommage rendu aux codeurs amérindiens de la Seconde Guerre mondiale, a été perçu par beaucoup comme une insulte raciste, à commencer par le Congrès National des Amérindiens (CNAI).

L’allusion à la mythique figure amérindienne qui accueillit les premiers colons en Virginie, aussi douteuse soit-elle, permet néanmoins d’interroger l’image que nous avons des premiers habitants du Nouveau Monde. Cette image est celle qui a été principalement élaborée par les américains eux-mêmes, essentiellement aux XIXème et XXème siècles.

Des artistes ethnographes 

La Conquête de l’Ouest s’achève en 1890, et avec elle disparaît la Frontière (réactivée quelques années plus tard par J.F.K et sa “New Frontier” spatiale). Cependant, il n’est pas nécessaire d’attendre la fin du XIXème siècle pour trouver des représentations des Amérindiens. George Catlin, peintre, écrivain et voyageur américain, est le premier à peindre les Indiens de l’Ouest en 1832. Son témoignage reste précieux en ce qui concerne la vie quotidienne, religieuse et sociale amérindienne. D’autres artistes, tels que Karl Bodmer et Alfred Jacob Miller, entreprennent eux aussi de conserver les mœurs et coutumes des Indiens à coups de pinceau. Ces précieux témoignages ethnographiques ouvrent la voie aux photographes, dont le plus célèbre est sans doute Edward Curtis. Entre 1907 et 1930, Curtis publie The North American Indian, 20 volumes et 20 000 photos qui témoignent de ses voyages, du Canada à Mexico. Ces peintures, ces écrits et ces photos sont d’incroyables témoignages de la vie des natifs de l’Amérique du Nord. Ils capturent la grande diversité des sociétés amérindiennes et en restituent les traits, avec une authenticité parfois teintée de romantisme. Ils cohabitent aussi avec d’autres représentations, moins fiables, mais tout aussi intéressantes.

White Cloud Catlin(White Cloud, G.Catlin, 1844-45)

 

Navajo_medicine_man(Navajo medecine man – Nesjaja Hatali, E.S.Curtis, c.1907)

La représentation théâtrale puis cinématographique

A la fin du XIXème siècle apparaissent les Wild West shows, dont le plus célèbre reste celui de William Cody, dit Buffalo Bill. Après une carrière de chasseur de bisons, qui lui vaut son surnom, Cody se lance dans le spectacle et parcourt, dès 1883, les Etats-Unis puis l’Europe pour présenter sa vision de l’Ouest. Les Indiens y tiennent le rôle de guerriers attaquant les diligences, et ils recréent des batailles historiques perdues. Quand ils rejouent Little Big Horn, la victoire indienne la plus prestigieuse contre l’armée américaine menée par une coalition entre Sioux, Cheyenne et Apahos, c’est pour donner crédit à la conquête des terres indiennes par les Blancs. Il est vrai que les acteurs amérindiens que Cody engagent peuvent être payés et traités comme tous les autres acteurs, ont la possibilité de se déplacer avec leur famille et voient parfois leur cause défendue par les programmes du spectacle. D’un autre côté, leur performance contribue à cristalliser auprès du public l’image du sauvage belliqueux réfractaire à la “civilisation”.

L’invention puis la diffusion du cinéma au tournant du siècle donne lieu à une véritable mythification de l’Ouest américain : le western movie peint une réalité toute relative et pose les bases d’un imaginaire riche et solide de la partie occidentale des Etats-Unis. A cette époque, l’Indien fait figure d’altérité dans un Far West idéalisé. Dès les débuts du cinéma, au moment où Hollywood s’impose comme géant du septième art, certains films prennent comme protagonistes les Amérindiens eux-mêmes. Ils entretiennent des relations pacifiques avec les colons et sont représentés stoïques, calmes et réfléchis, comme dans Grey Cloud’s Devotion ou A Squaw’s Love. Ce premier stéréotype laisse ensuite place à celui du sauvage, brave et redoutable guerrier, condamné à perdre contre le cowboy. Ainsi, la popularité du western comme genre cinématographique participe à la création d’un Indien stéréotypé, jusqu’à en faire un simple sauvage : Flaming Arrows, de D.W.Griffith, en est un bon exemple.

La vision de l’Amérindien aujourd’hui

Ces images, aujourd’hui de plus en plus contestées, trouvent un écho dans les festivals de musique où les coiffes de plumes et les peintures faciales sont particulièrement populaires. Perçues comme des marques racistes et injurieuses à l’encontre des Amérindiens, certains festivals ont décidé depuis quelques années de les interdire, à l’instar du festival Edmonton Folk Music au Canada en 2015. Un autre festival canadien, Osheaga, avait fait de même. Ces décisions font écho au débat qui avait agité les internautes en 2012 et 2014 lorsque des stars, Gwen Stefani et Pharell Williams, avaient aussi portées des coiffes de plumes, dans un clip musical et en couverture de Elle UK. La vague de protestation suscitée les a poussés à présenter leurs excuses, tout en soulevant la question de l’appropriation culturelle. Le 15 juin 2017, après la promotion de culottes navajos par Urban Outfitters et le nombre important de coiffes de plumes au festival Coachella, plusieurs communautés amérindiennes ont demandé à l’ONU de réglementer ce type d’appropriation. Dans une interview donnée au Tall Tree Blog, un des membres du groupe « A Tribe Called Red », groupe de musique électronique amérindien, expliquait : “C’est le renouveau du pan-indianisme. Ça nous dérobe notre nationalité. […] Ces coiffes sont des imitations, ce sont des faux. Elles représentent une vision raciste et très stéréotypée de ce que nous sommes.”

Peut-être le temps où l’on imaginait un Peau-Rouge chevauchant dans une plaine déserte, des plumes dans les cheveux et prêt à faire la guerre, est-il révolu. Cependant, gardons-nous de considérer la question de l’image des Amérindiens comme résolue, surtout lorsque le Président des Etats-Unis confond dessin-animé Disney et réalité.

Besse Antoine

Sources :

  • JACQUIN Philippe et ROYOT Daniel, Go West! Une histoire de l’Ouest américain d’hier à aujourd’hui, Paris : Flammarion, 2004

Pour aller plus loin :

  • Le mythe du bon sauvage : Rousseau, Discours sur l’origine des inégalités parmi les hommes, Diderot, Supplément au voyage de Bougainville, Voltaire, L’Ingénu, Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques.
  • CATLIN George, Illustrations of the manners, customs and conditions of the North American Indians, London : Chatto & Winus, 2014.
  • CATLIN George Life Among the Indians, London : Gall & Inglis, 2014.
  • CURTIS Edward S., The North American Indian.

 

Le 22 Novembre 2017, l’Amérique se souvient. 54 ans, jour pour jour : le 22 novembre 1963, le jeune président démocrate John Fitzgerald Kennedy est assassiné à Dallas, dans de mystérieuses circonstances.

Récemment Donald Trump, 45ème président des Etats-Unis, a affirmé sa volonté de dévoiler des dossiers, jusqu’alors confidentiels, détenus par la CIA. Mais pourquoi l’histoire du 35ème Président des Etats-Unis continue de soulever les passions ?

« Les sept secondes qui ont brisé le dos du siècle américain »

-Don DeLillo, écrivain américain

John Fitzgerald Kennedy était le président de la modernité, de la nouveauté. Une figure qui savait comment être le « Président de tous les américains » en s’adressant aux minorités, à la défense des droits civiques, mais aussi à l’opposition républicaine. JFK, 3 lettres qui marquent leur temps et qui rappellent l’époque d’une Amérique en pleine effervescence, avec une société de consommation qui appréhende les rouages de la médiatisation. L’Amérique de JFK c’est aussi celle qui s’oppose aux « soviets » dans un climat de Guerre Froide.

Kennedy étonne. Il incarne une jeunesse qui atteint la Maison Blanche, l’homme issu d’une grande famille traditionnellement catholique et émigrée d’Irlande. Dans son programme politique et économique, il souhaite la modernité et le progrès. Un programme intitulé « Nouvelle Frontière » pour donner l’image d’une Amérique qui dépasse les frontières de la science, de la technologie avec la course à l’espace, mais aussi des problèmes sociétaux majeurs, typiques des années 60’s, comme la ségrégation et l’égalité entre les hommes et les femmes.

Kennedy c’est aussi l’histoire d’une famille nombreuse, où chacun cherche à atteindre les sommets du pouvoir à sa manière. La famille américaine par excellence, résultat d’une juxtaposition des notions de modernité et de tradition.  La force de la famille Kennedy fût de concilier vie privée et vie publique. Cette famille qui, au-delà du fils prodige, va être victime d’une « malédiction » par des décès continus. Les Kennedy du XXème siècle sont en quelque sorte les Atrides des temps modernes.

La force des Kennedy

A l’ère de la médiatisation, les Kennedy font leur apparition à la télévision. Jackie Kennedy est la première dame qui modernise la Maison Blanche au travers d’une émission de décoration intérieure ; John Fitzgerald est charismatique, il s’adresse directement aux Etats-Unis par le biais de cette nouvelle technologie que les américains vont progressivement faire entrer dans leur foyer.

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Les Kennedy surfent sur le progrès et la modernisation. « L’American Dream » des années 60’s commence à émerger et s’inscrire dans une tradition américaine. C’est dans cette tendance que le mythe Kennedy va prendre ses racines.

La constitution de la notion de mythe est importante autour de JFK. Il est l’exemple du politique que l’on aurait aimé voir réussir par ses idées, ses valeurs et son image. Chaque président américain tente de perpétuer cette notion de mythe. Un mythe qui ne s’éteint pas avec le temps.

« Cinquante ans après, John F. Kennedy reste dans la postérité comme il l’était dans la vie, jeune, courageux et audacieux … Il est toujours dans notre esprit, non pas parce qu’il nous a quitté si tôt, mais parce qu’il incarne le caractère du peuple qu’il a dirigé … Son idéalisme, sobre, sûr de lui, nous rappelle que le pouvoir de changer ce pays nous appartient. »

-Barack Obama, le 20 Novembre 2013.

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La puissance du mythe Kennedy est telle que, même si les circonstances de l’assassinat du 35ème président des Etats-Unis sont dévoilées au grand public, les américains ne cesseront d’alimenter tout le mystère de sa mort, participant ainsi au maintien du mythe Kennedy.

Ce leadership made in JFK est assumé au-delà des Etats-Unis, dans un contexte international particulièrement difficile, avec la victoire des américains durant la Crise des Missiles de Cuba ou encore la mise en place d’une véritable politique d’aide avec Berlin Ouest. Kennedy se place comme un véritable adversaire face à Khrouchtchev dans l’équilibre de la Terreur, alors qu’il est jugé « trop jeune » pour assurer un véritable leadership sur la scène internationale.

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Le mythe de JFK se mondialise, se perpétue par l’appropriation de son histoire, de son univers au cinéma, dans de nombreuses interprétations cinématographiques qui participent au maintien de cette notion de « mythe ».

De l’aéroport JFK à New York City, à l’avenue du Président Kennedy à Paris, « Mr Président » ne cesse d’exister à travers la perpétuation de son histoire. Malgré un long sommeil au « Arlington Cemetery » de Washington D.C, John Fitzgerald Kennedy ne cesse de réveiller le mythe des années 60’s qui, même en 2017, continue de briller dans le monde et dans les esprits.

Sarrosquy Aurélien

« Make America Great Again ». Ce slogan, qui retentit encore dans la tête de nombreux américains, donne à voir la ligne directrice de la politique de Donald Trump dès son arrivée à la Maison Blanche. Après 1 an à la tête des Etats-Unis, quels bilans sur sa politique intérieure et extérieure peut-on dresser ? L’Amérique est-elle réellement de retour ? La question reste floue et le recul est davantage nécessaire pour comprendre et analyser les évolutions sur une plus longue période.

Le bilan politique : vers un Donald « Underwood » ?

Au sein de la Maison Blanche, la première année de Donald Trump a marqué les esprits. Au lendemain d’une victoire écrasante en 2016, on retrouve alors une équipe motivée et réunie autour du nouveau chef de l’Etat, prêt à tenir les promesses et les objectifs de campagne. Cependant un renouvellement arrive très vite, plus vite que ce que les médias américains tel que CNN l’aurait pensé. Tom Price, Stephen Bannon, Anthony Scaramucci, James Comey…. Autant de noms qui tombent sous les balles incarnées par le « You’re fired » de Donald Trump. Son administration qui se disait légendaire et prête à incarner un renouveau, faisant tomber « l’establishment » démocrate des mandats Obama à Washington, s’écroule peu à peu. L’une des causes de désaccord est sans doute la division de plus en plus profonde de son équipe entre un camp, « les New-Yorkais » avec comme chef de file Jared Kushner, mari d’Ivanka Trump, incarnant une Amérique tournée vers le Monde, isolationniste politiquement mais ouverte aux échanges commerciaux et au monde financier de Wall Street et une autre Amérique, celle de « l’Alt-Right » (« la droite alternative »), une Amérique blanche et profondément isolationniste sur tous les points. Cette division ne cesse de s’ancrer dans le paysage politique américain et le Parti Républicain ne semble pas épargné. Donald Trump a alors pour défi de réunir son camp politique s’il souhaite s’assurer une large victoire lors du renouvellement complet de la Chambre des Représentants et du renouvellement d’un tiers du Sénat lors des élections de mi-mandat.

Un bilan économique plutôt positif :

D’un point de vue intérieur, l’économie américaine semble se tenir en bonne santé depuis son élection le 8 novembre 2016. Le nouveau locataire du bureau ovale souhaite privilégier l’économie américaine sur la scène internationale. La croissance est forte en apparence, mais semble incertaine au vu des choix économiques et commerciaux du Président. « Jobs, Jobs, Jobs », l’objectif est clair, Donald Trump souhaite ramener des emplois aux américains. Selon une étude du département du Commerce, la croissance de l’économie américaine semble se tenir à 3% :

 

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Cependant, en prenant compte des dégâts des ouragans Irma et Harvey qui ont frappé de plein fouet le territoire américain, il est impossible actuellement d’estimer l’impact global sur les chiffres du PIB américain.

Mais à Wall Street, l’arrivée de Donald Trump est plutôt positive. Les promesses du candidat républicain en 2016 sur les dérégulations financières et bancaires participent à alimenter un climat positif dans les indices boursiers de la Nasdaq et de l’indice Dow Jones. En effet, la signature de deux décrets exécutifs du Président ont permis de réviser deux sections de la loi Dodd-Frank (loi portant sur la régulation financière), résultat du mandat Obama au lendemain de la crise des subprimes en 2010. L’économie s’analyse sur le long terme et reste l’une des priorités du mandat de Donald Trump.

Et la société américaine ?

Donald Trump subit les critiques de tout genre de la presse américaine et surtout de CNN, rebaptisée « Clinton News Network ». Cet engouement journalistique participe à un phénomène qui ne cesse d’augmenter autour de la « sphère Trump ». En effet, 80% des américains ayant voté pour Trump se sentent entendus par le président et surtout représentés lorsque le Président provoque les médias sur des sujets sensibles tels que Charlottesville et les manifestations d’extrémistes de droite. L’Amérique est divisée entre une certaine partie des minorités, qui voient en Donald Trump « le sauveur » qui va redonner la « grandeur à l’Amérique », et une autre part de la population qui ne digère toujours pas l’arrivée du milliardaire à Washington. « It’s not my president » (« Il n’est pas mon président ») diront-ils 1 an après l’élection. Comment Donald Trump peut-il dépasser l’image d’un Président des « Etats-désunis » ? Telle est la question qui laisse présupposer la réponse dans 4 ans.

Sur la scène internationale

« The mentally deranged dotard » (Donald Trump) VS « Little Rocket Man » (Kim Jong-Un) ; tour de l’Asie, tribune de l’ONU et défilée du 14 juillet à Paris sur invitation d’Emmanuel Macron, le Président Trump ne cesse de surprendre et de s’illustrer par ses manières, son charisme et son style déconvenue. Son bilan reste instable, et le recul est nécessaire pour voir les résultats apparaître. Mais une légère tendance isolationniste s’installe sur la position des Etats-Unis dans le monde. Avec un retrait de plusieurs engagements internationaux tel que l’Accord de Paris, Donald Trump souhaite imposer « l’Amérique d’abord » et la communauté internationale semble contrainte de s’organiser pour désormais avancer sans les Etats-Unis. Le Président tient cependant à maintenir un dialogue avec ses alliés européens, mais aussi avec la Russie sur les sujets sensibles tel que la lutte contre l’Etat Islamique.

Défis, enjeux, problèmes, Donald Trump ne cesse de surprendre à la fois son pays mais aussi le monde. Le milliardaire à la tête de l’Empire Trump, qui tweet plus vite que son ombre, devra faire face à de nouveaux défis à relever. Son mandat et ses répercussions, qu’elles soient positives ou négatives, semblent bien loin d’être prédéterminés. 1 an après son élection, Mr Trump ne compte pas se laisser abattre de 12 mois à la présidence.

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Sarrosquy Aurélien