Économie

L’économie de la connaissance, vers une économie révolutionnaire ?

Le monde, de nos jours, bouge, se transforme. Nos mœurs, au fur et à mesure des années, deviennent autres, notre façon d’appréhender l’économie, la société, la politique, bougent également, s’adaptant aux nouveaux enjeux. S’adaptant de façon à reconsidérer notre rapport aux autres, ainsi que notre rapport à la nature et à notre emprunte sur cette terre.

Nous avons basé nos sociétés modernes sous le joug des énergies fossiles, de la surconsommation ainsi que sous le pillage de toutes les ressources terrestres et aquatiques, basant alors notre géo-économie et nos géopolitiques selon le potentiel énergétique que pouvait nous procurer tel ou tel pays. Les exemples les plus marquants restent encore nos relations complexes avec les pays du Moyen-Orient et également l’enjeu crucial du contrôle de l’Amérique Latine par les Etats-Unis.

Notre façon de vivre est devenue une caricature de nous-même. Oubliant que la terre a bien plus à nous offrir que de vulgaires énergies fossiles. Oubliant que depuis des millénaires, la terre avait son propre écosystème, sa propre énergie, sa propre technologie. Et c’est là que l’économie de la connaissance joue un rôle majeur, un rôle de guide dans cette nouvelle conception. Cette économie, comme vous l’avez compris, s’appuie beaucoup sur la connaissance que nous avons du monde qui nous entoure ainsi que sur les échanges que nous faisons. Une économie qui s’adapte bien sûr dans un système capitaliste, mais qui peut remplacer le modèle néolibéral pour se tourner vers autre chose. Dans un monde emprunt au système capitaliste, il serait donc idéal de changer de vision pour remplacer alors le système d’exploitation des ressources fossiles par un modèle basé sur l’économie de la connaissance. Une économie qui, d’ailleurs, est la plus ancienne que nous avons mais en même temps, celle que nous maîtrisons le moins. Une économie qui, si on y met du nôtre, nous fera mettre économie et écologie sur le même train.

Mais l’économie de la connaissance c’est quoi?

Il faut revenir en 1962 pour trouver un des premiers théoriciens de cette économie. Fritz Machlup dans son livre The production and distribution of knowledge in the United States, pose les premières bases de cette pensée économique. Dans sa thèse de 1977, il montre que 45% des ouvriers Américains ne font comme tache que la manipulation d’informations. Cela représente un basculement extraordinaire au niveau de la pensée économique. On découvre, dans les études de Machlup, que l’industrie de la connaissance représentait 29% du PIB américain en 1958. D’autres économistes se sont donc penchés sur ce courant de pensée, et en 1980 deux économistes, Rubin et Taylor, montrent que la représentation du PIB de cette économie est désormais de 34% en Amérique. Voilà ce qu’il en est de la genèse de « l’économie de la connaissance », cependant cela reste encore très vague et obscur, je vous l’accorde. Je vais donc m’appuyer sur les travaux d’Iriss Aberkane, qui est l’un des meilleurs représentants de cette économie, et qui en plus de ça, pour notre petit ego, est un jeune prodige Français !

Idriss Aberkane nouveau Pape de l’économie de la connaissance.

Pour Idriss Aberkane, l’économie de la connaissance est l’économie basée sur les échanges immatériels. Cette économie est loin d’être nouvelle, c’est même la plus ancienne du monde. Idriss explique cela en disant que le savoir était présent bien avant les échanges matériels. Par exemple, le feu faisait partie de l’économie de la connaissance au même titre que la peinture. Il s’agissait de transaction, de troque de savoir, de connaissance et non d’échange de bien matériel.

Cependant, notre société depuis des siècles, même des millénaires, a oublié petit à petit cette forme d’économie pour la remplacer par une économie plus brute et directe, celle du matériel sans réelle source de connaissance. Une économie régie par le marché, une économie irréelle au pouvoir. Produisant pour produire sans mesurer le champ des possibles ni les limites d’une telle économie. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme », comme disait Rabelais.

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Idriss Aberkane

Points importants:

· Dans l’économie matérielle, quand on partage on divise.

· Dans l’économie de la connaissance, quand on partage on multiplie. Un savoir crée une autre niche de savoir.

Mais quelles opportunités alors?

La chose fantastique avec cette économie est que, comparé aux matières premières (pétrole/ énergies fossiles/ gaz…), la connaissance est infinie (comme la débilité malheureusement). Là où ce raisonnement est révolutionnaire et extrêmement intéressant, c’est lorsqu’on comprend que l’économie des matières premières ne peut donner une croissance infinie, car celle-ci pioche dans les réserves matérielles d’un monde par définition fini. De nombreuses thèses/ recherches montrent que d’ici 2020, la Terre arrivera à un point de non-retour. Nous savons que nous vivons à crédit en utilisant plus de 1.8 fois les capacités de notre planète. Donc là est tout l’enjeu de l’économie de la connaissance, qui elle, connaît une croissance infinie. En plus de ce point, l’économie de la connaissance réconcilie croissance et environnement là où nous pensions que l’une était forcément l’ennemie de l’autre.

Comment la mettre en place?

Premier point, cette économie est une économie de flux et non de stock. Elle est basée sur les échanges de connaissances et donc il faut faire en sorte que la connaissance circule mieux et plus rapidement. Il ne s’agit pas de produire plus de connaissances mais juste de mieux la faire circuler.

Il faut savoir que la connaissance double tous les 7 ans, c’est à dire que tous les 7 ans + 1 jour, nous créons plus de savoir que toute notre histoire (attention il s’agit sur ce point de quantité et non de qualité du savoir). Donc le premier enjeu est de faire circuler la connaissance plus vite que sa production.

Il faut, pour cela, laisser libre cours aux élèves pour qu’ils inventent (cela engendre alors une mutation de la société elle-même en revoyant le système éducatif pour qu’il incite plus à la création, à l’esprit critique de l’enfant et non au consensus).

Et donc, cela incite à ne plus sacraliser certaines connaissances, notamment celles liées de près ou de loin aux maux de notre société.

Oui mais ce n’est pas un peu utopiste tout ça mon cher ami?

Alors oui, je vous vois venir vous « les gens de bonne conscience » comme dirait l’Abbé Pierre. Idriss a une formule magnifique pour y répondre, je vous la partage donc volontiers :

« Une révolution passe par trois étapes, la première étape est que cela est forcément fou, la deuxième que cela est dangereux et la troisième que cela est évident. »

L’économie de la connaissance est déjà bien présente dans notre monde, et elle se porte même très bien. Elle va de pair avec le biomimétisme, qui est l’art de considérer la nature comme une source de connaissance et non une source de matières premières. Imaginez-vous dans une bibliothèque géante, la première chose à laquelle vous pensez est de lire ces livres et non de les brûler n’est-ce pas ?

De plus, pour les plus sceptiques, Airbus, Apple et le reste de la Silicon Valley font partis de cette économie de la connaissance (alors oui par contre il y a plein d’autres débats sur le mode de fonctionnement de ces géants, on est d’accord, mais sur le principe c’est de l’économie de la connaissance qui tend à se baser sur le biomimétisme). Pour rappel, la Californie en 2016 a revendiqué la place de 6ème puissance mondiale à la place de la France avec un PIB de 2.460 milliards de dollars contre 2.420 milliards de dollars pour la France.

De même, la Corée du Sud, qui a le premier ministère dédié à l’économie de la connaissance, recycle les mégots de cigarette pour en faire des processeurs, des batteries ultras performantes. Alliant ainsi biomimétisme, économie de la connaissance et Blue économie.

La Blue économie est le dernier maillon de la chaine. C’est un modèle économique conçu par l’entrepreneur belge Gunter Pauli, qui exprime sa vision dans son livre intitulé The Blue economy. Modèle qui se suffit aux besoins de base en valorisant les ressources présentes localement et reprenant les principes d’une économie circulaire. L’économie circulaire s’inscrit dans le cadre du développement durable reprenant l’économie verte et durable. En bref, Gunter Pauli considère les déchets comme dotés de valeur.

Pour finir :

Le premier ennemi de cette théorie, c’est nous-même. Nous avons peur de l’utopie, peur des révolutions, peur des échecs.

Il nous faut directement de la rentabilité, des réussites, de l’argent bien au-delà de la connaissance et de toute chose. L’ostentation comme seul mot pour combler nos maux de société.

Nous voulons paraître le plus cool possible et nous nous foutons éperdument de tout pour y arriver. La Silicon Valley a énormément de défauts, mais il faut lui reconnaître ce pouvoir incommensurable qu’elle possède, celui de transcender les barrières de l’argent pour y imposer la connaissance. Pour changer notre monde, nous devons changer nous-même. Pour changer nous-même, il faut changer la société. Et pour changer la société, il faut changer les mœurs.

L’utopie, jadis mère de tous nos chagrins, se retrouvera être chemin de nos festins.

Pour approfondir : https://youtu.be/opNaKaCTHFo / https://youtu.be/DEbZyIMeBxA

Idriss Aberkane : « Libérez votre cerveau ! Traité de neurosagesse pour changer l’école et la société »

 

Teychon Baptiste

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