Retour sur l’édition 2018 du Salon du Cheval de Paris

L’un des événements équestres les plus attendus de l’année 2018 vient de s’achever : le Salon du Cheval de Paris a fermé ses portes dimanche soir après neuf jours d’animation, de spectacle, de rencontres mais surtout de sport. Que l’on soit amateur, passionné, professionnel ou bien simplement à la recherche d’une activité en famille, tout le monde a pu trouver son bonheur lors de cette fête de l’équitation. Retour sur l’édition 2018.

Le sport aux honneurs

Longines Masters 2018 : l’histoire s’écrit

Le haut niveau s’était donné rendez-vous du 29 novembre au 2 décembre, avec les incontournables Longines Masters. Cette nouvelle édition du Longines Grand Slam Indoor débutait ainsi à Paris, et continuera à Hong Kong en février prochain, avant de s’achever à New York en avril. Ce Grand Chelem c’est : 300 000 € de dotation à chaque Grand Prix, 100 000 € pour le Speed Challenge, un bonus de 1 000 000 € pour trois victoires successives dans les Grands Prix d’une saison à une autre : le Grand Slam, un bonus de 2 250 000 € pour une triple victoire dans les trois Grands Prix de la même saison, et une dotation globale de 4 500 000 €.

La France a brillé lors de la première épreuve phare du week-end, le Speed Challenge, puisque les tricolores s’emparaient des trois premières places. C’est sans surprise que le champion olympique par équipe Kévin STAUT remportait l’épreuve avec Ayade de Septon*HDC, connu pour être l’un des cavaliers les plus rapides au monde. Derrière lui se trouvait Julien EPAILLARD associé Safari d’Auge, puis Simon DELESTRE et Chadino. Atypique pour les experts du sport, cette épreuve de vitesse n’est en effet pas comme les autres : alors que normalement le silence le plus total règne lorsqu’un couple est en piste, le public a au contraire l’occasion de se déchaîner et d’encourager à pleins poumons ses favoris, ce qui souligne la singularité de cette compétition.

L’Europe était de nouveau aux honneurs samedi soir avec la Riders Masters Cup, compétition opposant l’équipe des États-Unis à l’Europe. Du côté européen, le chef d’équipe Philippe GUERDAT avait fait le choix d’aligner que des hommes : Eduardo ALVAREZ AZNAR (ESP), Harry CHARLES (GB), Daniel DEUSSER (ALL), Edward LEVY (FRA) et Maikel VAN DER VLEUTEN (HOL). Robert RIDLAND, menant les États-Unis, avait lui composé une équipe mixte: Taylor ALEXANDER, Laura KRAUT, Lucas PORTER, Jessica SPRINGSTEEN et Mclain WARD. Moins expérimentés, avec notamment deux cavaliers courant peu en 5*, les États-Unis ont cédé la victoire à l’Europe après deux manches et des duels palpitants.

L’épreuve la plus attendue était cependant le Grand Prix Longines du dimanche après-midi. Sur un tracé à 1.60m dessiné par le renommé chef de piste Frank ROTHENBERGER, quarante-deux couples se sont affrontés pour inscrire leurs noms dans l’histoire des Longines Masters. Le parcours délicat n’aura laissé de repos à personne, avec notamment un double de palanques très fautif et tombant à de nombreuses reprises. Au final, sept couples réalisaient le parcours parfait en première manche, leur permettant de se qualifier pour le barrage, dont deux tricolores. Si l’américaine et championne du monde en titre Laura KRAUT ne faisait tomber aucune barre lors du tour initial, elle se voyait écoper d’un point de temps dépassé avec Confu.

Au final, il aura fallu attendre les trois derniers duos pour que le podium ne soit fixé et que les sans-fautes n’arrivent. En effet, pas un parcours sans pénalité n’a été réalisé avant que l’irlandais Denis LYNCH n’entre en piste avec sa nouvelle monture, The Sinner. Assurant le sans-faute, la paire a joué la sécurité et a terminé à la troisième place. Edwina TOPS-ALEXANDER et California s’élançaient ensuite, et marquaient le tempo avec un parcours au score vierge, plus rapide. Derniers à s’élancer, Alberto ZORZI et Contango n’ont pas fait preuve de galanterie envers l’amazone australienne et auront tout tenté pour la détrôner échouant cependant à trente-six centièmes près, et devant se contenter de la deuxième place. Pour la première fois de l’Histoire des Longines Masters de Paris, un couple non-européen s’est emparé de la victoire dans le Grand Prix, et Edwina TOPS-ALEXANDER est devenue la deuxième femme à remporter l’épreuve, sept ans après Pénélope LEPREVOST en 2011.

Les couples ont pu livrer leur ressenti lors de la conférence de presse suivant l’épreuve :

Edwina TOPS-ALEXANDER : « Je dois admettre que j’étais très contente de voir Alberto derrière moi, mais je pensais vraiment qu’il allait me battre parce qu’il est très rapide. C’est un cavalier qui va très vite et j’aurais aussi été très heureuse d’être deuxième derrière lui, l’un ou l’autre aurait été une bonne chose parce que nous sommes une équipe.

Le premier jour, California a bien sauté mais elle était assez agressive et normalement je ne lui aurais pas fait prendre part au barrage, mais nous y avons fait un tour de travail pour la préparer pour le Grand Prix de dimanche. J’étais très confiante pour le Grand Prix. Il était assez difficile et je pense que Frank ROTHENBERGER, le chef de piste, a fait un travail superbe avec seulement sept parcours sans-fautes : avec les meilleurs cavaliers du monde, il faut faire quelque chose de compliqué et c’est ce qu’il a fait. Je pense que si nous avions été plus nombreux au barrage, j’aurais certainement dû aller plus vite. »

Alberto ZORZI : « Pour être honnête, j’ai fait de mon mieux et je n’étais pas loin. Je suis très content pour les Ecuries Tops, c’était un jour incroyable, je suis vraiment très satisfait. Les Longines Masters sont un concours formidable, le concours est incroyable et c’est fantastique de pouvoir monter sur cette piste. »

Denis LYNCH : « Ce n’était pas tactique, j’ai déjà essayé d’aller vite par le passé et il a dérobé, c’est pour ça que mon cheval s’appelle The Sinner : il peut être un peu joueur des fois mais il s’améliore. Je n’avais pas d’autre option que de faire le tour. Je suis très content de mon résultat, je n’allais jamais gagner mais je suis très satisfait du cheval et de son progrès. J’aurais pu battre Edwina seulement si elle avait fait tomber une barre. Je suis venu ici à Paris avec de l’ambition et mon cheval est encore vert et jeune, donc finir dans le top trois, j’en suis très heureux. »

Coupe du Monde de Voltige : la Suisse règne en maître

Dans cette discipline alliant gymnastique et équitation, la Suisse s’est imposée sans laisser de chance à ses adversaires. Chez les femmes en individuel, Nadja BUTTIKER associée à Arcadi van de Kapel et ayant pour longeuse Monika WINKLER-BISCHOFBERGER, a remporté l’épreuve. Trio presque identique pour l’épreuve des hommes, puisque seul le voltigeur change : Lukas HEPPLER s’empare lui de la victoire. Enfin, dans le pas de deux, Zoe MARUCCIO et Syra SCHMID sur Don Dorador et accompagnés de Mickael HEUER l’emportent.

Les poneys font leur show

Pendant que les plus grands s’affrontaient aux Longines Masters, les cavaliers âgés de douze à seize ans côtoyaient le haut niveau des poneys avec la Super As Elite. Ilona MEZZADRI, membre de l’équipe de France poney, s’est imposée avec brio ce week-end. Elle remportait en effet la vitesse du samedi avec Callas Rezidal Z, seul couple à réaliser un sans-faute, malgré un temps qui n’était pas le plus rapide. Ont suivi derrière Raphaël SALES et Acrobatte des Islots, puis Clara KAUFFMANN pour clôturer le podium. Le dimanche, Ilona réitérait sa belle performance en s’imposant dans le Grand Prix Excellence avec sa monture en réalisant de nouveau le seul sans-faute de l’épreuve, mais s’offrait également le luxe de prendre la deuxième place avec son deuxième poney, Ken van Orchid, dominant le parcours à 1.30 m. Sur la troisième marche du podium se trouvent Lou MORALI et Ah de Prere.

Un salon plein d’activités

Les Trophées de l’innovation

Dans l’espace innovations, douze innovations ont été sélectionnées pour participer à cette récompense : les visiteurs ont ainsi pu découvrir de nouveaux produits et services proposés par des entreprises françaises. Deux prix ont ainsi été décernés : le Prix du Jury professionnel est revenu à Pixem, le robot cameraman de Move’N See, qui permet de filmer sans assistance ; et le Prix du Public à la selle en liège OAK de GT Concept, dont le liège remplace le cuir.

La Nuit du Cheval : la magie équestre

Avec sport et spectacle, la Nuit du Cheval associe les deux en une seule et unique représentation. Côté spectacle, l’artiste équestre Pierre FLEURY a rencontré le groupe Light Balance, alliance de technologie et de danse. Au niveau du sport, le très attendu Devoucoux Derby Cross Indoor a permis aux cavaliers de complet, habituellement de repos en cette période hivernale, d’enchaîner des obstacles naturels en intérieur. Le britannique Alexander BRAGG s’est imposé avec Alcatraz, suivi de Karim LAGHOUAG et Punch de l’Esques et enfin Maxime LIVIO et Boleybawn Prince.

La découverte des sports équestres

Outre les traditionnelles disciplines de l’équitation, les visiteurs ont également pu découvrir le Western dans toutes ses facettes : showmanship, horsemanship, western pleasure, trail, trail in hand, ranch rider, barrel racing, halter… Tout était présent pour partir s’envoler dans l’Ouest américain ! Le Salon a également accueilli le premier Championnat de France de tir à l’arc à cheval indoor, discipline reconnue par la fédération. Évidemment, de nombreux baptêmes poneys et autres activités étaient présents pour initier les plus jeunes à l’équitation, afin d’en faire peut-être, les futurs champions de demain.

Marie-Juliette Michel