Beyrouth, la ville qui ne meurt jamais

Atterrissage à l’aéroport international de Beyrouth. Mieux connu sous le nom d’aéroport Rafic Hariri, comme pour nous immerger d’emblée dans la vie politique libanaise ! Entre parfums orientaux et saveurs du Levant, bienvenue au pays des Cèdres.

Mariage harmonieux du neuf et de l’ancien : c’est la sensation ressentie lorsqu’on déambule dans les rues de Beyrouth ! Les grandes chaînes globalisées cohabitent avec les petits marchés locaux ; les touristes avec les autochtones ; les hôtels flambant neufs avec les maisons traditionnelles…


Un mélange entre tradition et modernité

Le quartier Al Hamra est particulièrement représentatif de cet aspect de la ville. Tant centre d’affaires que quartier touristique, Al Hamra n’en oublie pas pour autant sa dimension populaire et se construit ainsi une identité unique.

Entre bouquins, alimentation et vaisselle, les marchés sont nombreux, les marchands joviaux et l’atmosphère décontractée. En plein mois d’cctobre, un soleil luisant illumine les rues et l’ambiance festive est omniprésente à travers bon nombre de décorations volées à l’Occident. Les Beyrouthins semblent, en effet, ne pas avoir oublié la fête d’Halloween !  

La balade continue au rythme de mélodieuses discussions en arabe, anglais, français… Si la langue principale du pays est l’arabe, Beyrouth reste une ville polyglotte ! Le point de chute est le fameux Raouché. Impossible de visiter Beyrouth sans y faire une halte ! Situé le long de la corniche, le Raouché est composé de deux majestueux îlots de calcaire abritant la célèbre grotte aux pigeons. Pour l’observer de plus près, il est possible de prendre le large dans un « private boat »… Un véritable commerce s’est instauré, attirant de nombreux touristes.


Raouché, Beyrouth  

Une dimension culturelle alimentée par les séquelles de la guerre

La rue Damas est un symbole des pathologies mémorielles libanaises. Outre son nom évoquant la capitale syrienne, aujourd’hui ravagée, cette rue de Beyrouth a elle aussi été un théâtre de la guerre civile. Elle représentait alors, une ligne de séparation des deux groupes antagonistes et a subi de nombreux dommages.

On y trouve d’ailleurs le musée National de Beyrouth. Fermé durant la guerre civile libanaise (1975-1990), il répond parfaitement à son objectif initial : montrer au monde entier le patrimoine libanais. Ainsi, il renoue avec un passé marqué par de nombreuses civilisations : phénicienne, égyptienne et expose des trouvailles en provenance de tout le pays.  

Autre rendez-vous incontournable de l’association entre guerre et culture à l’intersection de la rue Indépendance et de la rue Damas : la Maison Jaune. Construite en 1924 par l’architecte Youssef Aftimos, ce bâtiment couleur ambre est, pendant la guerre civile libanaise, un endroit stratégique pour les tireurs qui s’y réfugiaient. Les traces de balles sur la façade constituent un témoignage unique du conflit. Au lendemain de ce dernier, les séquelles sont trop importantes et risquent d’endommager le bâtiment. Face à cette menace grandissante, la municipalité de Beyrouth opte pour la rénovation et le musée « Beit Beirut » y voit le jour.

Maison jaune

Beyrouth : un territoire emblématique du couple histoire / religion

Vestige symbole du mandat français, la place de l’Etoile, au centre-ville de Beyrouth naît dans les années 1920. Son objectif est, dès lors, la modernisation de la capitale libanaise. Une atmosphère apaisante y règne. Composée de cinq branches, la place de l’Etoile est dominée en son centre par la majestueuse tour de l’horloge, don de la famille Abed à la ville de Beyrouth, après avoir fait fortune au Mexique. S’y trouve également le Parlement libanais dont l’architecture, comme celle de la tour de l’Horloge, a été pensée par l’architecte libano-arménien Mardiros Altounian.


Horloge Tower, place de l’Etoile, Beyrouth

Autre monument conditionnant la sérénité de la place : la cathédrale Saint Georges des Orthodoxes. Calme et reposant, cet édifice symbolise la deuxième plus grande communauté chrétienne du Liban après les Maronites. Plus encore, la proximité de la cathédrale avec sa voisine la mosquée Mohammad Al-Amine nourrit les sentiments de légèreté et de paix éprouvés sur la place de l’Etoile. Se côtoient un édifice historique de la chrétienté et une splendeur de l’art islamique.


Les voisines : la Cathédrale Saint Georges des orthodoxes et la mosquée Mohammad Al-Amine

Composée de cinq dômes azurs et de quatre minarets, la mosquée se situe entre la place de l’Etoile et la place des Martyrs. Elle est construite de pierres ocres qui, illuminées par le soleil, la vêtissent d’une couverture d’or ! A l’intérieur, les salles de prières sont colorées et élégamment décorées. Calme, douceur et quiétude sont au rendez-vous.


Impossible de quitter la mosquée sans passer par la place des Martyrs. Initialement, la place doit son nom au souvenir des libanais défenseurs du nationalisme arabe pendus par les Ottomans en 1916.  L’immense statue de bronze dominant la place représente cet évènement. Ici aussi, la guerre civile laisse son empreinte à travers les traces de balles et le bras cassé d’un des personnages. La place des Martyrs apparaît donc comme un témoignage de passés multiples.


Statue de bronze, Place des Martyrs

Eveiller vos papilles à Beyrouth

Un passage à Beyrouth ne peut être totalement réussi sans avoir goûter les mets libanais. Entre décorations orientales, musiques libanaises et chichas, les restaurants traditionnels se font nombreux dans la capitale !  

Le restaurant « Dardachat cafe », rue Khaled Ben Walid, propose un houmous (purée de pois chiches) d’exception accompagné d’une huile d’olive exquise. La terrasse, joliment fleurie et équipée de confortables fauteuils colorés, offre une jolie vue sur la corniche !  Autre adresse : 1144 Marfaa, Uruguay Street. En plus de faire de la cuisine traditionnelle, le restaurant « Kahwet Azmi » accueille plusieurs soirs de la semaine chanteurs et danseurs libanais pour une ambiance festive ! Entre danses, chants et rires : une rencontre incontournable de la jeunesse libanaise.


Anaïs Chetara