Les Évadés : un film retraçant la dureté du milieu carcéral

Les Évadés est un film américain de genre dramatique réalisé par Frank Darabont et sorti en 1994, avec comme acteurs principaux, Tim Robbins et Morgan Freeman. Ce film est inspiré du roman court « Rita Hayworth et la Rédemption de Shawshank » de Stephen King, et conte l’histoire de « Andy Dufresne » incarné par Tim Robbins, un homme injustement condamné pour les meurtres de sa femme et de son amant et qui va passer près de vingt ans au pénitencier de Shawshank, endurant diverses épreuves mais se liant d’amitié avec « Red » incarné par Morgan Freeman, un autre détenu.

Ce film totalise 9 nominations aux Oscars notamment celui de « meilleur film, meilleur acteur, meilleur scénario adapté, meilleure photographie, meilleur son, meilleur montage, meilleur musique » mais malheureusement n’en remporte aucun.

Le film a été un échec commercial lors de sa sortie au cinéma, mais a depuis acquis le statut de film culte, figurant notamment dans la liste des 100 meilleurs films de l’American Film Institute, ainsi qu’à la première place du classement des meilleurs films de l’Internet Movie Database. En 2015, le film est sélectionné par le National Film Preservation Board pour conservation à la bibliothèque de congrès aux Etats-Unis, comme étant « culturellement, historiquement, ou esthétiquement important »

Le film « Les Évadés » est chargé en émotions en tout genre, de la joie à la tristesse, de la haine à l’amour… Il se place sans doute dans la courte liste des grands classiques intemporels. Il raconte l’histoire de deux prisonniers, à priori fort différents, condamnés à perpétuité dans la prison de Shawshank. Cette forteresse terrible est considérée comme une des plus dures prisons des Etats-Unis et le climat de terreur que font régner le directeur et les gardiens n’est pas pour arranger les choses. C’est dans cette ambiance particulièrement sombre et désespérée que les relations entre les deux hommes vont changer pour se transformer en une indestructible amitié. Le réalisme est total, immersif, l’on s’identifie immédiatement aux personnages principaux et l’on s’attache à eux. Le film représente à la perfection la dureté et la cruauté du milieu carcéral ce qui fait froid dans le dos en tant que spectateur. Ce qui est intéressant dans ce film, c’est que c’est un récit d’une grande intelligence captivant du début à la fin, avec des personnages remarquablement développés jusqu’au second rôle et il nous montre aussi à quel point la réinsertion sociale, après avoir purgé sa peine, est compliquée ; certain détenu tel que « Brooks Hatlen », incarné par James Whitmore, se suicide car, après avoir passé tellement de temps en prison, il ne retrouve plus de sens à leur vie et est institutionnalisé. A noter que pour s’imprégner de son rôle, Tim Robbins a passé quelques temps en prison et cite « Ce qui m’a le plus aidé dans ma préparation, c’est de parler avec les prisonniers. Ils ont dans les yeux un désespoir absolu, une tragédie indescriptible. Ce sont des regards que je n’oublierai pas. » Le réalisateur Frank Darabont a donc selon moi réussi à retranscrire merveilleusement le roman de Stephen King et a su nous plonger dans l’univers rude qu’est le milieu carcéral. Les émotions qui nous traversent pendant tout le film sont exceptionnelles, les deux acteurs incarnent leurs rôles avec un talent et un charisme exceptionnels. Malgré son flop à sa sortie aux Etats-Unis, ce chef-d’œuvre a su s’imposer dans le milieu du cinéma et devenir un classique.

ATTENTION SPOIL :

Le film nous plonge dans une ambiance incroyable, on suit l’évolution du temps qui passe jusqu’au changement de l’affiche qui masque le tunnel que creuse Andy. En parlant de ce tunnel, la chute nous laisse sans voix ; durant tout le film, nous sommes dans l’incompréhension, à nous demander ce que fabrique Andy. Quelques scènes sont inoubliables et le final sur cette plage mexicaine est d’une puissance émotionnelle exceptionnelle.

Chaïn Fetnaci