Un an dans l’Amérique de Donald Trump: défis, enjeux… Quels bilans ?

« Make America Great Again ». Ce slogan, qui retentit encore dans la tête de nombreux américains, donne à voir la ligne directrice de la politique de Donald Trump dès son arrivée à la Maison Blanche. Après 1 an à la tête des Etats-Unis, quels bilans sur sa politique intérieure et extérieure peut-on dresser ? L’Amérique est-elle réellement de retour ? La question reste floue et le recul est davantage nécessaire pour comprendre et analyser les évolutions sur une plus longue période.

Le bilan politique : vers un Donald « Underwood » ?

Au sein de la Maison Blanche, la première année de Donald Trump a marqué les esprits. Au lendemain d’une victoire écrasante en 2016, on retrouve alors une équipe motivée et réunie autour du nouveau chef de l’Etat, prêt à tenir les promesses et les objectifs de campagne. Cependant un renouvellement arrive très vite, plus vite que ce que les médias américains tel que CNN l’aurait pensé. Tom Price, Stephen Bannon, Anthony Scaramucci, James Comey…. Autant de noms qui tombent sous les balles incarnées par le « You’re fired » de Donald Trump. Son administration qui se disait légendaire et prête à incarner un renouveau, faisant tomber « l’establishment » démocrate des mandats Obama à Washington, s’écroule peu à peu. L’une des causes de désaccord est sans doute la division de plus en plus profonde de son équipe entre un camp, « les New-Yorkais » avec comme chef de file Jared Kushner, mari d’Ivanka Trump, incarnant une Amérique tournée vers le Monde, isolationniste politiquement mais ouverte aux échanges commerciaux et au monde financier de Wall Street et une autre Amérique, celle de « l’Alt-Right » (« la droite alternative »), une Amérique blanche et profondément isolationniste sur tous les points. Cette division ne cesse de s’ancrer dans le paysage politique américain et le Parti Républicain ne semble pas épargné. Donald Trump a alors pour défi de réunir son camp politique s’il souhaite s’assurer une large victoire lors du renouvellement complet de la Chambre des Représentants et du renouvellement d’un tiers du Sénat lors des élections de mi-mandat.

Un bilan économique plutôt positif :

D’un point de vue intérieur, l’économie américaine semble se tenir en bonne santé depuis son élection le 8 novembre 2016. Le nouveau locataire du bureau ovale souhaite privilégier l’économie américaine sur la scène internationale. La croissance est forte en apparence, mais semble incertaine au vu des choix économiques et commerciaux du Président. « Jobs, Jobs, Jobs », l’objectif est clair, Donald Trump souhaite ramener des emplois aux américains. Selon une étude du département du Commerce, la croissance de l’économie américaine semble se tenir à 3% :

 

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Cependant, en prenant compte des dégâts des ouragans Irma et Harvey qui ont frappé de plein fouet le territoire américain, il est impossible actuellement d’estimer l’impact global sur les chiffres du PIB américain.

Mais à Wall Street, l’arrivée de Donald Trump est plutôt positive. Les promesses du candidat républicain en 2016 sur les dérégulations financières et bancaires participent à alimenter un climat positif dans les indices boursiers de la Nasdaq et de l’indice Dow Jones. En effet, la signature de deux décrets exécutifs du Président ont permis de réviser deux sections de la loi Dodd-Frank (loi portant sur la régulation financière), résultat du mandat Obama au lendemain de la crise des subprimes en 2010. L’économie s’analyse sur le long terme et reste l’une des priorités du mandat de Donald Trump.

Et la société américaine ?

Donald Trump subit les critiques de tout genre de la presse américaine et surtout de CNN, rebaptisée « Clinton News Network ». Cet engouement journalistique participe à un phénomène qui ne cesse d’augmenter autour de la « sphère Trump ». En effet, 80% des américains ayant voté pour Trump se sentent entendus par le président et surtout représentés lorsque le Président provoque les médias sur des sujets sensibles tels que Charlottesville et les manifestations d’extrémistes de droite. L’Amérique est divisée entre une certaine partie des minorités, qui voient en Donald Trump « le sauveur » qui va redonner la « grandeur à l’Amérique », et une autre part de la population qui ne digère toujours pas l’arrivée du milliardaire à Washington. « It’s not my president » (« Il n’est pas mon président ») diront-ils 1 an après l’élection. Comment Donald Trump peut-il dépasser l’image d’un Président des « Etats-désunis » ? Telle est la question qui laisse présupposer la réponse dans 4 ans.

Sur la scène internationale

« The mentally deranged dotard » (Donald Trump) VS « Little Rocket Man » (Kim Jong-Un) ; tour de l’Asie, tribune de l’ONU et défilée du 14 juillet à Paris sur invitation d’Emmanuel Macron, le Président Trump ne cesse de surprendre et de s’illustrer par ses manières, son charisme et son style déconvenue. Son bilan reste instable, et le recul est nécessaire pour voir les résultats apparaître. Mais une légère tendance isolationniste s’installe sur la position des Etats-Unis dans le monde. Avec un retrait de plusieurs engagements internationaux tel que l’Accord de Paris, Donald Trump souhaite imposer « l’Amérique d’abord » et la communauté internationale semble contrainte de s’organiser pour désormais avancer sans les Etats-Unis. Le Président tient cependant à maintenir un dialogue avec ses alliés européens, mais aussi avec la Russie sur les sujets sensibles tel que la lutte contre l’Etat Islamique.

Défis, enjeux, problèmes, Donald Trump ne cesse de surprendre à la fois son pays mais aussi le monde. Le milliardaire à la tête de l’Empire Trump, qui tweet plus vite que son ombre, devra faire face à de nouveaux défis à relever. Son mandat et ses répercussions, qu’elles soient positives ou négatives, semblent bien loin d’être prédéterminés. 1 an après son élection, Mr Trump ne compte pas se laisser abattre de 12 mois à la présidence.

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Sarrosquy Aurélien