Portrait : Louis Witter, photographe, reflets et cicatrices du monde.

Grand Place de Lille, fin de journée. Au loin, une silhouette mince. Un style baroudeur. Une barbe bien présente. La bière du nord lui avait manqué. C’est dans un café qu’il me parle de ses engagements, de son travail. Plus que ça : d’une passion.

Vous l’aurez peut-être deviné, il s’agit de Louis Witter. Ce photoreporter de 22 ans qui parcourt le monde depuis ses débuts. Portrait.

Ses débuts

Avec un père militaire et une mère au foyer, il doit changer de ville tous les deux ans. Adolescent, il a déjà des convictions bien établies. On lui offre son premier appareil photo à 10 ans et très vite, il comprend la puissance que peut avoir cet objet.

Après un bac L décroché de peu, il s’inscrit à l’ISCPA de Paris « pour avoir une base à côté ».

Mais la photo prend une importance de plus en plus grande. Du haut de ses 17 ans, il est approché par la presse locale, comme le journal L’éclaireur du Gatinais. Depuis le début, ce sont les faits de société qui l’intéresse. Il choisit de couvrir des manifestations et des mouvements politiques. Ses premiers reportages sur les jeunesses nationalistes et les manifestations du mariage pour tous marquent un point de départ pour la suite.

« La photo au service d’un fait »

Quelques années plus tard, la photographie est devenue son métier. Il s’est entrainé et a trouvé son crédo.

Liban, Irak, Ukraine, Maroc, Amérique Latine… Des pays souvent en crise dont le photographe veut témoigner de la situation. Il travaille pour des sites internet ou encore des quotidiens, comme Libération qui lui accorde deux voire trois pages.

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©Louis Witter.

Des reportages sur plusieurs semaines, seul ou avec d’autres photographes. En 2016, il se rend en Ukraine sur les pas des réfugiés en Europe de l’Est. Puis en Irak, dans les pas des combattants du PKK.

Il y a quelques mois, il est allé en Colombie auprès des FARC pour faire un point avec les combattants des guérillas et leur retour à la vie civile.

La photo. Quel est son objectif ? Quel impact peut-elle avoir ? Un photo-reportage peut-il être artistique ? Cigarette à la main, il me confie qu’à ses débuts il prenait ce qu’il se présentait à lui, tous les éléments qui l’entourait, il mitraillait. Avec l’expérience, il a appris à appréhender son environnement, les lieux, les gens.

Raconter une histoire. Tel est son but. Mais avant tout, il souhaite informer. Montrer ce qu’il se passe à l’extérieur de notre vie quotidienne en photographiant celle des autres. La question du reporter « artiste » est souvent posée. Lui ne se considère par comme tel.

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©Louis Witter

« Je ne crois pas à ce mythe de l’objectivité »

Des idées politiques bien arrêtées, une lutte et un engagement assumé. La politique actuelle, la décision de Notre Dame des Landes… Plusieurs sujets l’indigne, mais en photo il doit garder ses opinions. Il ne croit pas à ce grand mythe de l’objectivité journalistique, alors il essaie d’être le plus honnête possible à travers ses photos et ses textes.

Ces dernières années, ses photos sont réalisées à l’étranger car il estime qu’il peut « avoir davantage de recul sur ce qu’il se passe ».

 

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©Louis Witter

 

Ses projets

Louis Witter veut maintenant de la nouveauté. Pour cela, il prend son temps afin de penser ses projets plus en amont. Tout comme dans le journalisme, il se doit de trouver un angle à ses reportages, afin d’affirmer un regard différent dans ses projets.

Prochainement, il voudrait se concentrer sur le territoire français…

Un jeune photographe déjà grand, dont les photos nous rappellent les réalités du monde. Un photographe à suivre de près dans ses prochaines aventures.

Son site internet : http://www.louiswitter.com/
Son Instagram : https://www.instagram.com/louiswitter/
Son Twitter : https://twitter.com/louiswitter

Vulliet Margaux