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Le sport, un outil essentiel de la politique.

George Orwell disait du sport en 1945 qu’il « est une guerre sans coups de feu ». On comprend alors que l’enjeu du sport prend une dimension politique et même géopolitique, puisqu’il va contribuer à l’affrontement des Etats, et surtout des blocs communistes et capitalistes. Le sport moderne est pensé par Pierre de Coubertin tel un outil qui rapproche les peuples dans un esprit supranational et de paix dans le monde. Cependant, les rivalités sportives entre les nations vont fortement politiser le sport.

Très tôt, le sport devient la « scène du théâtre » des relations internationales. Après la Première Guerre Mondiale et la défaite de la Triple Alliance, celle-ci est exclue des Jeux Olympiques et des grandes compétitions sportives internationales. L’humiliation du traité de Verdun en 1919 est accentuée par les pays vainqueurs dans le monde du sport.

 

Vers une expansion

 

Ce sont les médias, tels que la radio ou la télévision, qui participent à la diffusion de cet outil géopolitique car tous les regards y sont tournés lors des Jeux Olympiques ou des grandes compétitions sportives internationales. Cela permettra notamment aux régimes autoritaires de s’exposer au monde et de démontrer leurs forces. En 1934, la seconde Coupe du Monde de football (calcio en italien) se tient en Italie, et Mussolini transforme cet événement en un outil de propagande. En effet, l’Italie remporte cette compétition et s’impose comme force majeure au niveau mondial.

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En 1936, c’est au tour de l’Allemagne nazie, lors des Jeux Olympiques de Berlin, de faire une démonstration de force du pouvoir hitlérien. Le coup d’éclat de l’athlète afro-américain Jesse Owens en remportant 4 médailles d’or sera le principal obstacle à cette propagande nazie. L’Allemagne nazie domine effectivement ces JO en remportant 89 médailles contre 56 pour les États-Unis.

 

 

 

 

 

 

 

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En 2018, après une volonté de rapprochement des deux Etats que sont la Corée du Sud et la Corée du Nord, ils décident de concourir sous une bannière commune pour les JO de PyeongChang, en Corée du Sud, avec des athlètes invités dans une optique d’adoucissement des relations. Cet effort diplomatique survient après des affrontements interposés entre les États-Unis et la Corée du Nord, qui avaient totalement coupés les échanges diplomatiques.

 

Le sport sert aussi de vitrine de la réussite des puissances émergentes, comme le montre la Coupe du Monde de football de 2014, les Jeux Olympiques de Rio en 2016 au Brésil, les Jeux Olympiques de Sotchi en 2014, la Coupe du Monde de football en 2018 en Russie ou encore les Jeux Olympiques de Pékin en Chine en 2008. Ces compétitions sont autant d’événements permettant d’exploiter l’image de l’Etat organisateur pour en montrer les qualités (sécurité, fiabilité des infrastructures, économie, …). Le Qatar exploite le sport comme un instrument de rayonnement et d’influence car il s’investit dans le sport et en permet le développement. De nombreuses compétitions y sont organisées, comme le tournoi ATP et WTA de Tennis de Doha, un Master de Golf, une étape de la Coupe du Monde de Cyclisme, la Coupe du Monde de Handball en 2015, un meeting d’Athlétisme ou encore la très controversée Coupe du Monde de football en 2022. Le poids économique dans le sponsoring, les médias sportifs et l’investissement dans les clubs en font un acteur important dans le monde du sport et un Etat soucieux de sa sphère d’influence.

 

Arme diplomatique qui amène à des tensions à l’échelle mondiale ?

En pleine Guerre Froide, l’insurrection de Budapest en Hongrie contre l’URSS est violemment réprimée dans le sang par l’Armée Rouge. Seulement un mois après, lors des JO de Melbourne, un match de water-polo entre la Hongrie et l’URSS amène à de violents affrontements dont on dit que le sang transforma la couleur de l’eau du bassin.

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Également lors de ces JO de Melbourne en 1956, Taïwan participe pour la première fois et fait concourir ses athlètes. Le climat est alors tendu au Moyen-Orient puisque la crise de Suez confronte les Etats pour des intérêts commerciaux et politiques. Tous ces incidents entraîneront un boycott de ces JO par la Chine, le Liban, l’Égypte, l’Irak ou encore la Suisse.

En 1972 à Munich, la finale du tournoi olympique de basket-ball oppose l’URSS à l’ogre américain, qui a jusqu’ici tout remporté dans cette discipline. La fin du match est rejouée 3 fois, suite à des différents sur le règlement. Finalement, l’équipe d’URSS remporte finalement le match et est sacrée championne olympique.

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Pour les américains, ce match est un scandale car le jury d’appel était majoritairement pro-soviétique. Certains athlètes soviétiques se feront enterrer avec leur médaille d’or et les américains refuseront la médaille d’argent.

 

On peut aussi faire référence au boycott des JO de Moscou en 1980 par les États-Unis, qui critiquent la Guerre d’Afghanistan (1979-1989) et l’entrée des troupes soviétiques dans le pays. 4 ans plus tard, c’est au tour de l’URSS de boycotter les JO de Los Angeles en réponse à celui de 1980. Le boycott sert alors d’arme géopolitique, et la supériorité des Etats par rapport aux autres s’illustre dans les stades où les athlètes s’affrontent.

 

Gabaud Paul

 

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