Ap.D Politics : Eric Richermoz, membre des Jeunes Patriotes.

Ap.D Politics est un projet mené par trois rédacteurs et rédactrices d’Ap.D Connaissances, dans le but de sensibiliser la jeunesse à la politique à travers un large panel d’interviews et de rencontres de militants de différents partis et mouvements politiques, notamment des organisations de jeunesse.

Engagé chez les Patriotes, ancien étudiant d’une école de commerce de Lille, Eric Richermoz est conseiller régional à la région Hauts-de-France. A travers cette interview, il nous présente le jeune mouvement « Les Patriotes » ainsi que son parcours politique personnel.

 -Pourriez-vous nous définir le parti politique auquel vous appartenez ?

« Le mouvement politique dans lequel j’appartiens s’appelle Les Patriotes, et il a été fondé fin septembre 2017. Il est donc relativement récent et jeune, puisqu’on a particulièrement des jeunes qui sont impliqués dans ce mouvement, des adhérents, mais aussi des élus. Pour résumer l’essence de ce mouvement, il défend la démocratie, il pense que le peuple a le droit de décider pour lui-même et qu’il devrait n’y avoir aucun sujet tabou. L’un de nos objectifs est la question de la justice sociale et les questions économiques pour les classes moyennes et populaires. Il est aussi essentiel pour nous de nous débarrasser des traités européens qui remettent en cause notre autonomie. »

–Quelles sont les valeurs que vous défendez en priorité dans ce parti politique ?

« L’égalité des citoyens et donc, pour cela, combattre les inégalités. La démocratie, permettre au peuple de s’exprimer et d’être acteur, et pas seulement donner son avis une fois lors des élections. D’ailleurs les gens s’en fichent, ils ne vont plus voter massivement, et en particulier les jeunes et les classes populaires. Et le troisième point concerne la souveraineté, afin de ne rien se faire imposer. Nous devons préserver notre souveraineté, qui est absolument nécessaire puisque que cela soit sur des questions budgétaires et de plus en plus des politiques internationales, on n’est pas un pays totalement libre et je ne suis pas étonné de voir que les gens ne votent pas à partir du moment où ils voient que ce n’est pas leur président qui a des marges de manœuvres réelles et que quand ils votent contre, comme ça a été le cas en 2005 (référendum sur le traité établissant une constitution pour l’Europe, qui sera ensuite modifié pour devenir le traité de Lisbonne en 2007 ndlr), on les envoie balader. On peut être pour ou contre la démocratie, nous, nous sommes pour et nous sommes contre une technocratie qui est de plus en plus en place. Après, nous pouvons discuter en se demandant qu’est-ce que qu’un bon régime démocratique, mais violer un référendum, quelle que soit la définition de la démocratie et quel que soit l’idéal démocratique, c’est forcément quelque chose de brutal aussi bien symboliquement que socialement et économiquement. »

Comment s’organise le fonctionnement interne de ce parti politique ?

« Ça bouge beaucoup. Avant que Les Patriotes ne devienne un mouvement politique, c’était une association, et il y a eu beaucoup de changements puisqu’on est vraiment partis de rien en terme matériel. Donc à la toute création de l’association, j’étais secrétaire général et là en mouvement c’est beaucoup plus structuré, notamment depuis le congrès fondateur qui a eu lieu le 18 février 2018 à Arras. C’est une organisation qui se veut très horizontale, très participative, y’a eu un vice-président au tout début mais là y’en a plus, ni de chef à plume, ni de fonction honorifique. Au niveau local, il y a des référents départementaux, on en a déjà nommé pas mal, on a pas mal de candidatures à la Réunion et à Mayotte où monsieur Philippot va s’y rendre puisque c’est quand même important d’avoir un contact physique et de vive voix avec les personnes avant de les nommer, donc ça avance bien, que ce soit en métropole ou en outre-mer. On est tous sur un même pied d’égalité, ce qui est un point très important pour nous. Par exemple, l’un des départements qui fait le plus d’adhésions c’est parce qu’il y a un jeune qui est très dynamique, qui est un référent très actif, il a 25 ou 26 ans, il est à Angoulême, où on se serait pas vraiment imaginé qu’il y aurait un effet patriote puisqu’il n’y a pas d’élu mais ça bouge bien. Ensuite il y a des référents par bassins de vie, c’est pas un truc pyramidale, il n’y a pas de bureau, de fonctions etc, on essaye de pas mettre de titres puisque quel que soit l’âge et l’horizon politique dont on vient, cela se passe très bien, tout le monde peut bosser avec tout le monde. Pour cause, parmi les adhérents il y en a 60 % qui ne viennent pas du Front National, la majorité ne sont pas des anciens frontistes. Il y en a beaucoup qui viennent de Dupont-Aignan, de la France Insoumise et, un nombre non négligeable de personnes qui étaient chez La République En Marche ! qui nous rejoignent, c’est toujours bon signe de voir que des personnes de différents horizons sont présents au sein du mouvement. Il y a une instance consultative qui se réunit une à deux fois par an avec les référents, les élus etc et il y a 1/4 des adhérents qui sont tirés au sort s’ils le souhaitent afin de prendre part au développement de notre mouvement. »

-Quels sont les moyens utilisés dans le but de vous visibiliser au maximum, et notamment auprès des jeunes ?

« Il y a Facebook, Twitter etc.. ça n’a rien d’original. Mais par contre, Florian Philippot gère ses comptes lui-même, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Il a sa chaîne Youtube qui fonctionne assez bien avec de très bon retours en termes qualitatif, il a lancé aussi son compte Instagram. On est toujours dans une démarche constructive, Emmanuel Macron avait lancé la Grande Marche pour l’Europe, nous avons lancé la Grande Marche pour la France. Notre objectif est de faire évoluer notre taux de notoriété, pour ensuite être identifié sur les propositions. »

-Comment êtes-vous entrés en politique ?

« J’étais politisé à partir de 2005, quand j’ai été au collège et surtout pour les élections de 2007. J‘étais très influencé par mon grand-père gaulliste, qui était dans les forces de la France Libre, ce qui m’a sensibilisé au sens de l’engagement, du devoir, du sacrifice de soi pour les autres. J’ai une famille nombreuse aussi, donc la pensée collective et aussi en même temps la détestation des inégalités qu’il peut y avoir dans une fratrie ça m’a assez formé politiquement. En 2012, j’ai décidé de voter pour Nicolas Sarkozy sans aucun engouement. J’étais en école de commerce à Lille. C’est aux municipales que j’ai voté pour la première fois pour le Front National. Je suis parti un an à Moscou en Russie, ce qui m’a fait prendre un peu de recul sur la vie politique. A mon retour, je me suis engagé pour les municipales lilloises pour le Front National. Je ne voulais pas me griller politiquement pour mon diplôme donc j’ai travaillé en sous-main pour le FN. Quelques mois après les municipales, il y a eu les européennes et contre tout attente, une des responsables du Front à Lille, a été élue euro-députée. Elle m’a de suite proposée de faire mon stage de fin d’étude là-bas. J’ai donc fait mon stage de fin d’étude à Bruxelles, puis j’ai été candidat aux départementales dans la Somme. Je n’ai pas gagné à 160 voix près, puis aux régionales, j’ai été élu sur la liste. Je suis devenu responsable départemental du Front National dans la Somme, et par la suite, j’ai créé un collectif sur l’écologie où j’étais secrétaire général. On a travaillé sur des questions d’écologie, non prises en compte par le Front. A partir de fin 2015-début 2016, on a senti que le Front National filait vers un mauvais coton. On sent la santé d’un mouvement, d’un parti politique via le profil des derniers en date qui arrivent. C’était moins des gens engagés sur des questions actuelles, sur les préoccupations des français, des questions sociales mais uniquement des personnes qui s’engageaient sur des questions historiques comme l’Algérie, centralisés sur l’immigration. Marine Le Pen a commencé à perdre de l’autorité en interne à ce moment-là, elle perdait la volonté de rénover le parti tel qu’elle avait voulu le faire en 2011. Le Front National a commencé à investir des personnes de mouvements identitaires, à ne pas punir des comportements abjects. Marine Le Pen est restée cependant la candidate choisie pour représenter le FN aux présidentielles. Elle n’a eu aucune envie de gagner la présidentielle j’ai l’impression. Cela s’est vu au débat présidentiel. Depuis la rentrée scolaire de 2016, j’avais fait campagne à fond pour elle. C’était une très bonne année mais fatigante. C’était frustrant de voir que beaucoup de personnes comptaient sur elle. J’ai vu des dizaines et des centaines de personnes qui souffrent et qui se font avoir par le grand patronat. Ils ont mis espoir en elle et finalement elle a déçu. Marine Le Pen a fini par revenir sur la ligne de Jean-Marie et de Marion Maréchal Le Pen. Ils ont fini par être obsédé par les questions d’immigration. Il faut promouvoir des référendums d’initiative populaire pour porter des projets, des idées. Je pense qu’il faut sortir des idées stéréotypées comme « la préférence nationale ». Si l’on sort de l’Union Européenne, le marché du travail et les droits des travailleurs seront transformés, et il ne sera plus nécessaire de parler de « préférence nationale ». Sur les questions sociétales, Il faut davantage redonner à la société sa parole. »

-Votre ligne idéologique est-elle toujours restée la même ou a-t-elle connu des changements (et a-t-elle vocation à changer) ?

« Je me suis assez stabilisé politiquement à partir de mes 19-20 ans, notamment en voyant d’autres milieux sociaux. J’ai grandi en banlieue pavillonnaire, dans des établissements publics. J’ai manqué de rien pendant mon enfance. J’étais dans un milieu homogène, sans richesse insolente. Il y avait moins de chômage de masse dans les classes moyennes qu’aujourd’hui. Le fait d’aller en école de commerce et de voir des personnes plus aisées que moi, le fait d’être engagé dans l’associatif, m’a permis de croiser pleins de milieux sociaux différents, à la fois très au-dessus économiquement mais aussi très en dessous. J’ai pu voir des personnes carrément à la rue lorsque j’étais bénévole. Le fait d’avoir cette ouverture sur les différentes réalités françaises et lilloises m’ont fait ouvrir les yeux sur la bêtise qu’il peut y avoir de certains « droitards » (la droite pour la droite, le mérite pour le mérite), le soi-disant libéralisme qui derrière créé des monopoles privés. Sur la question de la souveraineté, de la démocratie, je n’ai jamais changé. Sur la question sociale, j’ai évolué entre mes 15 et mes 20 ans. J’ai l’impression que je suis assez stabilisé aujourd’hui. »

-Pour quelles raisons avez-vous adhéré à ce parti en particulier ?

« J’ai une grande confiance et une admiration pour Florian Philippot. Il a un profil, un message, des convictions qui ne varient pas au moment où les partis politiques ne savent plus où ils en sont avec des programmes en mousse comme chez En Marche. Je pense qu’il faut être clair sur le programme politique. »

–Quels sont les sujets qui vous semblent les plus prioritaires dans la conjoncture politique actuelle ?

« L’urgence de la question sociale et du service publique. Il y a un outil pour changer ça : le FREXIT (départ de la France de l’Union Européenne). Il faut sortir de cette idéologie de la « non idéologie » et du « pragmatisme », sortir de la technocratie grandissante soutenue par les puissances de l’argent et les médias qui appliquent les mêmes formules depuis 30 ans, depuis le XIXème siècle. Les priorités, c’est d’être libre pour en finir avec les inégalités, trouver des emplois, et les remettre au centre du jeu démocratique en permettent aux citoyens de les faire décider selon telle ou telle loi, ou tel sujet. La priorité est de permettre aux gens d’avoir un mot à dire sur les débats comme la bioéthique par exemple. »

-Pour vous, que signifie être jeune en politique ?

« Etre jeune en politique passe déjà par le leader politique des patriotes, qui est lui-même un jeune. Nous sommes une génération dépolitisée et qui s’engage moins dans des associations. Il faut davantage susciter la curiosité et le raisonnement. Etre jeune en politique est un atout car il permet d’être plus à fond dans les choses. »

-Quel message pour la jeunesse ?

« Mon message pour la jeunesse est que toutes les réformes que peuvent faire les uns et les autres, qui sont impopulaires, passent en force car personne ne se bouge. Si aujourd’hui, on écoute plus les retraités à l’échelle nationale et locale, c’est parce qu’ils vont tous voter. Renoncer, être blasé de tout, ne pas se faire entendre, c’est continuer à être un citoyen secondaire (en termes de classe d’âge) et cautionner les politiques qui s’adressent aux baby-boomers seulement. »

Interview réalisée le 22 mars 2018 à Lille.

Gilot Claudie, Ozdemir Biken, Sarrosquy Aurélien

patriote

Pour en savoir plus et/ou vous engager :

https://www.facebook.com/LesPatriotes59/

 

Ap.D Connaissances est un média créé par des étudiants dans le but de vous apporter de multiples connaissances dans des domaines variés.

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