Société Sport

Les violences dans le football aujourd’hui : véritable fait de société.

La violence dans le football avait véritablement atteint son apogée en Angleterre dans les années 1980, avec des groupes de supporters ultras violents appelés « hooligans ». Ce terme générique était utilisé pour désigner ces supporters qui vivent le football jusqu’au plus profond d’eux-mêmes, souvent alcoolisés et toujours violents, prêts à tout pour garder l’honneur de leur club intact, même après une défaite. Se croyant au-dessus des lois dès lors qu’il était question de leur club adoré, ils se permettaient tous les excès, allant même jusqu’à être responsable de drames, notamment en 1985 avec le cauchemar du Heysel (stade de Bruxelles) lors de la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions, ancêtre de l’actuelle Ligue des Champions. Pendant ce match, qui aurait dû être une fête incroyable grâce à l’opposition des deux clubs les plus en forme du moment en Europe, Liverpool et la Juventus de Turin, l’hooliganisme a frappé et cet événement s’est transformé en drame. En effet, le Heysel déplore alors 39 morts et plus de 454 blessés, devenant ainsi tristement célèbre.

Aujourd’hui, lorsqu’on jette un œil sur les grands championnats européens, on assiste à de nombreuses vagues de violence devenues presque monnaie courante lorsqu’on décide d’aller voir un match au stade. En effet, que ce soit à l’occasion de derbys (ndlr : affrontement entre deux équipes rivales souvent appartenant à une même ville ou région), ou encore de chocs face à des « gros » du championnat en question. Pas besoin d’aller très loin pour être témoin de ce fait de société, la Ligue 1 française recèle ce genre de comportements sulfureux.

Le cas Lillois

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 Le club de Lille, surnommé le LOSC, devait connaître une saison 2017-2018 encourageante après le rachat du club cet été par l’homme d’affaires luxembourgeois Gérard Lopez. Il rebattit alors une équipe totalement différente, investissant dans de jeunes joueurs talentueux et nommant à la tête de l’équipe un entraineur de renom : Marcelo « El Loco » Bielsa. Seulement voilà, en résulte une gestion hasardeuse, un manque total d’expérience dû à l’absence de cadre et un cruel défaut de réalisme sur le terrain. Autant de facteurs qui font que le club lillois est aujourd’hui plus que jamais en danger pour sauver sa place parmi l’élite du football français. Une situation impensable en début de saison, mais le constat est là : Lille joue le maintien. Les supporters, déçus et amers, montrent leur colère et n’hésitent pas à provoquer les joueurs et les dirigeants, allant même jusqu’à se rendre coupables d’incroyables violences en tribunes et même à un envahissement de pelouse (ndlr : voir la photo ci-dessus) où tout le personnel est alors visé par ces amoureux du maillot qui se sentent trahis. Les joueurs sont pris à parti, et on a alors recours à l’intervention du personnel de sécurité et des forces de l’ordre pour assurer la sécurité du staff lillois. Ce ras-le-bol général des supporters entraine des images que l’on ne devrait pas voir dans un stade de football.

Les autres débordements en France

Nous avons étudié le cas lillois et les débordements qui s’y sont passés, mais il ne s’agit pas d’un cas isolé. En effet, plusieurs publics français à la réputation « chaude » se sont illustrés pendant cette saison 2017-18 ; on peut penser notamment à Lyon, Marseille, Saint-Etienne ou même Paris. Pour ces différentes villes, il n’était pas question de mauvaises performances sportives comme avec Lille mais plutôt de rivalités entre clubs. Ce n’est un secret pour personne que les publics marseillais et parisiens se détestent, et c’est la même chose pour ceux de Lyon et Saint-Etienne.

Cette saison, lors du match aller du « derby » entre Saint-Etienne et Lyon au « Chaudron » (ndlr : stade mythique des stéphanois), la fin du match a été troublée par la violence des supporters de l’équipe de Saint-Etienne piqués à vif après la gifle reçue par Lyon (0-5). S’ensuit une rage indescriptible en tribune et un envahissement de terrain avant le coup de sifflet final, contenu tant bien que mal par les CRS. Bilan de la soirée : 14 blessés et 4 supporters en garde à vue.

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 Ce soir-là, les verts avaient annoncé la couleur.

Pour ce qui est de la rivalité entre l’OM et le PSG, elle est très connue et historique ; c’est pourquoi on appelle ce choc le « classico ». Cette année, pour essayer de pallier aux violences dans le stade, les ultras étaient interdits de déplacements, du côté marseillais comme parisien. En effet, la ligue a pris des dispositions pour essayer de rendre le stade plus sûr les soirs de matchs et c’est pourquoi, à Paris notamment, quand les supporters souhaitent acheter un billet en virage ils n’ont pas eu le luxe de pouvoir choisir de quel côté ils seront assis. Ainsi il était impossible pour les ultras de se retrouver tous au même endroit pendant le match.

Coup d’œil en Europe

 Nous sommes alors en droit de nous demander si les violences au stade sont désormais présentes uniquement en France, ou si des cas similaires apparaissent dans les grands championnats européens.

Tout d’abord nous pouvons évoquer l’Italie, où le football est vécu comme une religion. Les supporters italiens, les « tifosi », vivent et respirent football et comme nous l’avons vu auparavant quand la passion est grande, le stade devient un lieu propice aux violences. Le football italien, ou calcio, essuie depuis des années une triste réputation due à ses supporters. En effet on y entendrait des chants néo-nazis à la gloire d’Hitler ou de Mussolini, et on y verrait des supporters brandissant des affiche racistes ou ultra-violentes. Ce fut le cas cette année pendant le match Inter de Milan – Naples, où l’on a vu un supporter avec un portrait de Mussolini et un groupe de tifosi intégristes avec un banderole affichant : « ce sera un plaisir quand le Vésuve fera son devoir ».

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En Espagne, la rivalité est surtout présente lors du match des étoiles : Real Madrid – Barcelone, le vrai « classico ». Les deux groupes de supporters se détestent et la ferveur est présente parmi les supporters quand les deux équipes s’affrontent. D’ailleurs, les joueurs mythiques de ces deux clubs, Cristiano Ronaldo et Lionel Messi, le savent et jouent avec les nerfs des supporters adverses pendant ces rencontres pleines de tensions.

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 Enfin l’Angleterre, bien que plus calme par rapport aux années 1980, reste le championnat le plus « chaud » d’Europe par rapport à ses supporters. En effet, les stades sont toujours remplis et les rivalités, notamment entre les plus grosses équipes du championnat, sont toujours très présentes. La ville de Londres à elle seule compte trois des meilleurs clubs de Premier League avec Arsenal, Tottenham et Chelsea ou encore la ville de Manchester, avec ses deux clubs rivaux Manchester United et Manchester City. Quand ces équipes se rencontrent, les tribunes grondent mais force est de constater qu’aujourd’hui, les stades anglais sont plus souvent les théâtres de magnifiques ambiances plutôt que de débordements violents. C’est pourquoi il ne faut pas systématiquement faire d’amalgames entre supporters et « hooligans ».

Le supporter, un hooligan par essence ?

 Comme nous l’avons dit précédemment, il faut faire attention aux amalgames. En effet, il ne faut pas confondre supporter, ultra et « hooligan ». L’ambiance de certains stades ne serait pas la même sans ses supporters, et ce n’est pas parce qu’un supporter vit pour son club, crie et chante au stade qu’il est par nature violent ou dangereux. Des atmosphères phénoménales ont lieu dans tellement d’endroits, comme à Anfield par exemple, le mythique stade de Liverpool (tout juste qualifié pour la finale de la Ligue des Champions cette année où il affrontera le Réal de Madrid le 27 mai prochain) avec le magnifique « You’ll Never Walk Alone », hymne des supporters destiné aux Reds ; un moment magique à chaque début de match.

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Nous pouvons aussi évoquer la merveilleuse ambiance du Signal Induna Park de Dortmund, où son collectif de supporters, présents à tous les matchs, fait trembler les travées du stade du Borussia grâce au maintenant célèbre « Mur Jaune ».

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Il y a beaucoup d’autres exemples d’atmosphères telles que ces deux-là en Europe, et partout dans le monde ; aller au stade dans ces conditions est une fête et une véritable expérience à vivre.

Pour conclure, le football est le sport fédérateur par excellence et les actes de violence gratuite devenus beaucoup trop présents aujourd’hui ne devraient pas avoir lieu. Les dizaines de milliers de supporters qui chantent ensemble derrière leur équipe ont beaucoup plus d’impact que les actes isolés de quelques centaines d’individus violents.

Ducasse-Barreyre Adrien

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