Safe Place : la plateforme contre le harcèlement sexuel.

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Crédits photos : Lindsay Hamlyn

Créé par le Gucci Gang, Safe Place est le nouveau lieu de dialogue dans lequel les femmes et la jeunesse ont la parole. Alias Thaïs, Angélina, Annabelle et Crystal, le Gucci Gang prouve que leur génération a un message très fort à faire passer : la dénonciation du harcèlement et des violences sexuelles, physiques comme morales, ne doit plus être un tabou.

Les quatre très jeunes parisiennes, toutes âgées de 16 à 17 ans, influenceuses audacieuses au look nineties très pointu, libèrent la parole de celles et ceux qui souffrent en silence.

Avec 15 à 30 000 abonnés sur Instagram, elles avaient secoué la toile il y a quelques années. Leur « swag » et leur brin d’insolence en ont fait pâlir plus d’un (si si c’étaient bien elles dans le clip de Travis Scott, « Miaou »). Désireuses de s’affirmer autrement, elles créent Safe Place en 2018, sous forme de compte Instagram et de chaîne Youtube. Via ces plateformes, les quatre ados super cool recueillent des témoignages de jeunes femmes victimes de harcèlement ou d’agression.

Puis, elles se réunissent dans des épisodes sous forme de talk-shows où des jeunes femmes viennent raconter leurs expériences.

Lors du premier épisode, c’est le cas d’Eve qui a été dévoilé. À 14 ans, Eve a été victime de « revenge porn », le fait de dévoiler en ligne un contenu sexuellement explicite après une rupture, sans le consentement de la personne concernée.

Mais les jeunes femmes engagées de Safe Place n’ont pas voulu faire d’elle qu’une victime. Elles la considèrent avant tout comme une femme libre de ses décisions, qui assume ses choix et apprend de ses erreurs. C’est tout là l’objectif de Safe Place : animer les consciences sans moraliser, briser les tabous, écarter la honte, dans un esprit positif et pédagogique.

À chaque épisode, il y a une invitée « de marque ». Une femme plus « mûre », qui les écoute, leur fait part de son expérience, elles discutent ensemble et échangent leurs points de vue.

Au premier épisode, c’était Émilie Delaunay aka Liza Del Sierra, actrice pornographique, qui était à l’écoute et qui posait la question du consentement. Un moment d’écoute mutuelle et de partage.

unnamedC’est sans doute grâce aux expériences de harcèlement qu’elles ont déjà subies, que les filles du G.G. mènent ce projet avec une telle maturité, cette clairvoyance rare et beaucoup de recul. Ces histoires de harcèlement, elles les racontent sur leur compte Instagram wearesafeplace.

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Les copines fashion victimes brisent un silence encore trop pesant, invitent à la réflexion et posent la question de l’éducation à la sexualité et au consentement.

unnamed-32017 a été l’année de la prise de parole des femmes. Après l’affaire Weinstein et en cette ère, « Me Too », l’initiative du G.G est plus que bienvenue, car il reste encore du boulot en matière d’éducation et de sensibilisation. Si Marlène Schiappa fait ce qu’elle peut pour tenter d’amener l’éducation au consentement à l’école, le plus gros du travail à faire reste sans doute de mener une sensibilisation massive via internet c’est-à-dire là où les ados s’éduquent. Alors good job le Gucci Gang !

Espace de bienveillance où l’on ne juge pas, fraîcheur de ces quatre cool kids, Safe Place nous aide à mieux penser le futur, nous sensibilise aux limites des réseaux et au cyberharcèlement, nous invite au dialogue.

Safe Place aime les femmes mais ne fait pas des hommes son ennemi. Et si on apprenait juste à vivre ensemble ?

Victime de harcèlement ou d’agression sexuelle, physique ou morale, vous pouvez témoigner pour Safe Place : safeplacegirls@gmail.com.

Instagram

@wearesafeplace

Youtube

Gucci Gang

Mathilde Collet