« L’Ultime offensive », retour sur la Première Guerre mondiale.

Ces samedi 6 et dimanche 7 octobre 2018 se tenait sur la commune d’Armentières, en l’honneur du centenaire de la Grande Guerre, une reconstitution historique. Après avoir longuement discuté avec les participants, tous relatent la même chose : il est important de se souvenir des soldats tombés au combat car chacun d’entre nous a forcément quelqu’un de sa famille ayant combattu.

 

L’importance de ce type d’évènement

Depuis 2014 et le début du centenaire de la Première Guerre mondiale, une multitude d’évènements se sont tenus à travers la France et l’Europe. L’engouement fut important et chaque commune prit part au jeu car la Première Guerre mondiale a concerné l’ensemble du territoire et des citoyens français. Chacun d’entre nous, en cherchant bien, a un ancêtre soldat tombé au front ou revenu vivant.

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Affiche de l’évènement Ultime Offensive

 

Pour Cédric, figurant français membre du groupe « Les diables bruns », l’organisation de ce type d’évènements est nécessaire. « Il y a quelques années, une transition s’est effectuée, on est passé de la mémoire avec les derniers Poilus vivants à l’histoire pure 100 ans après, ce n’est plus forcément concret pour les jeunes générations. Ces évènements sont importants car l’histoire ne passionne pas forcément les jeunes générations. Un musée est moins attractif alors que là, ils peuvent toucher le matériel et le voir en action, ce qui est beaucoup plus ludique et touche plus de monde ».

Une véritable passion

En plus d’être un évènement important pour la préservation de la mémoire historique et pour montrer ce qu’est la guerre au grand public, les participants sont aussi là pour leur plaisir. Un plaisir ou plutôt une passion que chaque participant partage, mais cette passion parfois prenante les a conduits de fil en aiguille à organiser des reconstitutions historiques. De même, la quasi-totalité des membres présents sur place sont également des collectionneurs d’objets de guerre en rapport avec la Première Guerre mondiale, mais collectionneur ne signifie pas militariste.

Parmi les figurants, on retrouve Jean-Luc jouant le rôle d’un soldat prussien et appartenant aux groupes « GTRH 40 », dont la passion s’est déclenchée il y a moins de 10 ans. « La passion m’est venue récemment, en 2011, mais j’étais collectionneur depuis tout petit. Puis un jour, j’ai fait une rencontre et une personne m’a proposé de participer à un campement de reconstitution. J’ai dit oui, et depuis 2011, je suis là ».

A l’inverse, Alexandre représentant l’unique figurant américain et membre des « Poilus d’Ile-de-France », est tombé dedans dès son plus jeune âge : « la passion vient un peu de la famille chez qui j’ai retrouvé des documents. Et avant tout, je suis collectionneur. Le problème c’est qu’on est des grands enfants ; lorsqu’on voit un uniforme, on se dit j’aimerais bien en avoir un et on voit des gens qui le font en dehors, alors on les contacte ».

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Les tout premiers masques à gaz, le modèle ci-dessus est originaire d’Ecosse

Une jeunesse faiblement représentée

Mais tous les membres présents font la même remarque : malgré les célébrations du centenaire commencées il y a 4 ans, les jeunes restent encore faiblement présents et parfois même peu intéressés par le sujet. Pour autant, un travail avec les institutions et l’Etat a eu lieu de manière importante pour sensibiliser le jeune public mais comme le constate Fred, représentant le groupe « Flowers Jocks », et figurant Ecossais :« A part Call of Duty, les jeunes sont moins dans le trip, on ne leur demande pas d’être patriote mais de se souvenir de ces gars-là. Malgré tout, cela se perdra mais c’est bien aussi ; on ne peut pas prendre cela comme de la sinistrose et être toujours dans l’ancien temps. Il faut être optimiste et voir devant ».

Pour Alexandre, c’est « Non ! J’ai 23 ans, je me considère jeune et j’ai fait mes études il n’y a pas très longtemps, mais on n’apprend plus rien en histoire. J’ai aucun souvenir sur mon cours d’histoire de la Première Guerre mondiale. Toutes les connaissances que j’ai acquises actuellement, c’est de la documentation et de la passion. Les jeunes, on n’en voit plus beaucoup, environ 50% je dirais sont des personnes âgées et environ 30% de personnes entre 30 et 40 ans ».

Le 11 novembre 2018, auront lieu les commémorations du centenaire de la Grande Guerre. Néanmoins, celle-ci semble lointaine pour les générations actuelles, mais en histoire, un siècle ce n’est rien. Et comme le disait Winston Churchill, « un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre ».

Remerciements à Fred des Flowers Jocks, Cédric des Diables Brun, Jean-Luc du GTHR40, et Alexandre des Poilus d’Ile-de-France d’avoir accepté de répondre à mes questions.

 

Hugo Renart