Jean-Luc Mélenchon à Lille au Sébastopol : un retour en fanfare dans un bastion insoumis

Mardi 30 octobre, le chef de file de l’extrême gauche a effectué une apparition remarquée dans le nord. Elections européennes, fraude fiscale et réquisitoire contre la République en Marche furent les principales thématiques de l’argumentaire du septuagénaire.

Une réelle effervescence s’était emparée de la métropole lilloise ce 30 octobre. Dans une zone pilier où l’électorat lui avait délégué 30% des suffrages, Jean-Luc Mélenchon fut accueilli de la meilleure des manières. A quelques dizaines de mètres du Sébastopol, on distingue déjà une queue conséquente témoignant de la popularité du parti, certaines personnes se sont même vu refuser l’accès au site faute de place. C’est dans une salle comble que je distingue de nombreux organes de presse ainsi que des militants. Au bout de quelques minutes, on aperçoit les 2 députés nordistes Ugo Bernalicis ainsi qu’Adrien Quatennens (députés de la 1ère et 2ème circonscription NDLR.) se félicitant de l’organisation expresse du meeting en seulement 5 jours tout en congratulant les bénévoles.

Sous un tonnerre d’applaudissement, Jean-Luc Mélenchon entame un discours qui se veut, comme à son habitude, contestataire. Comme le dit un vieil adage, «la meilleure défense, c’est l’attaque ». Si le débat porte sur la fraude fiscale, l’insoumis commence par fustiger le pouvoir politique qui serait responsable de la perquisition.  « Nous ne sommes pas des bandits ! » clame-t-il à la salle. En outre, de manière extrêmement sarcastique, il assène un autre coup au chef de l’Etat « J’ai appris que Macron avait mis en place une police fiscale de 50 personnes, soit la moitié de l’effectif mobilisé pour ma perquisition ». Lorsqu’on demande aux militants si son image souffre de cette affaire, ils répondent que non. Selon eux, la procédure menée contre l’homme politique est « louche » voire « partiale ». C’est à croire même que ces perquisitions auraient fomenté son image d’homme fort de l’opposition.

Au sujet des élections européennes qui auront lieu en mai prochain, Jean-Luc Mélenchon a ostensiblement appelé à les considérer comme « un référendum anti-Macron ». L’indignation était également présente du côté du leader de la France Insoumise par rapport au supposé clivage entre nationalistes et progressistes présenté par le Président de la République. En effet, ce serait « nous oublier » que de réduire cette échéance à une opposition aussi manichéenne. Continuant ensuite ce qui ressemblait à un one-man show, il critique fermement l’attitude d’Olivier Faure, 1er secrétaire du PS : « Un siècle et demi de socialisme pour entendre Olivier Faure dire que son problème n’est pas les riches mais qu’il y a des pauvres. Alors que l’enrichissement des uns se fait au détriment des autres. » (Propos recueillis par la VDN)

C’est donc un homme voulant montrer une détermination intacte qui s’est présenté devant le public lillois. Reste à savoir si cela permettra de concurrencer les ambitions de LREM aux élections européennes et de conserver son statut de pierre angulaire de l’opposition.

Milan Busignies