« Chernobyl » : la mini-série d’HBO relatant un drame historique

La mini-série de 5 épisodes créée par Craig Mazin et réalisée par Johan Renck est diffusée du 6 mai au 3 juin sur HBO et Sky aux États-Unis et sur OCS en France. Ce programme est considéré comme la meilleure série selon les critiques. Les notes attribuées sont exceptionnelles, IMDb attribue une note de 9,7/10 avec plus de 160 000 avis. Chez Allociné, on remarque également cette tendance chez les spectateurs comme chez les critiques. Ces notes à tendance factuelle sont très subjectives dans la forme mais peuvent refléter au sein du grand public une homogénéisation des critiques. Certaines séries considérées comme des chefs-d’œuvre ; Breaking Bad, Game of Thrones ou encore The Sopranos ont été devancées par cette mini-série. Une grande question se pose ainsi : Comment, par 5 épisodes, cette série a pu être aussi réussie ?

L’histoire de Tchernobyl : mythifiée et débattue au sein de la scène politique internationale

Tout le monde connaît cette histoire, cette catastrophe dans les grandes lignes. Toutefois, par cette série, nous remarquons la complexité de la bureaucratie soviétique qui n’a pas réussi et a été dépassée par ces événements du 26 avril 1986. Certains pensent, comme Gorbatchev lui-même, que cela a causé la chute de l’URSS. De plus, montrer les scènes internes de décision marque une volonté de cacher voire de minimiser les faits pour ne pas montrer une face faible auprès de la scène internationale car nous savons que le contexte international était marqué par la Guerre Froide opposant le Bloc de l’Ouest et le Bloc de l’Est.

Ces scènes magistralement filmées et narrées mettent également en avant la vie de plusieurs habitants de Pripiat, la ville où la majorité des habitants travaillaient à la centrale. Considérée aujourd’hui comme ville fantôme causée par les radiations, elle était à cette époque la ville la plus moderne de l’URSS. Pour les habitants, cet incendie est vu comme étant magnifique, un spectacle, mais comme le dit un des habitants « nous ignorions que la mort pouvait être aussi belle ».

Oleg Veklenko

Outre les scènes internes, nous voyons également le travail héroïque des pompiers, des miniers et de tous les liquidateurs qui avaient pour mission de calmer l’incendie et de décontaminer la zone.

L’évolution des personnages est très marquante, troublante. De plus, la ville fantôme de Pripiat devient un mythe et une attraction pour les accros au « darktourism » ou encore pour les personnes pratiquant l’urbex. (Nous pouvons le remarquer dans les différentes vidéos proposées sur la plateforme YouTube comme celle de Mamytwink sortie le 5 juin 2019).

Problèmes et critiques par la Russie  

En effet, ce programme a été voulu par l’Occident et plus particulièrement par des chaînes étasuniennes et non russes alors que la logique voudrait que ce programme soit avec des acteurs et une production russophone. Des médias comme Arguments i Fakty ou encore Moscow Times sont très critiques à l’égard de la série mettant en avant son aspect « caricatural » et « non véridique ». Le journaliste Ilya Shepelin relativise quant au fait que ça permet de mettre en avant le peuple sauvant l’Europe d’une autre catastrophe. Toutefois, pour le même journaliste le fait que ça soit l’oeuvre d’« une chaîne américaine, et non russe, qui raconte le récit de nos propres héros est une source de honte que les médias pro-Kremlin ne parviennent pas à faire oublier. Et c’est la vraie raison pour laquelle ils trouvent erronée la série Chernobyl de HBO ».

Avec le succès de cette mini-série, la chaine russe NTV a commencé à faire sa série sur les événements de Tchernobyl en mettant en avant un sabotage de la centrale Lénine par la CIA. Toujours pour ce journaliste, le fait de préférer faire une série sur le complot et non pas sur la mémoire des héros est problématique et très gênant.

Enfin, cette mini-série est vraiment sublime, magnifique et très touchante. Il est important qu’elle soit vue pour comprendre ce qu’il s’est passé le jour de l’explosion car oui, le nuage de Tchernobyl ne s’est pas arrêté à nos frontières.

Theo Wyckaert

Source :

-« Chernoybl » mini-série de Craig Marzin, 5 épisodes de 60 minutes environs (2019)

– Mamytwink, « Dans les parties radioactives de Tchernobyl », Youtube, 5 juin 2019.