La zone 51 : une construction sociétale entre complots, mystères et réalités.

Septembre 2019. Malgré une large mobilisation sur les réseaux sociaux, l’assaut de la zone 51 fut un véritable flop. Alors que deux millions de personnes étaient attendues, seulement une centaine de personnes s’y est rendu. Leur but : envahir la zone 51 pour découvrir ce qu’il s’y cache. Base militaire, cette zone est le théâtre de théories conspirationnistes et de multiples théories du complot. 

Mais, que sait-on réellement de la zone 51 ? Que peut-on réellement y trouver ? 

Un peu d’histoire…

Richard M.Bissell Jr, un officier de l’agence de renseignement et d’espionnage de la CIA, est à l’origine de la création de la zone 51. Au départ, ce dernier cherchait un lieu isolé où former des pilotes et où faire des essais de vol d’avions espions. En avril 1955, lors d’une mission de reconnaissance aérienne, ce dernier repère pour la première fois le terrain abandonné, dans le désert du Nevada aux Etats-Unis, à proximité du Groom Lake. C’est donc dans ce lieu qu’il réalise son projet, près du site d’essais nucléaires.

La même année, Richard M.Bissell Jr demande alors à acquérir le terrain. Il l’obtient aisément en demandant l’accord à l’amiral Lewis Strauss, président de la Commission de l’énergie atomique (AEC). Avec l’accord du président des Etats-Unis, Eisenhower, le terrain désertique devient alors la zone 51, aussi appelé Dreamland, The Box ou encore Groom Lake. A ce terrain, s’ajoute ensuite le site d’essais nucléaires du Nevada.

Depuis 1989, de nombreuses personnes soupçonnent que cette zone soit un lieu de complots où auraient lieu des échanges entre l’armée américaine et les extra-terrestres. Cette théorie s’est rapidement répandue dans le monde entier, et à présent, cette zone est assimilée aux aliens. 

Une base militaire qui cacherait mensonges et complots…

Début juillet 1947, dans une ferme située à quelques dizaines de kilomètres de la ville de Roswell, au Nouveau-Mexique. C’est là que le fermier William “Mac” Brazel va découvrir dans son champ une sacrée quantité de débris qui seront qualifiés par l’armée comme provenant d’une « soucoupe », ce qui nous permettrait de déduire que l’armée affirme une présence « extraterrestre »  sur le sol de Roswell. 


Pour étouffer le sujet, il est décidé, que les forces de l’ordre feraient taire les curieux. Ainsi, ils dirent « qu’il n’y avait rien ici » et que « tout était sous contrôle ». Trente ans après l’incident, l’un des soldats ayant été sur le « crash » fut interrogé par Stanton Friedman, un ufologue (scientifique expert dans le domaine de l’extraterrestre et de l’OVNI). Jesse Marcel, le premier soldat arrivé sur les lieux, avoua à Stanton que sur les lieux, l’armée avait remplacé les débris, voulant étouffer les possibles soupçons d’un crash d’un OVNI. Ce fut alors, le début des théories du complot avec les publications du National Enquirer relatant l’interview de Jesse Marcel. Les propos de Jesse Marcel changèrent au cours du temps, rendant son récit plus ou moins viable selon les journalistes et scientifiques.

Mais le vrai tournant de la légende arriva lorsque Charles Berlitz et William Moore, publièrent en 1980 leur livre Roswell Incident traduit sous le nom de L’Incident de Roswell racontant toute l’histoire avec des faits et des « vérités » acquises sur 33 ans… Ils soutiennent l’idée d’une dissimulation des preuves. Ce livre alimenta les esprits et idées de l’opinion publique. Aujourd’hui, ce crash est à la base du mythe sur la zone 51.

Ce mythe se renforce dans les années 50 et fait suite aux essais d’un avion furtif. Les riverains, n’étant pas aux courants des essais militaires, pensent alors à des apparitions d’engins non identifiés nommés « ovnis » qu’ils associeront donc aux extraterrestres. Lors de la Guerre Froide, un certain Bob Lazar affirme lors de plusieurs shows à la télévision qu’il aurait travaillé en tant qu’ingénieur pour la base militaire, étudiant à ce compte des fragments d’ovnis dont un morceau appartenant à l’objet non identifié qui s’est écrasé près de Roswell en juillet 1947. Il explique ensuite que ces recherches visaient à exploiter la technologie extraterrestre qui pourrait, selon ses recherches, fournir à l’humanité un accès infini aux énergies, accès qui garantirait une victoire aux Etats-Unis face à l’URSS. Ces révélations à la télévision américaine ont permis de renforcer les théories complotistes à propos de cette zone militaire. De plus, à l’heure d’aujourd’hui, les habitants aux alentours de la zone affirment observer dans le ciel « des lumières très lumineuses » qui disparaissent soudainement ainsi que des flashs qui leur paraissent suspects.  

D’autres théories plus ou moins farfelues ont vu le jour. Certaines personnes pensent que la zone 51 servirait de laboratoire visant à créer une race hybride ; mi-humaine, mi-extraterrestre. Cette dernière serait dotée de particularités que l’on ne retrouve pas chez l’homme.  Mais ce n’est pas la seule théorie. Certains évoquent une prison militaire secrète où l’on enfermerait les extraterrestres, comme une sorte de « Guantanamo de l’escape ». Cette théorie est encore une fois appuyée par la déclaration de Bob Lazar, qui, après avoir affirmé travailler sur des restes d’ovnis, a ensuite déclaré avoir aperçu deux hommes vêtus de manteaux blancs entourant un petit être gris qu’il désigne comme étant un extraterrestre. Cependant, les propos de ce scientifique ont vite été remis en question par de nombreux journaux à la suite de ses mensonges à propos de sa formation professionnelle. Pourtant peu fiable, un autre individu a témoigné en faveur de cette thèse. Ce dernier se nommerait “Victor” et aurait lui aussi travaillé dans la zone 51. C’est lors d’une interview radiophonique datant de 1997 qu’il affirme avoir été le spectateur d’évènements paranormaux lors d’un « interrogatoire » plutôt violent. Il fournira d’ailleurs une vidéo afin d’appuyer ses propos. Celle-ci, de mauvaise qualité, semblait montrer une conversation par télépathie entre un officier humain et un pilote extraterrestre qui aurait été abattu par l’US Air Force. Enfin, l’idée d’un gouvernement mondial secret dirigé par des aliens est également appuyée. Cette théorie se base sur un document datant de 1952 et suggère un crash en 1947, soit au même moment que l’affaire ​Roswell​. Ce document raconte la création du groupe secret “majestic-12” (MJ-12). Ce groupe secret aurait négocié une rencontre entre les extraterrestres et le président des Etats-Unis de l’époque, ​Dwight Eisenhower. Selon cette théorie, ils auraient conclu un accord permettant aux extraterrestres d’étudier la morphologie et la biologie humaine par des enlèvements et des mutilations animales en échange de l’utilisation des technologies extraterrestres. 

Et pour finir… Une théorie aux arrière-plans policiers. John Fitzgerald Kennedy, assassiné le 22 novembre 1963 par Lee Harvey Oswald serait en partie un leurre. Le Président aurait, de son vivant, menacé de révéler les négociations débutées avec les extraterrestres ainsi que l’existence du groupe secret “majestic-12”.  Pour d’autres, la zone 51 serait un subterfuge. Quasiment vide, elle serait un moyen de diversion pour cacher les réelles intentions de l’armée américaine. Les technologies dites « sensibles » auraient été déplacées à la base de Dugway Proving Ground qui est aussi appelée zone 52. Cette théorie voit le jour lors d’une plainte contre l’US Air Force en 1994, après que deux employés soient morts des suites d’une surexposition aux déchets radioactifs. À la suite de cet accident, le gouvernement américain tenta de faire croire que les employés et les activités avaient été déplacés vers une autre base secrète. Le gouvernement allant même jusqu’à supprimer les images satellites de la zone 51 montrant l’agrandissement de celle-ci.

Pour quelles raisons la zone 51 connaît-elle un tel engouement sur les réseaux sociaux ?

Le fait que nous connaissions peu de choses sur cette zone laisse place à l’imagination de l’opinion publique. De nombreuses informations sont véhiculées sur internet et plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Mais ce phénomène ne date pas d’hier comme nous avons pu le voir précédemment. L’imaginaire est également collectif, et les nombreuses productions cinématographiques en témoignent, à l’instar des films Aliens de Ridley Scott paru en 1979 ou encore E.T, réalisé par Steven Spielberg en 1982. 

Repartons quelques mois en arrière. Sur Facebook, plus de 2 millions de personnes se sont dit intéressées par l’événement « Storm area 51 ». Cet événement lancé sous forme apparente d’une blague au début de l’été 2019, était prévu pour le 20 septembre. L’idée de départ consistait à envahir massivement cette fameuse zone 51, avec pour objectif de découvrir si oui ou non, l’armée américaine y cachait des choses et en particulier des extraterrestres. Fort de son succès, l’instigateur de l’évènement, craignant des sanctions, a décidé de l’annuler. Ce fut un échec. Le 20 septembre 2019, l’invasion prévue sur les réseaux sociaux n’eut pas lieu. Les #zone51 et #area51 étaient pourtant en tête des tendances sur le réseau social Twitter. Cet événement restera tout de même gravé dans les esprits vis-à-vis du succès et de la curiosité qu’il a engendré.

Avec ces multiples théories, il y a de quoi entretenir le mystère et la confusion, notamment au cœur des réseaux sociaux. Entre mystère, complots et réalités, les personnes intéressées sont intriguées par ce site, dont les vérités se font rares. Les questionnements politiques, économiques et sociaux restent sans réponses. Pour autant, ce sujet mène à réfléchir sur la question des sources et sur la véracité de ces dernières. Les témoignages, les photographies n’ont jusqu’alors montré aucune preuve tangible d’une présence d’extraterrestres dans la zone 51, base militaire américaine. A l’heure des fake news, une prise de conscience est nécessaire, et plus particulièrement en ce qui concerne les enjeux éthiques et sociétaux du Web. Quelles informations peut-on y trouver ? Sont-elles fiables et pertinentes ? Ces deux questions sont aujourd’hui sous-jacentes à notre sujet, entre complots, mystères et réalités.

Margaux Thomas et la classe 2nde 4 du Lycée Charlotte Perriand de Genech – Groupe 1 :

  • H.B
  • Elena B.V
  • Colin B.
  • Florian B.
  • Ines D.S.L
  • Léone G.
  • Leila G.
  • Myrtille H.
  • Candice K.
  • Julie L.
  • L.L
  • Calista L.
  • Solène L.
  • Thibault L.
  • Louise M.
  • Alexis