Culture Musique

CONTRE-CULTURE EN RDA : La jeunesse anti-système.

La musique, la mode, le skateboard contre-système, est-ce possible en RDA ?

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et la division de l’Allemagne entre la République Fédérale d’Allemagne et la République Démocratique allemande, se revendiquant de « démocratie populaire », on constate deux oppositions entre deux régimes : un démocratique et un autoritaire. En RFA comme en RDA, le système communiste a été vivement contesté, les habitants de l’Est « votant avec leurs pieds » pour rejoindre l’Ouest.

La contre-culture musicale : le punk

Aux États-Unis comme en Angleterre, le mouvement punk atteint son apogée à la fin des années 70 avec des groupes mythiques tels que les Ramones, avec leur album « Rocket to Russia » sorti en 1977, ou encore les Sex Pistols, avec « Never Mind the Bollocks, Here’s the Sex Pistols » sorti la même année.

Les Sex Pistols marquent entièrement cet anti-système, avec des titres protestataires comme God Save The Queen et Anarchy in the U.K où la société civile britannique, ses institutions, son ordre social, sa morale générale et la décence commune sont vivement critiqués.

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Cette rébellion contre le gouvernement et la société capitaliste, qu’on remarque également dans le titre Money de l’album « The Dark Side of The Moon » des Pink Floyd, est omniprésente dans le punk-rock. Dans un monde globalisé où les échanges entre les pays sont quotidiens, la culture punk-rock est étendue à tous les pays, comme en France avec Ludwig von 88, les Bérurier Noir ou encore Gogol Premier mais également en RDA avec la célèbre Nina Hagen, de son vrai nom Catharina Hagen.

Elle est née à Berlin-Est le 11 mars 1955. A la suite du divorce de ses parents, sa mère rencontre le poète dissident Wolf Biermann. Pour Biermann il faut lutter de l’intérieur et il refuse de quitter l’Est. Après un concert à Cologne en 1976, et sous la pression de la Stasi (service de police, d’espionnage et de renseignement), il ne peut retourner à l’Est et il est déchu de sa nationalité. Cet épisode de la vie de Nina Hagen lui fait connaitre le punk en Angleterre, lors d’un voyage. De retour en Allemagne de l’Ouest avec un groupe, le Nina Hagen Band, elle sort son premier album « Nina Hagen Band » en 1978. Un album détonateur, provoquant, avec des styles variés tels que le rock, le reggae et le punk. Certains morceaux ont énormément fait polémiques, du fait de leurs prises positions diverses telles que l’avortement ou encore du fait des paroles choquante, à connotations sexuelles, dans Pank.

 

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C’est en 1979 que sort le deuxième album de son groupe, « Unbehagen » (que l’on peut traduire par « mal à l’aise »), avant sa dissolution. Ces deux albums l’ont propulsée sur la scène internationale.

Le Style Punk : influencé par l’Angleterre

Cet exemple en est un parmi d’autres, de nombreux artistes allemands ont influencé la jeunesse allemande et surtout la jeunesse en RDA. Les adolescents se regroupent dans des caves pour jouer de la musique. Cette culture underground complexe rassemble les jeunes en manque de repères, des jeunes voulant s’émanciper de cette société communiste autoritaire. Ils cherchent à avoir leur propre style, avec des cheveux de toutes les couleurs ou encore les fameuses Doc Martens.

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Ils étaient facilement donc reconnaissables par leur style. Le gouvernement va alors organiser des ratonnades pour contrer et effacer ces personnages anti-système.

Dès 1981 la Stasi fait un rapport intéressant : le mouvement a 1 000 membres actifs et 10 000 sympathisants. La répression anti-punk atteint son apogée en 1982 et en 1983, car 250 punks sont classés comme criminels à Berlin et interdits d’entrées dans les cinémas ou restaurants. On essaie de les exclure de toute vie sociale. L’année suivante, les membres de Namenlos, les « sans noms », sont condamnés de 12 à 18 mois de prison.

La Stasi étant partout, le mouvement punk cherche refuge dans le pays, dans les églises, et ce lieu inattendu a accueilli cette culture. Reiner Eppelman a créé ce refuge du fait de son opposition au régime depuis son emprisonnement.

En 1979, il met en place les « messes-blues » où les jeunes se réunissent, chantent, lisent et débattent sur la vie politique du pays.C’est en 1986 que le gouvernement interdit ces rassemblements, en mettant en avant la diminution des bonnes relations entre l’Église et l’État.

Le skateboard : un sport contestataire et anti-système

Le documentaire de Marten Persiel sorti en 2012 « This Ain’t California » montre, à l’aide d’images d’archives, cette discipline née au États-Unis à la fin des années 50. Elle est synonyme de liberté dans un régime autoritaire extrêmement bétonné.

La place « Alexanderplatz » était, dans les années 1980, le lieu des mouvements contestataires où des jeunes passaient des journées à rider. Ce sport a démarré dans la capitale puis a progressivement atteint les villages de RDA et, comme nous le constatons, le reste du monde.

La Stasi va également se questionner sur ces jeunes et elle va les espionner dès 1985. Ce documentaire montre assez paradoxalement la vie de jeunes, sans cesse espionnés essayant simplement d’être libre en faisant la fête, en consommant de la drogue et vivant d’amour.

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Ainsi, durant la guerre froide le skate et sa mentalité, mêlé à la musique contestataire et le style punk, tentent de sauter le mur.

Wyckaert Théo

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