John Fitzgerald Kennedy : le mythe américain.

Le 22 Novembre 2017, l’Amérique se souvient. 54 ans, jour pour jour : le 22 novembre 1963, le jeune président démocrate John Fitzgerald Kennedy est assassiné à Dallas, dans de mystérieuses circonstances.

Récemment Donald Trump, 45ème président des Etats-Unis, a affirmé sa volonté de dévoiler des dossiers, jusqu’alors confidentiels, détenus par la CIA. Mais pourquoi l’histoire du 35ème Président des Etats-Unis continue de soulever les passions ?

« Les sept secondes qui ont brisé le dos du siècle américain »

-Don DeLillo, écrivain américain

John Fitzgerald Kennedy était le président de la modernité, de la nouveauté. Une figure qui savait comment être le « Président de tous les américains » en s’adressant aux minorités, à la défense des droits civiques, mais aussi à l’opposition républicaine. JFK, 3 lettres qui marquent leur temps et qui rappellent l’époque d’une Amérique en pleine effervescence, avec une société de consommation qui appréhende les rouages de la médiatisation. L’Amérique de JFK c’est aussi celle qui s’oppose aux « soviets » dans un climat de Guerre Froide.

Kennedy étonne. Il incarne une jeunesse qui atteint la Maison Blanche, l’homme issu d’une grande famille traditionnellement catholique et émigrée d’Irlande. Dans son programme politique et économique, il souhaite la modernité et le progrès. Un programme intitulé « Nouvelle Frontière » pour donner l’image d’une Amérique qui dépasse les frontières de la science, de la technologie avec la course à l’espace, mais aussi des problèmes sociétaux majeurs, typiques des années 60’s, comme la ségrégation et l’égalité entre les hommes et les femmes.

Kennedy c’est aussi l’histoire d’une famille nombreuse, où chacun cherche à atteindre les sommets du pouvoir à sa manière. La famille américaine par excellence, résultat d’une juxtaposition des notions de modernité et de tradition.  La force de la famille Kennedy fût de concilier vie privée et vie publique. Cette famille qui, au-delà du fils prodige, va être victime d’une « malédiction » par des décès continus. Les Kennedy du XXème siècle sont en quelque sorte les Atrides des temps modernes.

La force des Kennedy

A l’ère de la médiatisation, les Kennedy font leur apparition à la télévision. Jackie Kennedy est la première dame qui modernise la Maison Blanche au travers d’une émission de décoration intérieure ; John Fitzgerald est charismatique, il s’adresse directement aux Etats-Unis par le biais de cette nouvelle technologie que les américains vont progressivement faire entrer dans leur foyer.

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Les Kennedy surfent sur le progrès et la modernisation. « L’American Dream » des années 60’s commence à émerger et s’inscrire dans une tradition américaine. C’est dans cette tendance que le mythe Kennedy va prendre ses racines.

La constitution de la notion de mythe est importante autour de JFK. Il est l’exemple du politique que l’on aurait aimé voir réussir par ses idées, ses valeurs et son image. Chaque président américain tente de perpétuer cette notion de mythe. Un mythe qui ne s’éteint pas avec le temps.

« Cinquante ans après, John F. Kennedy reste dans la postérité comme il l’était dans la vie, jeune, courageux et audacieux … Il est toujours dans notre esprit, non pas parce qu’il nous a quitté si tôt, mais parce qu’il incarne le caractère du peuple qu’il a dirigé … Son idéalisme, sobre, sûr de lui, nous rappelle que le pouvoir de changer ce pays nous appartient. »

-Barack Obama, le 20 Novembre 2013.

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La puissance du mythe Kennedy est telle que, même si les circonstances de l’assassinat du 35ème président des Etats-Unis sont dévoilées au grand public, les américains ne cesseront d’alimenter tout le mystère de sa mort, participant ainsi au maintien du mythe Kennedy.

Ce leadership made in JFK est assumé au-delà des Etats-Unis, dans un contexte international particulièrement difficile, avec la victoire des américains durant la Crise des Missiles de Cuba ou encore la mise en place d’une véritable politique d’aide avec Berlin Ouest. Kennedy se place comme un véritable adversaire face à Khrouchtchev dans l’équilibre de la Terreur, alors qu’il est jugé « trop jeune » pour assurer un véritable leadership sur la scène internationale.

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Le mythe de JFK se mondialise, se perpétue par l’appropriation de son histoire, de son univers au cinéma, dans de nombreuses interprétations cinématographiques qui participent au maintien de cette notion de « mythe ».

De l’aéroport JFK à New York City, à l’avenue du Président Kennedy à Paris, « Mr Président » ne cesse d’exister à travers la perpétuation de son histoire. Malgré un long sommeil au « Arlington Cemetery » de Washington D.C, John Fitzgerald Kennedy ne cesse de réveiller le mythe des années 60’s qui, même en 2017, continue de briller dans le monde et dans les esprits.

Sarrosquy Aurélien