Qui se cache derrière ce micro de France Inter ?

Peut-être que vous connaissez sa voix, mais connaissez-vous son visage ?

« Je ne suis plus chef du service politique depuis quelques jours.»

Cette phrase de Frédéric Métézeau, ancien chef du service politique de France Inter, radio généraliste faisant partie du groupe RadioFrance, rappelle à quel point l’actualité médiatique du moment en touche plus d’un. L’intervention du journaliste à Science Po Lille, lundi dernier, se mêlait parfaitement aux changements actuels.

Une personnalité

L’annulation de la venue de Jean-Michel Apathie donne l’occasion à son remplaçant de mettre toute la lumière sur la spécifié du travail d’un journaliste radio.

Au début de la conférence, il souhaite donner sa définition du journalisme : « il s’agit de raconter et de rapporter des faits afin d’en dégager une problématique. Le commentaire et l’analyse doivent arriver en dernier. France Inter c’est du reportage, de l’actu économique, sociale, il y aussi des émissions, des édito… »

Pendant que des étudiants entrent tout juste dans l’amphithéâtre bondé et cherchent tant bien que mal une place, il souligne que le métier de journaliste évolue : « Un journaliste peut très bien passer par tous les types de médias tout au long de sa carrière. »Pourtant, ce n’est pas son cas. Il a débuté à France Bleu Nord en 2003 avant de rejoindre France Culture en 2008, pour ensuite devenir chef du service politique de France Inter de 2015 à 2018. Pour lui, c’est donc uniquement de la radio depuis ses débuts : « enfant, ma famille l’écoutait beaucoup, j’ai toujours aimé cette ambiance ».

article france inter

« Le menu politique du jour »

En tant que chef de service, il est sous la responsabilité du directeur de rédaction. A France Inter, six personnes sont chargées de l’actualité politique.

« Les journées sont finalement répétitives. Le matin je m’informe par la radio puis la presse. Ensuite je suis tenu au courant des déplacements du gouvernement. Dans le jargon c’est le ‘menu politique du jour’. A la conférence de rédaction, nous choisissons si l’on doit ou non envoyer quelqu’un sur place pour tel ou tel évènement car il y a toute la partie budgétaire à gérer. »

« Le traitement de l’information »

Au cours du débat, le journaliste insiste sur l’importance du « traitement éditorial de l’information », c’est-à-dire la recherche et la vérification de l’information. Après ça, il faut trouver un angle : « c’est un élément central ». Il prend alors un exemple pour clarifier son propos : le récent déplacement d’Emmanuel Macron au Sénégal. Va-t-on parler de la politique africaine en général ou bien de sa politique africaine ? Ou plutôt du rôle que peut jouer la première dame lors de ce genre de voyage d’Etat ? Les approches peuvent ainsi être multiples.

Il y a donc l’angle, mais le format et la durée de chaque sujet sont aussi à prendre en compte. Un reportage, une interview, une chronique…. Chaque format est plus ou moins adapté selon le type de sujet traité.

Choisir l’info. L’info dont on va parler en priorité. France Inter choisit de « ne pas faire dans le spectaculaire ». Une question essentielle se pose : « Si une info a fait le buzz a-t-elle vraiment un fond intéressant ? »

article france inter

Le traitement d’une information doit « se faire sur le long terme ». Pour illustrer cela, Métézeau rappelle que l’affaire Beaupin a été révélée par France Inter en partenariat avec Médiapart. « Dans ces cas-là, même si évidemment le journaliste a ses propres opinions, il ne doit pas réagir avec ses affects. » Il doit prendre le temps de regrouper ses infos, entendre des témoignages…

Ce travail se retrouve dans les affaires judiciaires en général. Métézeau cible ici les « pseudos experts » présents sur des plateaux de télévisions, qui « n’ont pas toujours le recul nécessaire pour commenter l’actualité, dû à cette règle de l’information en continu ». Tout cela donne lieu à une construction médiatique artificielle et à un côté amplificateur, « qui n’a pas toujours lieu d’être ».

Les questions des étudiants

Parmi les interrogations des étudiants, la question de la diversité dans les rédactions est posée. A cela, le journaliste répond qu’il est « conscient que les médias ne sont pas représentants de la société, que ce soit en matière de parité ou d’origine sociale. Mais les rédactions évoluent lentement avec, aussi, les moyens dont elles disposent ».

Le temps de parole des personnalités politiques en période électorale est également abordé : « c’est d’une absurdité sans nom. Ça voudrait dire que si j’ai interrogé un candidat 10 min 37s, je vais devoir chronométrer à la seconde près la prise de parole de mon invité suivant ? »

La situation actuelle de Radio France est ensuite abordée. Selon lui, ce genre de décision (ndlr : Mathieu Gallet a été démis de ses fonctions à Radio France par le CSA) doit être prise par un organisme indépendant, et Frédéric Métézau dénonce ici la forte ingérence du gouvernement dans cette affaire.

Vulliet Margaux

 

 

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