Ap.D Politics : Emilie Caron, membre du Campus des Idées.

Ap.D Politics est un projet mené par trois rédacteurs et rédactrices d’Ap.D Connaissances, dans le but de sensibiliser la jeunesse à la politique à travers un large panel d’interviews et de rencontres de militants de différents partis et mouvements politiques, notamment des organisations de jeunesse.

Emilie Caron est étudiante en 2ème année à l’Institut d’Etudes Politiques de Lille. Ancienne adhérente des Jeunes Républicains et présidente du groupe Rassemblement de la Droite et du Centre (RDC) au sein du Parlement des Etudiants de Lille, elle rejoint en 2017 le Campus des Idées, mouvement inédit de rassemblement des jeunes de la droite. Retour sur l’objectif de ce nouveau mouvement, puis sur son parcours politique plus personnel.

-Peux-tu nous définir le mouvement auquel tu appartiens ?

« Je n’ai pas vocation à représenter particulièrement ce mouvement dans cette interview, mais sinon Jéromine de Science Po Bordeaux et d’autres étudiants m’ont contacté, et on a décidé de former le Campus des Idées. Ça a vocation à faire autre chose que ce qui existe actuellement, à savoir l’UNI et les Jeunes Républicains, donc c’est quelque chose qui n’existait pas dans le monde universitaire. Là, il y a de plus en plus de campus qui se développent dans toutes les grandes villes et les villes moyennes de France, donc c’est partout sur le territoire. Notre idée est de créer un Campus des Idées qui rassemble vraiment la droite au-delà des divergences qu’il peut y avoir au sein de la droite française. C’est aussi pour discuter, car on manque d’instances de discussion, et pour voir les projets que les jeunes de droite peuvent mener ensemble en conservant leurs idées et leurs idéologies propres. »

-Quelles sont les valeurs que vous défendez en priorité dans ce mouvement ?

« C’est un peu compliqué car on a chacun nos idées et nos affinités politiques, mais sinon les valeurs sont bien sûr ce qu’on appelle « les valeurs de la droite » donc le travail, la liberté, la réussite, la méritocratie. C’est aussi une valeur de débat car le monde universitaire est quelque peu accaparé par certains, sans vouloir entrer dans le polémique. Donc c’est ouvrir le débat d’idées qui est le plus important. »

-Comment s’organise le fonctionnement interne de ce rassemblement ?

« Alors là c’est tout nouveau, ça fait quelques mois que ça s’est mis en route, mais sinon c’est une instance nationale avec Jéromine comme présidente et Paul Lienard (Science Po Toulouse) comme secrétaire général. Après, ça se développe au niveau local et ceux qui ont envie de se lancer et qui sont motivés dans le projet peuvent créer leur campus, et c’est ce qui s’est fait à Lille puisqu’on a quelques étudiants motivés pour incarner et parler « droite ». »

-Quels sont les moyens utilisés pour vous visibiliser au maximum, notamment auprès des jeunes ?

« C’est un peu dur de parler de moyens comme on n’a pas de moyens financiers, on est indépendant et nous ne sommes pas affiliés aux Républicains, ce qui est important de souligner -même si on a des liens évidents car on ne peut pas se passer de partis politiques actuellement- mais sinon on n’a pas de moyens financiers. Par contre on a des moyens relationnels, on a eu l’occasion d’organiser un café-débat à Paris (évènement fondateur) où tous les fondateurs et jeunes motivés et prêts à s’engager pour le Campus des Idées se sont rejoints et rencontrés. Après, on essaiera d’organiser des conférences dans chaque IEP ou université car la plupart des campus sont en universités. On veut faire voir qu’il existe une autre voie possible dans le monde universitaire. »

-Comment es-tu entrée en politique ?

« J’ai une famille assez politisée à la base, plus particulièrement mon père, donc on a toujours parlé politique dans la famille. C’est pour cela que dès mon jeune âge j’ai essayé de comprendre ce qui se passait autour de moi. Après, comment j’en suis venue à la politique ? Parce que la politique m’intéressait, la chose publique m’intéressait (si je suis à Science Po c’est pas pour rien) car pour moi c’est la chose la plus importante dans une société et c’est ce qui la fait tenir, c’est la politique et ce que font nos gouverneurs et nous-même en tant que citoyens. Sinon niveau engagement, à 16 ans je me suis engagée chez les Jeunes Républicains et j’y suis restée jusqu’aux primaires. Donc actuellement je ne suis dans aucun parti politique, à part le Campus des Idées, qui n’est pas un parti mais un mouvement de rassemblement étudiant. »

-Ta ligne idéologique est-elle restée la même ou a-t-elle connu des changements, et a-t-elle vocation à changer à l’avenir ?

« Elle a connu des changements, la politique ça n’est pas une science. Mais quand on lit, quand on va à l’école par exemple, on apprend des choses et on se dit « ah ben tiens, est-ce que ce que je pensais est réalisable ou est-ce juste une utopie et dans les faits je défends quelque chose qui ne sera pas vrai ? » Du coup ça a changé par rapport à ça, j’ai appris à mêler savoir et politique car parfois la politique n’est pas vérité scientifique, elle ne l’est pas d’ailleurs. Sinon, ce qui fait changer aussi sont des personnages politiques, qui font changer d’avis quand on accroche à leur programme, à leurs idées et ce fut le cas pour moi lors des primaires de la droite. »

-Pour quelles raisons as-tu décidé de rejoindre ce mouvement en particulier ?

« Déjà je connaissais l’un des fondateurs, ce qui a beaucoup joué. Ensuite je trouvais l’idée novatrice, c’est pour cela que je la défends plutôt ardemment car c’est quelque chose qui n’existait pas et j’avais envie de me lancer dans un projet qui puisse justement nous permettre d’avoir notre mot à dire et de faire entendre notre voix en réfléchissant ensemble à une droite raisonnée. »

Quels sont les sujets qui te semblent les plus prioritaires dans la conjoncture politique actuelle ?

« Pour moi le plus important est la participation des citoyens à la démocratie, faire du citoyen un citoyen encore plus averti, sachant prendre du recul avec la situation politique. Après mes thèmes de prédilection sont la sécurité, le marché du travail mais avant tout je pense que le thème principal et notre point commun, c’est la France et tout ce qui va dans le bon sens pour la France et pour une France dynamique, jeune, nouvelle. »

-Selon toi, que signifie « être jeune » en politique ?

« En fait on peut dire que nous, en tant qu’étudiants qui réussissons plus ou moins les études, on est un peu des cas à part car tous les jeunes ne s’engagent pas en politique, et on est peut-être une minorité à s’engager. Mais c’est important que les jeunes s’engagent car je pense qu’ils sont une force de projets, ce sont souvent les jeunes qui sont à l’origine de start-up, d’entreprises novatrices et dynamiques et autres. Donc je pense que les jeunes ont un rôle à jouer et les politiques gouvernementales devraient encore plus aller dans ce sens car la jeunesse, c’est la population de demain, les français d’aujourd’hui et de demain donc c’est ça qui est important si on veut aller loin. »

-Quel message pour la jeunesse ?

« De la part du Campus des Idées, rejoignez-nous pour débattre. Sinon engagez-vous, ce qui sera le slogan de tout le monde, mais il faut une jeunesse engagée en France. »

Interview réalisée le mercredi 7 mars 2018 à Lille.

Ozdemir Biken, Sarrosquy Aurélien, Gilot Claudie

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