Paul Watson et Sea Shepherd.

L’océan fascine l’humanité depuis la nuit des temps, et l’Homme ne peut s’empêcher de le regarder avec ambition. Nombreux sont les films ou récits qui traitent ce sujet : Les dents de la mer de Steven Spielberg, ou encore Moby Dick de Herman Melville. Cette biodiversité marine reste néanmoins fragile, et aujourd’hui plus que jamais menacée. La chasse intensive, la construction détruisant les fonds marins ou encore le réchauffement climatique, rien de tout cela n’épargne le monde marin. C’est pour agir et préserver cette biodiversité que Paul Watson et l’association Sea Shepherd agissent depuis plusieurs décennies.

Paul Watson, un pirate en exil

Paul Watson, né en 1950, est connu pour son militantisme écologique, et son combat pour le monde animal prend racine dans son enfance. En effet, durant sa jeunesse, il prend en filature les trappeurs et détruit leurs pièges pour préserver la faune locale. Amoureux de la mer, il s’engage en 1968 dans les garde-côtes canadiens, et l’année suivante il rejoint la marine marchande à bord d’un navire battant le pavillon norvégien.

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C’est cette même année, en 1969, que son combat pour l’écologie prend naissance. Il devient un opposant actif face aux essais nucléaires prévus sur l’île Amchitka, au large de l’Alaska. Les activistes présents lors de cette manifestation décident par la suite de former un groupe, devenant le Greenpeace que l’on connait actuellement. Paul Watson fut ainsi l’un des premiers militant de cette nouvelle organisation écologique.

Il navigue sur des navires de Greenpeace jusqu’au milieu des années 1970. Selon le New Yorker et le New York Times, Paul Watson serait l’un des membres fondateurs de Greenpeace, mais l’organisation a démenti cette affirmation, déclarant qu’il a « joué un rôle marquant dès les débuts de Greenpeace, mais que, contrairement à ce qui est parfois relayé dans les médias, il ne fait pas partie des membres fondateurs ». Dans son for intérieur, Paul Watson reste persuadé que seules des actions directes et coup de poing peuvent faire réfléchir le monde sur la nécessaire sauvegarde de la planète. Mais sa philosophie est à contre-courant des valeurs de l’association Greenpeace, ce qui lui vaudra d’être exclu de l’organisation en 1977.

Malgré cette exclusion, Paul Watson n’a pas dit son dernier mot et compte encore défendre l’environnement pendant de nombreuses années. Il décide alors de fonder l’année la Sea Shepherd Conservation Society l’année même de son exclusion.

Par la force de ses convictions, les batailles qu’il mène lui valent des ennuis judiciaires avec plusieurs pays tels que les Etats-Unis, la Norvège, le Canada ou encore le Japon. Son combat pour protéger l’environnement ne se livre pas uniquement en mer, mais également dans la sphère politique. En 1980, il est candidat aux élections fédérales du Canada, et malgré sa large défaite il décide de poursuivre son travail politique. Il travaillera de nombreuses années en collaboration avec le parti vert (parti idéologiquement écologiste) en espérant le faire triompher lors des élections municipales.

Malgré les combats menés depuis de nombreuses années et les distinctions lui ayant été décernées par la presse, notamment par le Times qui le désignera comme « l’un des héros écologistes du XXème siècle », Paul Watson est un pirate en exil.

Après avoir été à plusieurs reprises signalé par Interpol, emprisonné et menacé d’extradition, cet écologiste dans l’âme n’a jamais décidé de jeter l’ancre. Entre l’année 2012 et 2013, il passe quinze mois en haute mer pour éviter la justice, et en revenant sur la terre ferme il comparaîtra devant la justice américaine. Pour autant, les Etats-Unis décident de ne pas l’arrêter, mais son choix de quitter le pays sera précipité pour un nouvel eldorado la France.

Paul Watson est également une icône ; le groupe de musique Tryo lui a d’ailleurs consacré une chanson, traitant de sa vie et de son militantisme.

La Sea Shepherd Conservation Society

La Sea Shepherd Conservation Society, connue plus couramment sous le nom Sea Shepherd est une association ayant pour mission la protection des écosystèmes maritimes.

Cette association voit le jour en 1977 par la volonté de Paul Watson, comme nous l’avons vu précédemment.

De nos jours, le champ d’action de Sea Shepherd a considérablement augmenté. On les retrouve dans diverses luttes telles que la fin de la chasse aux dauphins et à la baleine du côté du Japon, la lutte contre la chasse aux phoques du côté du Canada, ou encore la lutte contre la chasse aux thons rouges en mer Méditerranée.

Pour assurer ses différentes missions, l’organisation dispose d’un budget avoisinant les 20 millions de dollars, provenant essentiellement de donations. Pour augmenter son budget et développer ses actions, l’organisation mise également sur la communication en alimentant les réseaux sociaux de documents montrant les actions en cours ou achevés.

Pendant plusieurs années, Sea Shepherd a mené diverses campagnes dénommées « Opération Léviathan » ou encore « Opération Sola Stella », chaque opération mobilisant un dispositif important avec des bateaux, drones et dans certains cas, des hélicoptères.

Depuis 2007, l’association connait une autre dimension ; elle dispose désormais d’une émission de télé-réalité. Surnommée « Justiciers des mers », cette émission suit les actions de l’organisation menées en temps réel. La navigation, la vie à bord, mais également les scènes d’abordage ou de pression vis-à-vis des navires ne respectant les normes internationales, tout y est montré. Consacré au départ sur une opération de lutte contre la chasse à la baleine, l’émission traite par la suite de l’ensemble des actions menées.

Même si en août 2017 l’association Sea Shepherd annonce qu’elle limitera ses actions de lutte contre la chasse à la baleine pour se concentrer sur d’autres missions, la protection de la biodiversité marine et la lutte contre le braconnage ne sont toujours pas terminées. Les combats de Paul Watson ont encore beaucoup de temps devant eux, avant que le monde ne prenne conscience que la disparition d’une espèce entraine des répercutions en chaine, touchant à un moment ou un autre la population.

Renart Hugo