Société Sport

La face cachée des Jeux Olympiques.

Les Jeux Olympiques de PyeongChang 2018 se sont terminées il y a quelques mois,  emportant avec eux leur lot d’émotions. En effet, le record des jeux d’hiver de Sotchi 2014 de 15 médailles est égalé côté français, notamment avec les 5 titres qui ont permis à la Marseillaise de retentir en Corée du Sud ainsi que la performance incroyable de Martin Fourcade, qui devient le sportif français le plus titré au Jeux Olympiques, été et hiver confondus. Les Jeux Paralympiques représentent quant à eux une véritable prouesse côté tricolore, avec 20 médailles dont 7 en or (mieux qu’en 2014) et notamment de très belles histoires, comme celle de Marie Bochet qui remporte le titre sur slalom debout, le seul qui lui manquait ; ou encore Frédéric François, doyen de la délégation française à 41 ans, qui remporte deux médailles de bronze et une médaille d’argent pour les derniers Jeux de sa carrière.

Seulement voilà, après la fête des Jeux vient le moment de faire les comptes et l’histoire nous prouve qu’il y a matière à s’inquiéter.

Les Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang 2018 en Corée du Sud ont finalement coûté la bagatelle de 10,5 milliards d’euros, et avec la création de toutes ces installations magnifiques on peut se demander ce que ce site olympique va devenir. En effet, les sites olympiques ont la triste réputation de tomber en ruine et d’être totalement laissés à l’abandon une fois les 2 mois de fête terminés. Prenons pour exemple les Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi en 2014, avec leur budget record de 37 milliards d’euros : aujourd’hui la ville s’est transformée en ville fantôme.

pord

Mais alors qu’en est-il du reste des pays hôtes ? Est-ce un cas isolé ? L’histoire se répètera-t-elle en Corée du Sud ?

Seul l’avenir nous le dira, bien qu’une information soit d’ores et déjà inquiétante : le stade olympique de PyeongChang, qui a coûté 37 millions d’euros, sera démonté directement après les Jeux Paralympiques après avoir servi seulement quatre fois, pour les cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques et des Jeux Paralympiques. Certains pourront déplorer cette sous-utilisation d’une si belle infrastructure et un prix relativement élevé pour une utilisation plus que modeste, ce à quoi nous répondrons qu’il s’agit d’un événement très particulier qui n’a lieu qu’une fois tous les quatre ans et où le monde entier a les yeux rivés sur le pays hôte, les installations et les infrastructures devant donc être parfaites et impressionnantes.

Pour ce qui est du reste des villes ayant accueillis les Jeux, on retrouve bien trop souvent ce qui est arrivé la ville de Sotchi. En effet, plusieurs exemples viennent en tête, notamment avec les villes d’Athènes (Jeux Olympiques d’été 2004), de Turin (Jeux Olympiques d’hiver 2006), de Pékin (Jeux Olympiques d’été 2008) ou encore plus récemment de Rio (Jeux Olympiques d’été 2016) lorsqu’il s’agit de montrer ces infrastructures délabrées et abandonnées.

Voici les images du stade olympique d’Athènes abandonné ou encore d’une piscine du village olympique devenue une maison pour les grenouilles ainsi que du parcours de kayak :

kik

Une image du village olympique de Turin en 2006 devenu un véritable lieu désert.

hhhh

Maintenant voici le parcours de canoë olympique de Pékin « Dream », l’entrée de ce complexe de canoë et l’enceinte réservée au beach volley durant ces Jeux de 2008.


gggg

Pour finir voici le mythique stade du Maracaña à Rio, aujourd’hui fermé au public, qui a servi pour l’ouverture des Jeux Olympiques de 2016 et pour la finale de l’épreuve de football notamment. En dessous, la piscine olympique maintenant remplie de vase et de boue dans un stade délabré.

oooo

Voici alors un visage bien morne, qui contraste avec toute la vie et les couleurs qui ont un jour habité ces lieux. Mais ne soyez pas trop triste, car certains sites olympiques ont assez bien réussi la reconversion de leurs infrastructures.

Abordons maintenant le sujet de ces sites qui ont plutôt bien géré l’après JO, et plus particulièrement Londres après ses Jeux de 2012 et Vancouver après ceux de 2010.

Tout d’abord, Londres s’est voulue être un modèle pour le futur dans le recyclage de ses infrastructures, afin de ne pas délaisser ces monuments comme beaucoup de ses prédécesseurs. La London Legacy Development Corporation œuvre pour redonner une vie à toutes ces enceintes olympiques une fois la folie des Jeux terminée.

Ici, nous pouvons voir le stade olympique de Londres, devenu depuis 2016 le terrain des joueurs du club de West Ham, la piscine olympique, dont la taille a été réduite, qui se renouvelle et qui a notamment accueilli les Championnat d’Europe de natation en 2016 ou encore la « Copper Box » qui servait de terrain d’Handball durant les Jeux, qui accueille maintenant des entrainements et des compétitions de sport en salle et dont une partie a même été laissée à l’utilisation collective.

nnnn

En clair, même si certains lieux ont été démontés, la majorité de ces endroits a su retrouver une deuxième jeunesse, et ce en partie grâce à la London Legacy Development Corporation.

Enfin, lorsqu’on parle de reconversion réussie on ne peut pas passer à côté de ce qu’a fait la ville de Vancouver après avoir accueilli les Jeux Olympiques d’hiver en 2010. En effet, la 2010 Legacies Now, association à but non lucratif, a vu le jour au lendemain des Jeux et a notamment permis aux jeunes de découvrir les sports d’hiver, œuvrant ainsi à la pérennité de l’esprit des Jeux. Un mouvement qui a aussi entrainé un soulèvement de fonds pour initier la jeunesse aborigène au sport. D’ailleurs la société FutureBrand a classé le Canada en tête des pays ayant eu les effets les plus positifs après l’accueil des Jeux. Pour finir, John Furlong (Président des Jeux d’hiver de 2010) a déclaré : « À notre avis, tous ceux qui ont fait l’expérience des Jeux Olympiques et Paralympiques de Vancouver 2010 savent d’emblée que leur impact sera durable et positif. »

Pour conclure, il faut espérer que les prochains Jeux, successivement à Tokyo, Pékin et Paris, sauront tirer profit de ces belles preuves de recyclage que nous offrent notamment les villes de Londres et Vancouver, pour faire en sorte que la fête des Jeux Olympiques ne s’arrête pas après la cérémonie de clôture.

Ducasse-Barreyre  Adrien

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s