Bientôt la fin du business de la fourrure ?

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source :https://www.30millionsdamis.fr

 

Une victoire pour les défenseurs des animaux, et pas des moindres. Ce vendredi 07 Septembre 2018, alors que la Fashion Week de Londres se prépare, le British Fashion Council a annoncé qu’il n’y aurait pas de fourrures d’origine animale sur le podium. Une première pour cet événement de mode international.

Surprenant certes, mais surtout réjouissant, et en particulier pour les manifestants qui sont passés du nombre de 25 en 2016 à plus de 250 lors de la dernière Fashion Week de la capitale londonienne. En passant par des slogans tels que «Vous avez du sang sur vos mains! » ou encore en criant à la honte de l’événement, les défenseurs du droit animal ont tout essayé. Ils avaient demandé à bannir les marques utilisant de la fourrure animale. Cette décision à été prise suite à la réalisation d’un sondage auprès de stylistes décrétant ne plus vouloir utiliser de vraie fourrure. Un changement non pas seulement éthique mais également culturel.

Il est incontestable que la mutation culturelle de ces dernières années (tendance de vie saine, sensibilisation au bien-être animal, l’influence du véganisme) entraîne le déclin de l’utilisation de la fourrure. Stella McCartney en est le reflet : militante de la cause animale et végétarienne, la styliste anglaise impose à sa marque ni cuir, ni fourrure, ni plumes. De plus, on ne peut ignorer toutes les associations grandissantes, ainsi que la mobilisation de plus en plus forte autour de la cause. A l’instar de la Fur free Alliance qui se bat contre l’élevage et la mort des animaux au profit de l’industrie de la fourrure, ou encore la Humane Society International, force dirigeante pour la protection des animaux.

Quelles sont les réelles motivations de cet engagement ?

Il est vrai que beaucoup de marques se détachent de la fourrure et prônent le respect de l’animal. L’engagement des grandes marques comme Gucci, Jimmy Choo, Michael Kors ou encore Versace a été d’une grande influence pour le reste des stylistes qui leur ont emboîté le pas. Le dernier engament en date est celui de Donna Karan. Mais selon Philippe Beaulieu, le président de la Fédération française des métiers de la fourrure, ce changement soudain serait synonyme « d’hypocrisie », et une simple opération marketing qui profiterait de la tendance culturelle du moment.

D’autres spécialistes de la mode excluent la théorie de l’éthique et justifie l’abandon de la fourrure par des raisons économiques. En effet, celle-ci ne serait qu’une minime partie de la production pour beaucoup de maisons, par exemple pour Gucci, les produits en fourrure représenteraient que 0,16% du chiffre d’affaire de la marque.

Alors éthique ? Culture ? Opération marketing ou économie ? La réponse demeure vague. Toutefois, malgré que l’Europe soit un des plus gros producteurs de fourrure sur le marché international, beaucoup de pays ont arrêté leur production : l’Autriche, la Croatie, le Luxembourg, la Slovénie, la ville de Bruxelles, la Bosnie, la Suisse, la Suède, la Grande Bretagne et récemment —une grande victoire— la Norvège. Pour quelques autres, la fermeture des élevages est en cours et devrait être définitive en 2024.

Tandis que certains évoluent, d’autres n’hésitent pas à produire en masse:

Focus sur un grand producteur peu moral.

Malheureusement, certains pays se sentent bien moins concernés par la cause animale et en particulier la Chine. Elle représente à elle seule environ 25% de la production mondiale de fourrure et risquerait d’ailleurs d’augmenter sa production. En effet, depuis une dizaine d’années la Chine à saisi ce marché et le développe de façon impressionnante, entre 2005 et 2009, celle-ci à d’ailleurs multiplié son chiffre de production par 6.

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source : http://causeanimale.eklablog.fr

De plus, le pays est bien loin de l’éthique concernant les conditions d’abattages, comme l’avaient prouvé des enquêteurs d’EAST international et de la Protection Suisse des Animaux lors de leur « visite » des lieux d’élevage à Hebei en Chine. Des lieux non-réglementés sur leurs pratiques, évidemment interdits aux visiteurs, les résultats sont sans surprise : lieux insalubres, animaux torturés, peaux arrachées à vif et bien d’autres pratiques tout aussi effrayantes. Enfin, et la situation est pour le moins ubuesque ; en Chine la fausse fourrure revient plus chère à produire que la vraie. En effet, les conditions des fermes d’élevages sont pour le moins inhospitalières et ne coûtent quasiment rien aux producteurs. Les animaux sont entassés dans des cages, et parfois même volés à des particuliers pour leurs fourrures.

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source : http://forum.paysreel-et-courtoisie.fr/

Malgré les pressions internationales, les conditions de vie des animaux ne s’améliorent pas. D’autant plus que la demande de fourrure, elle, reste importante et conduit donc au développement de grands élevages dans des pays où les réglementations sont minimes voir inexistantes. Cependant, la Chine est loin d’être la seule fautive ! Car soulignons-le, le 15 mai 2015, l’Union Européenne a rejeté la proposition visant l’interdiction d’importer sur son territoire des peaux de lapin et de la fourrure d’angora en provenance de Chine pour des raisons économiques (pertes trop importantes…).

Concluons et méditons sur les mots de Gaston Bachelard : « La conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire. L’Homme est une création du désir, et pas une création du besoin »

Voici le lien de la « liste verte » permettant de voir les marques n’utilisant pas de la fourrure et son contraire la « liste rouge » avec les enseignes qui en utilisent toujours ;

https://www.mode-sans-fourrure.com/voir-la-liste-verte

https://www.mode-sans-fourrure.com/liste-rouge

Mahina VIGNON