International Lille Tattoo Convention : le rendez-vous des peaux encrées à ne pas rater

Pour la 4ème année consécutive, s’est tenue la Convention Internationale du Tatouage à Lille. Cette dernière a eu lieu du vendredi 25 au dimanche 27 janvier. Plus qu’un simple salon, c’est un réel événement centré autour du tatouage avec plus de 350 tatoueurs de tout horizon (France, Belgique, Italie, Allemagne, Angleterre, Pays Bas ou encore Russie) mais aussi d’un point de vue artistique :  old school, néo-traditionnel, minimaliste ou encore traditionnel thaïlandais et bien d’autres encore.

On retrouve aussi de nombreuses boutiques en tout genre (vêtements, livres, bijoux, etc) mais aussi une programmation complète sur ces 3 jours pour faire découvrir l’univers du tatouage (mais pas que) comme des expositions, spectacles de BMX, concerts ou encore battle de tatouage. Cette année encore la convention aura accueilli plus de 18 000 tatoués et curieux en tout genre.

Ces événements de grandes ampleurs permettent d’ouvrir le milieu du tatouage, souvent enfermé dans des stéréotypes, à un public plus diversifié. C’est à travers les différents stands que les visiteurs peuvent déambuler, s’informer auprès des tatoueurs, passer sous les aiguilles ou tout simplement assister aux concours de tatouage comme le Best of day où, dans la soirée, deux groupes de tatoueurs sont départagés sur un tatouage fait sur scène durant la journée.

J’ai pu aller à la rencontre d’une jeune tatoueuse venant du bout de la France, Océane Razowskin qui a pu m’éclairer sur son parcours professionnel et sur les obstacles à dépasser en tant que femme dans le monde du tatouage.

Depuis quand exercez-vous le métier de tatoueuse ?

Océane : Ça va faire 3 ans le 1er avril.

Quel a été votre parcours pour devenir tatoueuse ?

J’ai commencé à m’intéresser au tattoo quand ma sœur s’est fait tatouer chez David (Salon David Tattoo), j’avais 14 ans. En même temps, je cherchais un stage de 3ème et du coup, ma sœur m’a demandé « Pourquoi tu ne le ferais pas là-bas ? » et c’est comme ça que j’ai commencé à m’intéresser au métier du tattoo. J’ai fait mon premier stage d’observation à 14 ans. Ensuite, j’ai fait un stage l’année d’après. Au lycée, j’ai décidé de m’orienter en arts appliqués et après le lycée, je suis partie 2 ans dans une école d’art à Lyon.

Vous avez pu ensuite ouvrir votre propre salon ?

J’ai commencé chez David et je suis toujours chez David. On est 7 à tatouer là-bas.

Sinon plus personnellement, votre entourage a-t-il eu du mal à accepter vos tatouages ou votre métier ?

Non, parce que ça fait depuis 14 ans que je leur en parle, ils ont compris que ce n’était pas juste une lubie. En plus, mon père voulait faire du tennis en professionnel et ses parents n’ont jamais voulu, donc le fait que je trouve une voie artistique, je crois que ça lui plaisait bien. J’ai vraiment eu un entourage qui m’a encouragée à fond.

On voit énormément d’hommes dans le monde du tatouage et est-ce qu’en tant que femme cela a été simple de se faire sa place dans ce milieu ?

Il faut juste passer outre. C’est un milieu un peu « macho » mais moins qu’avant quand même, je suis dans une bonne génération pour le tattoo, il n’y a pas trop de problème mais ça reste quand même un peu macho donc c’est sûr que si tu n’aimes pas les blagues misogynes, ça va être compliqué de passer une journée sans te prendre la tête avec les tatoueurs. Il faut garder son objectif, qui est de faire des tattoo et de ne pas s’embêter avec les mecs. Il y a beaucoup de femmes qui se servent de leur corps pour faire des tattoo, elles sont prises dans des shops, font des conventions, etc mais c’est vraiment le mauvais plan. Mon patron m’a toujours dit « Il faut te faire connaître pour ton dessin, pas pour ton cul. », je pense que ça résume bien la chose. Après, c’est malheureux de devoir en arriver là mais ce n’est pas à cause des femmes mais c’est à cause des mecs. Le milieu se féminise de plus en plus et d’ailleurs, la clientèle est de plus en plus féminine. Et je pense que c’est l’un des rares métiers où quand tu es une femme tu ne gagnes pas moins qu’un homme. On est tous indépendants, la hiérarchie reste présente mais c’est la même que tu sois homme ou femme.

Et si vous avez malheureusement raté la convention du tatouage de Lille vous pouvez toujours la retrouver l’année prochaine pour sa 5ème édition du 31 janvier au 2 février ou alors vous rendre au Lille Tattoo Festival les 4 et 5 mai prochain !


Océane Pirot