Le grand palais se met au rouge

À première vue, l’art communiste ne nous dit pas grand-chose, à part peut-être les monumentales affiches de propagandes vues dans les livres d’Histoire en 3ème. Mais avec l’exposition Rouge. Art et utopie au pays des Soviets, on découvre que l’art communiste, c’est bien plus que ça. Du 20 mars au 1er juillet 2019, au Grand Palais à Paris, vous pouvez découvrir plus de 400 œuvres racontant l’URSS de la révolution d’Octobre 1917 à la mort de Staline en 1953. Alors, à vos plus beaux vêtements rouges et suivez le guide !

La visite commence par les bouleversements artistiques et sociétaux produits par la révolution d’Octobre 1917. Les constructivistes, ou « artistes de gauche », ont redéfini leur perception de l’art en abandonnant les formes classiques d’expression comme la peinture pour se concentrer sur un art plus industriel. Théâtre, sculpture, les constructivistes rivalisent d’imagination pour plonger le spectateur dans une expérimentation unique du nouveau quotidien socialiste. Cette transformation artistique fait aussi écho au plan de propagande par l’art monumental, voulu par Lénine en 1918, afin de célébrer les figures importantes de la nouvelle société socialiste. On voit ainsi une version du monumental de Boris Korolev (ci-dessous) détruit car jugée trop future et pas assez conforme aux goûts de l’époque.

On découvre également la Société des artistes de chevalet (OST), fondée en 1925 qui regroupe une nouvelle génération d’artistes de gauche qui reprennent la peinture en incorporant des thèmes industriels. Les oeuvres ont un esthétisme particulier, mettant en place des figures monumentales avec des traits plutôt simples.

L’exposition continue avec les œuvres sous Staline, après la mort de Lénine en 1924. Dissolution des groupes artistiques et mise en place du « réalisme socialiste », l’Union Soviétique prend alors un virage artistique résonnant avec la politique de l’État. Le réalisme socialiste dépeint un avenir fantasmé avec des formes monumentales.

Mais à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, il prend un autre tournant, menant l’art soviétique dans une dimension dépassée et désuète. Le pouvoir est glorifié à l’extrême et l’Histoire réécrite pour rester dans le contrôle de l’État ; L’art soviétique ne reprendra des couleurs qu’avec le dégel de Khrouchtchev.

Rouge. Art et utopie au pays des Soviets
Jusqu’au 1er juillet au Grand Palais à Paris
https://www.grandpalais.fr/fr/evenement/rouge

Anaïs Lefebvre