Eldorado, une parade haute en couleurs !

Des milliers de personnes se sont déplacées à Lille ce samedi afin d’assister à la parade de Lille 3000 sur le thème « Eldorado » lié au Mexique !  La parade avait été reportée d’une semaine à la suite d’une météo capricieuse.

Du centre commercial d’Euralille jusqu’au champ de Mars, les rues lilloises étaient remplies de familles, et groupes d’amis qui avaient fait le déplacement. Après plusieurs minutes d’attente, une statue de taureau aux mille couleurs débouche au coin de la rue, près de la gare. Derrière lui, un char portant un squelette, aux vêtements féminins, un large chapeau sur la tête. Il s’agit de « la Catrina », figure majeure de la fête des morts mexicaine. Lorsque l’on lève les yeux, un serpent volant de plusieurs mètres de long atteint le haut des immeubles. « Maman, il va nous manger ! » s’écrit un enfant, alors que sa mère reste bouche bée, impressionnée par la structure.

  • Une parade axée sur la fête des morts

L’ouverture de cette nouvelle édition de Lille 3000 a fait vivre aux Lillois la traditionnelle fête des morts mexicaine. Des crânes colorés partout, des squelettes même sous les énormes tortues gonflables et des chars aux musiques variées et entraînantes. Au milieu de la rue Faidherbe, entre ces alebrijes géants, ont défilé aussi bien des sculptures de taureaux, de colibris que des chars de danseurs ou de personnes s’essayant à la lutte mexicaine.

Les calaveras, ces têtes de mort immenses et colorées sont emblématiques de la Fête des morts et sont généralement recouverts de poèmes ou dessins à destination des personnes défuntes.

Au Mexique, la fête des morts ou « Día de Muertos » est une tradition dont l’origine remonte aux civilisations aztèques. Alors qu’en France, la Toussaint est plutôt triste, au Mexique, fêter les morts se doit d’être festif ! A cette occasion, les Mexicains se rendent dans les cimetières pour nettoyer les tombes, y déposer des bougies, chanter, danser et lancer des pétales de fleurs au sol. Alejandro, Mexicain résidant en France depuis quatre ans nous explique « Selon la tradition, il faut que ça soit la fleur Cempasúchil. C’est une fleur orange qui d’après la croyance, guide les morts aux autels depuis le monde des morts. ». En effet, les Mexicains confectionnent également des autels à l’égérie de la personne défunte, « l’autel est la destination du mort, qui reviendra dans notre monde pour passer une nuit par an avec sa famille et ses amis vivants » nous raconte encore Alejandro. Aux enfants, on donne des bonbons en forme de crâne tandis qu’aux adultes se réservent la tequila !

La Santa Muerte ou Sainte Morte, symbole de la Mort, reconnaissable par ses vêtements de mariée sur un char.

De leur côté, chanteurs, danseurs et musiciens locaux ont participé à la cérémonie – dont la plupart de manière bénévole. Au son de la musique espagnole, des maracas, et sous les confettis, tout y était pour entrer dans la danse…ce que certains ont fait, se mêlant aux danseurs à la suite du cortège.

Au Mexique, si la fête des morts est très ancienne, les parades sont assez récentes. Le magazine de cinéma Première raconte dans un article datant de 2016 que la ville de Mexico s’est inspirée de la cortège… du film James Bond Spectre sorti en novembre 2015 pour organiser sa première parade !

Maracas et cornes de taureaux, les danseurs suivent le rythme.
  • Malgré l’attente, la parade ravit petits et grands

Si beaucoup se sont plaint d’une parade qui peinait à démarrer, notamment rue nationale où de nombreux spectateurs n’ont pas vu le premier char avant 20h30, le résultat a été à la hauteur de leur attente.

Les spectateurs ont apprécié la créativité dont les organisateurs et participants ont fait preuve.

Mais ce qui a le plus marqué les esprits samedi, c’est cet énorme lustre soutenu par une grue sur la Grand Place. Si l’on y regardait de plus près, nous pouvions observer des joueurs de tambours. A la nuit tombée, des flammes se sont échappées d’au-dessus de leur tête, tandis que le lustre se posait presque en couronne autour de la Déesse de Lille.

La Déesse de Lille s’illumine sous les flammes et les tambours.
Crédit photo : Twitter @NSLille

La soirée s’est finie sur un feu d’artifice au Champ de Mars, alors que les plus courageux ont continué à danser dans les rues de Lille au son des différents DJs présents.

Anne Crochon