[TRIBUNE] Copies du bac retenues, les bacheliers pris en otage par la contestation des professeurs

Depuis plusieurs jours, des syndicats ainsi que des professeurs de différentes académies appellent à la grève afin de montrer leur hostilité envers l’imminente réforme du bac mise en place par Jean Michel Blanquer. 126 000 élèves seraient concernés. En outre, cette crise à l’intérieur de l’Education Nationale dépeint également des enseignants soucieux d’avoir de meilleures conditions de travail. Toutefois, les élèves et les parents d’élèves affichent leur volonté d’avoir les résultats à la date butoir du 5 juillet. Retour sur cet épisode qui pourrait faire l’objet de sanctions disciplinaires voire financières.

La tribune n’a pas pour objet de critiquer le fondement des revendications qui sont pour la majorité légitimes, mais le moyen de les exprimer. En effet, si la réforme du bac était loin de faire l’unanimité chez le corps enseignant, la perspective de ne pas corriger l’examen était quelque peu inattendue. Cependant, si la volonté d’instaurer un bras de fer avec monsieur Blanquer est réelle, il est dommageable que ce soit les élèves qui en paient le prix.

Le jour des résultats est pour beaucoup d’élèves le symbole de la transition entre adolescent et adulte. L’obtention du baccalauréat est synonyme d’inscription dans des écoles ou à l’université. C’est un véritable passeport qui officialise l’entrée dans les filières choisies sur Parcoursup.

Dans le cas où la rétention des notes s’applique, le ministre de l’Education nationale a récemment confié qu’il faudrait prendre en compte le contrôle continu pour noter les lycéens. Néanmoins, si   les copies sont corrigées ultérieurement, la meilleure note obtenue entre ce dernier et le résultat au bac serait retenue.

Cette confession du ministre a fait couler beaucoup d’encre et a sidéré bon nombre d’enseignants qui évoquent assez justement une inégalité de traitements et de conditions. Cependant, l’ironie du sort est la suivante : l’importance accordée au contrôle continu dans la réforme du bac a été fustigée, mais c’est cette méthode de notation qui est finalement retenue pour pallier les résultats manquants. Cette issue de secours est envisagée du fait de l’imbroglio causé par ces professeurs refusant de corriger les copies. Vouloir installer un rapport de force est une chose, mettre de l’huile sur le feu et ne pas améliorer l’état des choses en est une autre.

D’une part, il sera intéressant de voir la marge de manœuvre dont dispose le ministère face aux différents problèmes à régler dans les prochains jours. Des recours devant le Conseil d’Etat pourraient être engagés en cas de contrôle continu. D’autre part, les professeurs grévistes sont passibles de blâmes suite à leur refus. Toutes ces interrogations trouveront leurs réponses dans les prochains jours.

Pour conclure cet article, je tiens à rappeler que les professeurs visés sont minoritaires du fait de la proportion assez faible des copies concernées par ces grèves. Procéder à un amalgame serait intellectuellement malhonnête.

Sources : https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/07/04/la-parade-de-jean-michel-blanquer-contre-la-greve-des-notes-au-bac_5485275_3224.html

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/cote-d-or/dijon/greve-correcteurs-du-bac-syndicats-enseignants-maintiennent-pression-1694082.html

Milan Busignies