L’Afrique, continent du 21ème siècle ?

Le continent africain attire aujourd’hui les investisseurs du monde entier grâce à ses nombreuses ressources naturelles et sa capacité de développement très importante pour les prochaines années. Mais les « vieux démons » de l’Afrique persistent toujours aujourd’hui et les solutions tardent à se mettre en place…

L’Afrique meurtrie du XVème siècle au début du XXème siècle

Dès le début du 16ème siècle, l’Afrique subit une traite occidentale massive concentrée sur la côte atlantique à destination des plantations d’Amérique, entreprise dès 1500 et qui prendra fin au milieu du 19ème siècle. Ce phénomène historique a concerné près de 14 millions d’individus. En retard, bousculée, appauvrie et impuissante, l’Afrique devient au 19ème siècle, une proie facile pour les colonisateurs européens. Ainsi, en 1885, le congrès de Berlin, réunissant les principales puissances d’Europe, organise un partage territorial du continent. La France et l’Angleterre, suivies du Portugal, de l’Allemagne, de l’Italie, puis de la Belgique s’attribuent la souveraineté d’immenses territoires et l’assujettissement de populations entières. Ainsi, la traite négrière a largement contribué à tuer la croissance et le développement de l’Afrique.

Néanmoins, après la seconde guerre mondiale, le continent africain obtient peu à peu son indépendance. Mais la tutelle coloniale laisse beaucoup de pays africains sans aucune préparation face aux responsabilités nouvelles et sans moyen d’assurer l’indépendance. Les guerres civiles et les coups d’Etat apparaissent alors et ne font que plonger un peu plus l’Afrique dans sa marginalité. 

ésultat de recherche d'images pour "colonisation en Afrique"
Colonisation européenne de l’Afrique

Une croissance entachée par des problèmes liés aux institutions politiques, à la santé et à l’éducation

L’Afrique possède aujourd’hui de nombreux atouts pour devenir le continent du 21ème siècle. Mais des problèmes profonds persistent encore et ralentissent le développement. 

  • Le continent africain affiche aujourd’hui le taux de croissance le plus élevé du monde avec une progression annuelle de 2,7 %.
ésultat de recherche d'images pour "chiffre sur Afrique"
Schéma du top 10 des pays africains en taux de croissance du PIB en 2018

Sa population qui a dépassé le milliard d’habitants en 2012 devrait doubler d’ici 2040. Le Nigéria par exemple, avait une population de 43 millions d’habitants en 1960 et en 2012, sa population atteignait les 143 millions d’habitants. Cela entraîne une hausse importante de la main d’œuvre mais elle est souvent très peu qualifiée car l’’éducation est marginale en Afrique (200 millions d’analphabètes). Par exemple au Mali, 1 enfants sur 3 seulement finit l’école primaire et 20% seulement des enfants en moyenne ont un diplôme du secondaire au sud du Sahara. Cela entraîne un exile massif des Africains vers d’autres continents avec près de 40 millions d’entre eux qui l’ont délaissé. Mais l’espoir est aujourd’hui permis car si l’Afrique venait à corriger son système éducatif, cela pourrait définitivement permettre au continent « d’exploser » puisque sa population est très jeune avec 50% de moins de 18 ans. 

Encore faudrait-il résoudre un des problèmes majeurs de l’Afrique : la santé. Aujourd’hui, la principale cause de décès chez l’adulte en Afrique reste le VIH/Sida qui continue à dévaster la région. 60% des Africains vivent avec le VIH, ce qui représente une part trop importante de la population.

ésultat de recherche d'images pour "chiffre sur Afrique"

La pneumonie et les maladies diarrhéiques sont aussi la cause d’un nombre très importants de morts prématurées. Le Paludisme touche également fortement le continent avec 90% des cas qui touchent des Africains. Des investissements plus importants dans le personnel de santé et les hôpitaux sont nécessaires pour accroître l’accès à la santé en Afrique. En moyenne, il n’y a que 2 médecins et 15,5 lits d’hôpital pour 10 000 personnes. A cause de tous ces problèmes sanitaires, l’espérance de vie en Afrique est une des plus faibles au monde : 53 ans. 

Les institutions politiques empêchent également le continent d’entrer dans une période de développement et de croissance durable car le système politique n’est pas intègre et inclusif. Le rapport de Transparency international publié en 2018 confirme ce constat. L’ONG classe chaque pays selon une note allant de 0 (fortement corrompu) à 100 (très peu corrompu) et la moyenne africaine se situe à 32, contre 43 au niveau mondial. Et c’est d’autant plus inquiétant que, comme le souligne Transparency International, « la corruption est un facteur qui contribue à la crise de la démocratie », produisant « un cercle vicieux en sapant les institutions démocratiques ».

ésultat de recherche d'images pour "rapport transparency international 2018"

L’Afrique apparaît effectivement comme la « région du monde la plus affectée par les luttes armées ou les crises politiques porteuses de germes de guerre1 ». Tel que l’on peut le voir dans la carte suivante, un nombre impressionnant de pays africains ont été touchés par une forme ou une autre de conflit entre les premières indépendances et le début des années 1990.

arte 5.1. Cartographie des principaux types de conflits en Afrique

Le continent africain : de nombreuses richesses qui attirent les investisseurs

La principale influence en Afrique aujourd’hui reste la Chine qui achète des matières premières africaines, vend des produits de consommations (smartphones installés en Afrique grâce à la Chine) et délocalise ses industries en Afrique. L’Afrique est devenue une zone attirant les investissements directs étrangers (IDE), lesquels ont quintuplés entre 2000 et 2012. 

mage associée

Une économie solide, une population jeune appelée à doubler d’ici 2050 et des ressources naturelles colossales, les entreprises et les Etats du monde entier n’y sont pas étrangers et rivalisent depuis des années pour se positionner sur le vaste continent. 

  • Un continent encore rural

L’Afrique est le continent le plus rural de la planète : 60% de sa population vit à la campagne. Cependant, c’est aussi celui où l’urbanisation progresse le plus vite : son taux a été multiplié par 9 entre 1950 et 2000 et 50% des Africains seront des urbains en 2030. Pour ce faire, les besoins en infrastructures sont évalués à 90 milliards de $. 

  • Une population jeune

L’Afrique dispose également d’une population jeune avec 41% de sa population qui a moins de 15 ans. Cette notion est fondamentale et constitue un véritable atout pour développer le continent. En effet, si la jeunesse est bien formée, la main d’œuvre pourrait devenir une redoutable combinaison entre un effet qualitatif et quantitatif puisque 1,1 milliards d’Africains auront l’âge de travailler en 2040. 

  • Des ressources naturelles multiples

L’Afrique possède des ressources naturelles considérables qui feront sans doute d’elle un des continents référents dans ce domaine au 21ème siècle. Elle possède un réel potentiel forestier, des métaux non ferreux ou rares comme le cobalt dont elle possède 60% des réserves mondiales. Le continent africain est par la même occasion riche en gaz et en pétrole (11% de la production mondiale). Enfin 60% des réserves de terres cultivables mondiales sont en Afrique. 

mage associée

  • Une économie portée par le numérique

Les grandes firmes du numérique telles que Microsoft, Google ou Orange y sont déjà implantées, la Chine y est très active. L’Afrique est en 2019 un terrain d’investissement remarquable pour les entreprises du numérique qui voit en elle un très gros potentiel. L’intégration par les technologies de l’information et de la communication (TIC) est vertigineuse : l’Afrique est devenue le 2ème marché mondial pour la téléphonie mobile avec 750 millions d’abonnés fin 2012 et le nombre de smartphones est en train d’exploser : 600 millions en Afrique.

Malgré des problèmes socio-économiques encore trop importants en 2019 pour pouvoir se développer sereinement, l’Afrique dispose de nombreux outils pour devenir un puissant continent au 21ème siècle et enfin s’installer comme un véritable décideur sur le plan international. 


Adrien Chapiron