Partir à Rome, c’est voyager dans le temps

Rome la ville éternelle. Partir à Rome, c’est plonger directement dans l’histoire de cette ville, c’est rencontrer une autre culture et une autre religion.  Avant de vous parler de la religion romaine et de sa présence dans Rome, il faut d’abord définir ce qu’est la religion romaine. Différente des autres religions, elle ne possède pas de livres sacrés, il n’y a pas d’orthodoxie et pas de dogmes. La religion romaine se fonde essentiellement sur la bonne pratique des rites. C’est une religion qui différencie la pratique de la croyance. De plus, il y a des différences sociales : les étrangers, les esclaves, les femmes et les citoyens ne pratiquent pas de la même façon la religion ; chaque communauté religieuse appartient à une catégorie sociale. Il est donc plus correct de parler des religions romaines que de la religion romaine.
À Rome, la religion est présente à chaque coin de rue. Si vous avez déjà visité cette ville, ou qu’elle est prévue dans votre to do list de voyages, vous pourrez remarquer que les vestiges des temples sont visibles absolument partout, ils sont ce qu’il y a de plus visibles de ce qu’il reste de cette religion. En dehors de ces vestiges, il y a à Rome d’autres lieux où la religion s’exerçait comme le cirque, le Colisée ou les thermes de Caracalla pour ne citer que ces trois exemples. Votre visite à Rome vous oblige à passer par le forum romain, lieu qui aujourd’hui vous transporte directement au cœur de la vie romaine. 

Les vestales

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Maison des vestales sur le forum romain

Sur le Forum romain, vous ne pouvez pas manquer ce qui reste du temple des vestales et de leur maison. Prêtresses vierges qui maintenaient la bonne entente (pax deorum)  entre les dieux et les hommes et qui entretenaient le feu du foyer de Vesta. Les vestales sont responsables des cérémonies publiques, du sacra et elles font partie du collège pontifical. Pour devenir vestale, plusieurs conditions devaient être remplies. Les candidates devaient avoir entre six et dix ans et ne pas avoir de défauts physiques, ses parents devaient être vivants, ses parents et elle-même devaient être de condition libre.  Cependant, au fil du temps le choix de la future prêtresse évolue, notamment avec la loi Papia (lex Papia) durant les derniers siècles de la République, elle est tirée au sort à partir d’une liste contenant vingt noms, choisie par le pontifex maximus. Sous l’Empire, une nouvelle règle apparaît, car les candidates sont de moins en moins nombreuses. Le pontifex maximus présente une ou deux candidates au Sénat.  Le statut de prêtresse de Vesta apporte un nouveau statut juridique. En effet, la vestale n’est plus sous la tutelle de son père, elle est donc libre de mener ses affaires. De plus, elle dispose avec ce statut particulier du droit d’héritier de transmettre des biens, ce qui est une différence majeure avec les autres femmes. 

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Inscription honorifique rendant hommage à la prêtresse Flavia Publica

Le temple de Castor et Pollux

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Le temple de Castor et Pollux était dédié aux fils jumeaux de Jupiter. En plein cœur du forum romain, vous ne pouvez pas manquer ces trois colonnes, de style grec, qui, aujourd’hui en ruines, surplombent le forum. Castor et Pollux sont aussi appelés les Dioscures. Ils étaient très importants à Rome, car ils auraient participé avec la cavalerie romaine à la bataille du lac Regillus en 499 av. notre ère. Ainsi,  le 15 juillet de chaque année était organisée en l’honneur de ces dieux, une parade devant le temple. En 1536, le pape Paul III demanda à Michel Ange d’aménager la place du Capitole. Les statues de Castor et Pollux furent placées après restauration tout en haut de la place du Capitole, elles sont des copies des statues qui étaient présentent dans le cirque Flaminius. 

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Statues de Castor et Pollux sur la place du Capitole

Les jeux

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Vestiges du circus maximus

En dehors des temples, la religion s’exerçait aussi dans la vie politique. Les jeux du cirque permettaient aux magistrats en place d’honorer les divinités. Les spectacles étaient votifs et liés à des victoires, puis ils devinrent permanents. Pour honorer les dieux il y avait des courses de chars, des cavaliers voltigeurs (desultores) et à partir du IIème siècle av. notre ère, il y avait aussi des courses à pied, des concours de lutte et de pugilat. Sous l’Empire, apparaîssent des concours spécifiques (les agones) soient gymniques, poétiques et hippiques. Le concours le plus connu est celui que crée Domitien en l’honneur de Jupiter capitolin où un stade fut construit pour cette occasion sous l’actuelle place Navone. Au contraire, les combats de gladiateurs n’avaient pas de rapport avec la religion, ils ne célébraient aucun culte et n’avaient pas de rapport avec les sacrifices. Ils étaient au départ prévus pour les funérailles en jeux privés, puis devinrent plus populaires au fil du temps. 

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Le Colisée


Anne-Laure Querré

Bibliographie

Scheid, John. La religion des Romains. 3e édition revue et augmentée. Cursus. Malakoff: Armand Colin, 2017.

Van haeperen Françoise. À propos de recherches récentes sur les vestales. In: L’antiquité classique, Tome 77, 2008. pp. 309-319.

http://www.1oeuvre-1histoire.com/dioscures.html