Rentrée littéraire : le business du livre

Tous les ans, fin août/début septembre, les livres font leur rentrée en même temps que le reste des Français. La fin des vacances et des livres de détente sur la plage signent le commencement d’une autre forme de littérature, plus intellectuelle, mais souvent décriée. Qu’est-ce que la rentrée littéraire ? Retour sur un phénomène qui exaspère autant qu’il fascine.

À partir du 15 août, on n’en finit plus d’entendre parler de cette rentrée littéraire. “Focus sur le dernier Laurent Binet”, “rien de passionnant pour cette rentrée littéraire” ou encore des articles qui vous dirigent vers les “pépites” à ne surtout pas manquer. La rentrée littéraire est avant tout un événement marketing pour les maisons d’édition. C’est le moment de l’année où leurs choix éditoriaux sont mis en valeur et où l’un de leurs auteurs va peut-être remporter le fameux prix Goncourt. La plupart des prix littéraires sont en effet décernés pendant l’automne et piochent généralement dans la cuvée de cette fameuse rentrée. Cette année, ce ne sont pas moins de 500 romans dont presque 200 traduits qui entrent en compétition dès la fin de l’été pour remporter les sésames des prix littéraires.

La rentrée littéraire est donc l’occasion de profiter d’un engouement commercial pour les livres, surtout quelques mois avant la période de Noël. Un livre qui a beaucoup fait parler de lui en septembre a des chances de se retrouver emballé sous le sapin. 

Certains auteurs s’offrent également un bon coup de pub à cette occasion, à l’instar de Yann Moix, dont le livre “Orléans” fait beaucoup parler depuis quelques semaines et arrivera certainement dans le top des ventes. La polémique a toujours fait vendre…

La rentrée littéraire met en avant des livres en format broché. Rares sont les gros lecteurs qui préfèrent les brochés aux poches et cela pour plusieurs raisons. Lire beaucoup représente un budget et un livre de poche est en moyenne moitié moins cher qu’un broché. Deuxième raison, plus pratique cette fois : un livre de poche prend moins de place dans une bibliothèque. Mais alors, à qui s’adresse la rentrée littéraire si ce n’est pas à un public averti et dévoreur de PAL (comprenez “pile à lire”) ? 

La rentrée littéraire cible essentiellement des lecteurs ponctuels, qui lisent de temps à autre et qui sont attirés par le nom célèbre d’un homme politique qui fait des confidences ou par celui d’un acteur qui se lance dans le style romanesque. Parfois aussi, on rencontre dans les librairies des lecteurs un peu vantards qui ne peuvent s’empêcher de se targuer d’avoir “déjà” lu le dernier Nothomb. Pour finir, la rentrée littéraire s’adresse aussi et surtout aux lecteurs qui n’apprécient pas forcément les romans et qui préfèrent les autobiographies, les études introspectives, les romans d’apprentissage et autres styles un peu particuliers qui sortent de la norme du roman à proprement parler.

Et vous, qu’allez-vous lire pendant les prochains mois ?

Ludivine PASCUAL