La merveille du Ness

Les origines du légendaire “Nessiteras rhombopteryx”  (“merveille du Ness à la nageoire en forme de diamant” en grec), nom proposé par le naturaliste Sir Peter Scott, remontent au VIe siècle.

Le fameux monstre apparaît au cours de l’année 565, dans le gigantesque Loch Ness, lac d’eau douce des Highlands, en Écosse. 

Et c’est un moine irlandais, alors en mission d’évangélisation, qui lui a fait face pour la première fois. Toujours selon la légende, il est parvenu à le repousser grâce à un simple signe de croix. 

Manifestement terrorisée par l’homme d’église, la bête ne ressortira des flots que 1369 années plus tard, une apparition qui sera immortalisée par le médecin londonien Robert Wilson, puis relatée dans la presse anglaise via le Daily Mail. Mais c’est un canular : le monstre représenté sur la photo du docteur est un jouet en plastique…

Des décennies après, malgré l’aveu de Wilson et la découverte de la blague, la course aux témoignages continue, et ne semble pas prête de s’arrêter ! 

 Le monde y croit : la “merveille du Ness” existe, les preuves sont là.

Nous sommes donc allés enquêter par nous-mêmes, sur le terrain, pour Ap.D Connaissances…

S’enfonçant à plus de 200 m de profondeur, le Loch Ness est intimidant. Et très froid. Un monstre pourrait tout à fait se cacher dans ces eaux troubles.

Lorsque nous arrivons sur la berge, au début de notre investigation, une étrange caravane colorée attire notre attention : un panneau, au-dessus, affiche “NessieHunter.com ».

Steve Feltham en est l’heureux propriétaire. Passionné du monstre depuis l’enfance, il a laissé tomber la routine et sa paisible vie de famille pour gagner les berges du lac, en 1991. 

Depuis, il n’a pas bougé. Il observe, il scrute le lac armé de puissantes jumelles, et il attend “Nessie”. Nous n’avons malheureusement pas eu la chance de l’aborder lors de notre visite en juillet, trop occupé qu’il fût à tourner un documentaire avec une équipe télé dans sa caravane.

Pour gagner sa vie, il réalise des petites figurines du monstre en pâte à modeler, et il les vend aux nombreux touristes qui, chaque année, se rassemblent autour du lac de 56,4 km2

Partout en effet, nous croisons des Bed & Breakfasts, des magasins de souvenirs, des expositions… Dans les boutiques, Nessie se vend en peluche toutes tailles, porte-clés, mugs, bières, chapeaux, T-shirts…

La zone du Loch Ness est, évidemment, très touristique. Des bateaux-promenade proposent même aux estivants de sonder le lac avec des caméras sous-marines, pour quelques dizaines d’euros !

Mais le cadre n’en reste pas moins sauvage et magnifique, et propice à nous faire apercevoir quelques monstres méconnus au milieu de l’eau calme.

Justement, en tant que journaliste/enquêteur/touriste, nous nous rendons vers le “Loch Ness Exhibition Center”, dans l’imprononçable ville de Drumnadrochit, pour poursuivre nos recherches. 

À travers les salles d’exposition, les nombreuses animations et films proposés, le mythe du monstre du Loch Ness est décortiqué. Les (très) nombreux témoignages déconstruits. Les rares images du fabuleux animal ont bien souvent une explication….

Et si, en fait, le monstre n’était qu’un bout de bois, ou bien un phoque ? Et si les vagues qu’il créait en montant à la surface résultaient en fait du mouvement de bateaux ? Et si les bulles mystérieuses aperçues n’étaient que gaz produits par des morceaux d’arbres en décomposition ?

Il est important de préciser que de multiples projets de recherches ont été imaginés par les scientifiques, pour parvenir à distinguer le vrai du faux. 

À quinze reprises, de 1954 à 1972, des expéditions au sonar (un appareil de détection sous-marine, qui utilise les ondes sonores et qui permet le repérage, la localisation, voir l’identification d’objets immergés) ont en effet été mises en place. 

Huit d’entre elles ont été qualifiées de “positives”… Un écho étrange proviendrait en effet du mystérieux lac.

En sortant du centre d’exposition, l’histoire naturelle du Loch et de ses profondeurs n’ont plus de secrets pour nous. Nous décidons, lecteurs, de conclure l’enquête en affirmant que le Monstre du Loch Ness existe. La bête fabuleuse est simplement timide.

Alors, est-ce un plésiosaure du Jurassique, un serpent géant, un gros esturgeon ? Mystère de la crypto-zoologie, libre à vous de croire ou pas en Nessie. 

Et si ce court rapport vous laisse perplexe, allez tout de même faire un tour dans les Highlands.

Car même sans son célèbre monstre, l’Écosse renferme bien d’autres richesses, et est la terre de nombreux autres légendes…

“Nessie m’a permis de vivre cette vie glorieuse, et je suis la preuve vivante qu’il est possible de suivre ses rêves […]. Ce n’est pas la durée de la vie qui est importante […]. C’est la quantité d’aventures que l’on peut vivre dans une année donnée. C’est ce qui compte”.

Steve Feltham, pour le magazine Scottish Field.

Clara Bousquet

Liens utiles :

http://www.nessiehunter.co.uk/

https://www.scottishfield.co.uk/travel/scotland-travel/meet-the-man-whos-on-the-hunt-for-nessie