Lettre à ma douce Bologne

Chère Bologne,

J’ai décidé de t’écrire une lettre, car je reviens de quelques jours passés en ton sein. Quelle ville magnifique tu es ! On te surnomme la Datta (la savante), la Rossa (la rouge) et la Grassa (la grasse), je peux dire que tu portes bien tes surnoms. Savante tu l’es, car c’est ici que la première université est apparue, rouge tu l’es par la couleur de tes maisons et de tes bâtiments, et grasse par ta nourriture. Ville savante, tu as vu ta première université créée en 1088 avec pour devise Petrus ubique pater legum Bononia mater (Saint Pierre est partout le père des lois, Bologne en est la mère). L’université atteint son apogée au début du XIIIe siècle. Tu accueilles beaucoup d’étudiants et pour les loger les bâtiments doivent être agrandis, ce qui donne naissance aux portiques. Ils te définissent, car dans chaque rue ils sont là, abritant les piétons de la pluie et donnant un peu d’ombre en été. À l’université on enseigne le droit, mais aussi la médecine, la philosophie, l’arithmétique, l’astronomie, la grammaire, le grec, l’hébreu et bien sûr la théologie.

Chaque rue nous fait traverser un peu de ton histoire, c’est à la piazza Maggiore, dans ton cœur historique que l’on peut voir les siècles de ton histoire s’entrechoquer. La fontaine de Neptune rencontre le monument aux morts de la Seconde Guerre mondiale avec les visages des milliers de personnes qui sont mortes. Ta cathédrale domine cette place où les habitants se rejoignent et où les touristes sont nombreux. Ton histoire est comme de nombreuses villes d’Italie, marquée par le Risorgimiento.  Période qui a vu la péninsule italienne s’unir pour former l’Italie. Les noms des grands acteurs de cette unification résonnent dans les rues où s’élèvent leurs statues. Si l’on descend par la via Ugo Bassi, on arrive directement vers les deux tours, qui sont aussi un de tes symboles. Tours jumelles et véritable emblème, les tours Asinelli et Garisenda s’élèvent respectivement à 97.2 et 48 mètres de hauteur. Aujourd’hui on peut seulement gravir les 498 marches de la tour Asinelli qui nous offre une vue imprenable sur ta beauté.

Les tours Asinelli (à droite) et Garisenda (à gauche) et la vue depuis la tour Asinelli.

Parlons de la nourriture, celle qui a fait toute ta réputation. La région dans laquelle tu te situes, l’Émilie-Romagne, est une région reconnue comme le ventre de l’Italie. La piadina, un mélange entre la pizza et la crêpe, chaude ou froide et avec des ingrédients de toutes sortes aussi bien sucrés que salés, est un vrai régal. Les tagliatelles al ragnu, un délice qui constitue un plat emblématique. On trouve aussi du vin, des glaces, du vinaigre balsamique, de l’huile d’olive et bien évidemment du fromage.

Malgré toutes tes qualités tu restes moins connue que Florence, Rome ou Venise, tu as pourtant un charme qui n’appartient qu’à toi, et comme le dit le proverbe : « Rome la sainte, Bologne la docte, Gènes la superbe, Florence la belle, Venise la riche. » Tu mérites ta place parmi les grandes villes d’Italie. Tu es souvent sous-estimée et même parfois inconnue, mais tu n’as pas à rougir de ça, car tu n’en es que plus adorable.

Au plaisir de revenir te voir,

Avec tout mon amour.

Anne-Laure Querré. 

La petite Venise, via Piella .