International Politique

Les veines ouvertes du Venezuela.

Dans son livre « La fabrication de l’ennemi », Pierre Conesa décrit les métabolismes géopolitiques et géoéconomiques qui ont découlé après la chute de l’URSS, meilleur ennemi possible dans la stabilité d’un monde en bipolarisation. Après la chute de l’URSS, les États-Unis se retrouvent sans ennemi et sans idéologie contraire, Francis Fukuyama un politologue américain  publie un essai majeur de la fin du XX siècle  » La fin de l’Histoire » où il fait l’éloge et le triomphe du modèle américain. Cependant, cette chute entraîne également des vagues de protestations contre le modèle américain décennie après décennie notamment en Amérique Latine où de nombreux pays durant la guerre froide ont adoptés la politique des  » non-alignés » ou soutenu l’URSS. De par son analyse, on peut donc mieux appréhender l’importance de l’Amérique latine dans l’économie du monde, la stabilité mondiale et notamment l’importance stratégique pour les Etats-Unis.

« Nous allons vous rendre le pire des services, nous allons vous priver d’ennemi ! » Arbatov , 1989, conseiller diplomatique de Gorbatchev.

Les veines de l’Amérique Latine n’ont eu de cesse de se briser, de se ressouder, dispersant durant la fin du XX siècle et le début du XXI siècle des multitudes d’idéaux et de visions. Continent de feu, bouillonnement intellectuel et laboratoire des gauches, le sous-continent latin, dans son développement économique, politique, et culturel, doit faire face au géant Étasunien qui garde jalousement un œil sur les actions des pays latins.

Depuis des mois, le Venezuela est au centre des informations et des fantasmes qui, pour certains y voient une nouvelle dictature communiste / fasciste à combattre, et pour d’autres le salut politique qui conduira au lendemain joyeux de toute une espérance. Cependant, pour comprendre la crise actuelle, il nous faut revenir sur l’histoire récente du Venezuela et également sur la géopolitique entre Amérique latine et USA.

18679af0f2ec323b84df8e301032ebd5.jpg

Un peu d’histoire d’Amérique latine

Dès la fin du XV siècle, l’Amérique Latine a été source de multiples intérêts pour les peuples d’Europe et d’Asie, qui voyaient dans ces terres des sources de profits gigantesques tant sur le plan économique que sur le plan politique et personnel. En effet, la rivalité exacerbée entre le royaume d’Espagne et le royaume du Portugal donna le signal de ce décloisonnement du monde ( théorie de Tzvetan Todorov) , permettant ainsi la découverte de ce nouveau continent au nom du prestige d’un royaume, d’une couronne, d’une puissance. Pendant des siècles, les colons européens ont donc modifié et domestiqué la physionomie de l’Amérique du Sud, asservissant les peuples, tuant les rois, détruisant les empires ancestraux et prenant les cœurs des femmes, comme fit Cortez et la Malinche pour détruire l’empire Aztèque.

3cb09219046c75f76af1ef6f088dcf3b
Cortès et la Malinche face à Montezuma II

Ce sous-continent, jusqu’au XIX siècle, se trouve donc sous domination Européenne et notamment sous le joug de l’empire Espagnol. Il faut attendre 1808 pour qu’une grande révolte indépendantiste, sans doute poussée par l’expérience de la révolution française et de la révolution des treize colonies Étasuniennes, pour voir le début des processus d’indépendances des pays latins d’Amérique. Simon Bolivar, un général et homme d’État Vénézuélien accompagné de l’Argentin José de San Martin et du chilien Bernado O’Higgins, entament le processus d’indépendance des colonies latines qui, en 1825, s’achève et se consolide. Cependant, en 1898, un événement nouveau et capital va signer de nouveau la mise sous tutelle des pays latins. En effet, l’intervention des États-Unis pour délivrer Cuba de l’hégémonie Espagnole donne lieu en 1902 à l’amendement Platt, autorisant les Etats-Unis à agir à Cuba si cela s’avère nécessaire, marquant alors la domination de l’Amérique du Nord sur l’Amérique du sud.
Bien que cet amendement marque les débuts de la politique extérieure interventionnisme en Amérique Latine, c’est après la seconde guerre mondiale et avec la posture mondiale qu’obtiennent les États-Unis que cette domination sur le Sud va être la plus violente et marquante.

Arturo_Michelena_54
Simon Bolivar

On peut identifier trois phases chronologiques significatives dans le développement du sous-continent latin dans la seconde partie du XX siècle :

La phase une de 1960 à 1970

La doctrine Monroe et la destinée manifeste dominent la politique extérieure des États-Unis.
Durant cette période, il y a beaucoup de mouvements populaires, notamment au Chili avec l’élection d’Allende qui nationalise les mines de cuivres et, avec l’aide du congrès, exproprie les grands propriétaires de terres qui sont pour la plupart des clients des États-Unis ou des américains ayant des relations dans les hautes sphères du pouvoir. De plus, Allende nationalise les banques, les usines et les secteurs clés de l’économie du pays tout en adoptant la posture des non-alignés durant la guerre froide et aidant Cuba dans son développement.
Au Pérou, en Équateur, en Bolivie et au Mexique, de forts mouvements populaires ont également lieux et des présidents comme Omar Torrijos et Jaime Roldos Aguilera sont élus pour leur politique allant contre les intérêts américains. Les États-Unis y voient alors une menace directe sur leur économie et leurs intérêts ainsi qu’une menace imaginaire mais bien venue d’une invasion communiste dans ces pays contestataires. En effet, les États-Unis ne veulent pas voir une invasion rouge sur le sous-continent latin qui représente son arrière garde et sa réserve d’énergie.

La deuxième phase de 1970 à 1990

C’est celle de la renaissance du pouvoir des USA et de l’ingérence Américaine. Cette ingérence trouve notamment naissance dans les succursales des institutions américaines. La CIA, depuis les années 1950, a trouvé un moyen efficace et muet de faire plier tout gouvernement allant contre ses intérêts propres, les assassins économiques (John Perkins, Confession d’un assassin économique + Le livre noir de la CIA de Yvonnick Denoel). En effet, Mossadegh menace, en Iran, l’économie américaine en voulant nationaliser le pétrole et les secteurs énergétiques clés. La CIA envoie donc un représentant, Karmelt Roosevelt pour corrompre Mossadegh. Finalement il n’y arrive pas mais réussi à monter un coup d’État violent en payant des insurgés pour provoquer la destitution de Mossadegh. Depuis, la CIA a amélioré ce système par le bais de prêts, de dettes que les pays en voie de développement prennent, ne pouvant jamais s’en débarrasser et subissant alors la pression des États-Unis.

Durant cette période, les coups d’États se multiplient avec une efficacité redoutable, bien aidés par les multinationales et certains journaux qui font aller l’opinion publique dans le sens de ces ingérences. Par exemple, le Brésil en 1964, l’invasion de la république dominicaine en 1965, la prise de pouvoir des militaires en 1971 en Bolivie, le coup d’État en Uruguay en 1972-1973, au Chili en 1973 avec le renversement d’Allende et la dictature de Pinochet, et en 1976 en Argentine avec la mise en place de la dictature de Videla. Dans chacun de ces coups d’États, dans toutes ces révoltes, la CIA aide financièrement, matériellement ou physiquement les insurgés. Le but n’est pas forcément idéologique, même si le mirage de la peur du rouge est ressorti à chaque fois, mais ce sont des questions économiques et d’intérêts politiques qui poussent la CIA et Washington à soutenir des coups d’États et des gouvernements souvent fascistes et dictatoriaux, avec qui ils peuvent maintenir leurs intérêts et les corrompre facilement.
Par ce biais, Washington remet donc en place son hégémonie ainsi que les liens étroits qu’elle a avec les grands propriétaires de terres sur le continent. En contrepartie, la CIA et Washington financent et protègent les nouvelles dictatures par le biais d’accès aux prêts facilités auprès de la Banque Mondiale et du FMI pour des réalisations douteuses et des études de développement biaisés par les assassins économiques. Les nouveaux régimes dictatoriaux dénationalisent alors l’économie, abolissent en partie les législations sociales et inversent le programme de redistribution des terres.
De plus, le libre-échange et les investissements étrangers massifs rachètent les firmes publiques ou privées faisant alors une dérégulation de l’économie donnant lieu à une croissance d’afflux facile reposant sur des capitaux spéculatifs. Mais surtout, les investissements étrangers dans les secteurs clés de l’énergie empêchent les pays latins de mener une autre politique que celle dictée par le consensus de Washington, ratifié après la chute de l’URSS.

Comme une ombre gigantesque, le ciel de l’Amérique Latine se retrouve recouvert de tentacules qui, partant du ciel, viennent se planter dans le riche sol latin.

La troisième phase de 1990-2000

Cette dernière phase est celle de l’âge d’or de la domination américaine. La chute du mur de Berlin et la fin de la bipolarisation du monde engendre le rétablissement et l’extension de l’empire américain et de son ingérence. Les nouveaux mouvements anti-dictatures se retrouvent souvent subordonnés à des politiques en adéquation avec le libéralisme et la politique de Washington, favorisant les banques et les conglomérats où amitiés entre politique, patron et Washington n’est qu’un lieu commun.
Cette période marque la plus grosse vague de monopoles publics passant aux mains de privés ainsi qu’une forte corruption et connivence durant les années 1990-2000 avec Washington mais également avec Bruxelles, expliquant ainsi les répercussions sociales, politiques et économiques de l’histoire immédiate latine.

Mais c’est également dans ces années que naît un espoir populaire en Amérique latine et où naît le dossier du Venezuela. En 1998, Hugo Chavez est élu président du Venezuela et avec lui naît un rapport de force violent entre le Chavisme et les États-Unis.
Cet âge d’or américain est donc à nuancer. Bien qu’il entraine une libéralisation extrême, des privatisations, des intérêts banquiers et miliaires énormes ainsi qu’une forte emprise des capitaux étrangers notamment américains, tout cela contribue à l’émergence d’une contestation et d’une politisation d’une mouvance altermondialiste fortement hostile à l’ingérence américaine et au « fascisme financier ».

« Lorsqu’on s’aperçoit que la politique qui est menée par tel ou tel État, notamment par le nôtre propre, ne va pas vers la justice, vers la juste distribution des richesses alors la colère vient »Stephane Hessel

moneda
Palais présidentiel de la Moneda au Chili bombardé le 11 septembre 1973 par l’armée insurgé et les États-Unis. Symbole de l’ingérence américaine.

Le Processus Bolivarien

Durant la fin du XX siècle, le néolibéralisme provoque un ralentissement de la croissance économique et un ralentissement des indicateurs sociaux, en Amérique latine comme dans la majorité des pays à bas et moyens revenus, du fait de la concentration des richesses et de la non-redistribution de ces dernières. ( Rapport de 2005 de Weisbrot et Al sur le développement des pays du tiers monde)

C’est au donc Venezuela qu’eurent lieues les premières explosions sociales contre le néolibéralisme, dont la conséquence directe est l’élection d’Hugo Chavez qui a la volonté de combattre le libéralisme sauvage et de construire un capitalisme humain, « une troisième voie vénézuélienne ».
Cependant, si Chavez trouve un fort écho au sein des classes populaires et de la nouvelle classe moyenne qui émerge au fur et à mesure de sa politique, les classes les plus aisées qui détiennent les capitaux sont extrêmement hostiles à sa politique et ce dès son arrivée au pouvoir. En effet, la grande bourgeoisie, les clients des États-Unis et Washington n’ont jamais reconnu et accepté l’élection d’Hugo Chavez. Celui-ci radicalise alors le processus bolivarien face aux réactions de l’opposition, ne parvenant donc pas à transcender son peuple autour de son objectif national comme il le souhaitait.
En 2005, lors d’une élocution publique, Chavez rejette le capitalisme et annonce sa volonté de créer le socialisme du XXI siècle.

Chavez, dans son processus bolivarien, met au cœur de sa politique la démocratie participative, qui est différente de la libérale qui est une démocratie représentative et de bipartisme.
Par exemple, il tient au processus constituant pour refonder le pays et remplacer la quatrième république par la cinquième république, en mettant le peuple au cœur de l’action politique. Chavez fait cela dès 1998, par le biais d’un décret proposant un référendum consultatif pour savoir si oui ou non il devait convoquer une assemblée nationale constituante. La Cour Suprême de justice avalisa la consultation et ce malgré la forte opposition de la grande classe bourgeoise et de la vieille classe politique. Chavez y obtient 87.75 %, mais cela est à nuancer avec une abstention de 62.35%. Les candidats Chavistes y obtiennent également un haut score, permettant alors d’avoir une majorité écrasante pour Chavez.
Ce dernier met également en place de nombreuses missions sociales et humanitaires, comme par exemple la mission  » vuelvan caras » qui est une série de programmes anti-pauvreté et de protection sociale en transformant l’économie actuelle en une économie orientée vers le peuple et les intérêts de biens communs plutôt que dans une économie fiscale et rémunératoire. De plus, par le biais de multiples coopérations avec Cuba dans le cadre de l’Alba, d’autres missions concentrées dans la santé et l’éducation voient le jour.

Le 14 décembre 2004, Chavez amplifie encore plus sa politique visant à démanteler l’empire Américain du secteur économique Latino en créant l’Alliance Bolivarienne pour les Amériques (Alba). Ce traité de commerce entre les peuples proposé par Chavez n’est que le résultat d’une profonde volonté d’émancipation et d’un refus global du néolibéralisme américain.
Avant la mise en place de l’Alba par le Venezuela, trois traités dictaient les échanges marchands au sein de l’Amérique Latine et également avec ses voisins du Nord.

  1. Le MERCOSUR est le marché commun du Sud regroupant plusieurs pays d’Amérique Latine en communauté économique. L’Argentine, le Brésil, le Paraguay, l’Uruguay et le Venezuela plus les pays associés mais non membres qui sont le Chili, la Colombie, le Pérou et l’Équateur, formaient cet ensemble économique.
  2. L’ALENA créée par le traité du 1 janviers 1994 est une zone de libre-échange entre Canada, Mexique et Etats-Unis.
  3. Et enfin la CAN, Communauté Andine des Nations, qui est un processus économique et d’intégration régionale ayant comme objectif commun un développement intégral.

Quand Chavez arrive au pouvoir, malgré sa volonté d’intégration latino-caraïbe et son rêve d’unifier l’Amérique latine comme le souhaitait le Che, il est doublement isolé. D’un côté, la plupart des autres dirigeants latins sont libéraux et clients des USA, et de l’autre les institutions économiques qui régulent le marché et les interactions entre les différents pays latins sont d’options libérales et conciliantes avec les intérêts américains pour le meilleur des cas ou totalement subordonnées à Washington dans le pire des cas. De plus, l’élection de Bush en 2000 est un autre facteur à prendre en compte dans le comportement de Chavez sur la scène internationale et dans ses rapports avec les USA, qui se retrouvent encore plus exacerbés après le coup d’État raté de 2002. Ce coup d’État arrive à la suite de la politique prise par Chavez sur les questions de politique pétrolière (comme la relance de l’OPEP et la diplomatie avec certains membres de l’OPEP qualifié par Bush de l’Axe du mal). S’ensuit alors l’ingérence des États-Unis et la tentative du coup d’État de 2002 où les classes bourgeoises tentent de bloquer le pays avec l’aide des États-Unis, qui réalise des blocus économiques. Cependant, Chavez est soutenu par les secteurs publics et par une large partie de la population qui met en échec le renversement.
A partir de là, Chavez comprend qu’il ne pourra pas réaliser sa politique dans le cadre des traités et des institutions actuelles. Il critique alors fortement l’ALCA au sommet des Amériques de 2005, qui est un projet impulsé par les États-Unis dans le but de remplacer l’ALENA.
Il appelle alors ses confrères à le rejoindre dans le projet de l’Alba pour créer une alternative à la fois économique et au processus d’intégration des peuples.

Le dossier du Venezuela, comme observé ci-dessus, n’est donc pas un sujet récent rattaché à la présidence de Maduro. C’est un sujet beaucoup plus ancien remontant dans un premier temps à l’élection de Chavez, que les Etats-Unis ont toujours voulu destituer. Mais ce dossier renvoie également à un problème plus grave, celui de l’ingérence américaine et de l’impossibilité des peuples à diriger par eux-mêmes à cause de cette ingérence et des capitaux extérieurs qui bloquent les politiques progressistes.

5292316-7897336.jpg

Les événements actuels au Venezuela

La presse Atlantiste, dans son ensemble, a cristallisée le débat de la « crise au Venezuela » sur la personne de Maduro en lui attribuant la violence et en omettant de compter le contexte historique, politique et économique ainsi que les différents acteurs.

En effet, pendant plusieurs mois (quinze mois) le Venezuela a été le théâtre de multiples violences alimentées par les deux camps politiques : le PSUV et l’opposition, qui regroupe les politiques libérales, l’establishment vénézuélien et l’extrême-droite vénézuélienne qui a une part importante dans cette opposition.
Ces confrontations violentes ont entraîné la mort de nombreuses personnes de part et d’autre ainsi que des manifestations souvent impressionnantes de par le vacarme, la violence et les images.
Il n’est ici en aucun cas question de remettre en cause ou de passer sous silence la grave crise civile qui gangrène le pays et la façon dont Maduro et son gouvernement tentent de répliquer face aux attaques institutionnelles de l’opposition Vénézuélienne et de Washington. Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que le gouvernement vénézuélien tente de garder le contrôle étatique de manière plus ou moins violente car l’Histoire parle en sa faveur : l’ingérence et les coups d’États ont conduits par le passé à la mort d’Allende au Chili, de Torrijos au Panama et de Jaime Roldos en Equateur, pour ne citer qu’eux.

AFP_0a3feb7b1602220ca4650edf0beeb83aac659499

De la surexposition médiatique, succède le strict minimum journalistique…Rétrospectivement, la couverture médiatique de l’élection de l’Assemblée constituante était d’une toute autre intensité. Avalanche de dépêches, reportages, « éclairages » et débats en plateau, titres choc en manchette, interviews, articles de décryptage, photos reportage, tweets enragés d’« intellectuels engagés » …Le Venezuela et sa constituante auront même l’honneur de faire la une de Libération.
Tout y est passé pour une couverture médiatique maximale de l’élection de l’Assemblée Nationale constituante. L’instrumentalisation du Venezuela à des fins de politique intérieure était à son comble, du Front national jusqu’à l’Elysée : il s’agissait de faire d’une pierre deux coups en diabolisant le Venezuela bolivarien et la gauche de transformation sociale en France (FI, PCF). Un phénomène que l’on a pu observer également en Angleterre avec Corbyn, en Espagne avec Unidos-Podemos, etc. Il faut dire que la frange la plus radicale de la droite vénézuélienne avait alors renoué avec la stratégie insurrectionnelle des « guarimbas ». Une flambée de violence dont les médias, dans leur grande majorité, imputaient la responsabilité au gouvernement, accusé d’organiser la répression contre ce qui était présenté comme une insurrection populaire. En réalité, il s’agissait d’une stratégie de violence d’extrême-droite qui n’avait rien de spontané et qui suscitait alors l’indulgence de la presse hexagonale.

tumblr_static_guarimba_5

Concernant les élections régionales qui ont suivies l’élection de l’Assemblée, on pouvait penser qu’il y allait avoir la même intensité dans les médias objectifs… Que nenni, il était sensiblement impossible de couvrir autant médiatiquement un pays accusé d’être une dictature, organisant des élections régionales auxquelles l’opposition, dans son immense majorité, participe.
Malgré la victoire du PSUV durant les élections régionales et la reconnaissance par la majorité de l’opposition, les journaux ainsi que certains politiques atlantistes, pointent du doigt ces élections en relayant la contestation d’une partie de l’opposition qui ne reconnait pas ce scrutin (l’opposition conteste les résultats, en omettant qu’elle agit ainsi à chaque défaite électorale depuis 18 ans).
En effet, pour l’opposition cela est une grande défaite de voir que le pays soutient encore le gouvernement. L’opposition ressort de ce scrutin fortement affaiblie et divisée.

cartographie-élections-psuv

Une autre information, qui a été passé sous silence ou presque, est la volonté de Maduro de sortir de la dollarisation. Il affiche en effet une grande ambition, celle de lancer une nouvelle ère du commerce extérieur. Mais cette tentative de se passer du dollar dans les échanges internationaux répond avant tout aux difficultés croissantes que rencontre le pays pour se procurer les dollars nécessaires à l’importation des produits de première nécessité dont le pays a grand besoin. Surtout, avec l’effondrement des cours du pétrole dont le gouvernement vénézuélien tire plus de 90 % de ses réserves en devises et la crise économique profonde qui sévit, le Venezuela espère être le premier pays à conclure une vente de pétrole en yuan avec la chine.

« L’Amérique a toujours un ennemi diabolique qui oblige le monde à prendre parti. »

 

Teychon Baptiste

Sources :

Pour aller plus loin :

  • « Les veines ouvertes de l’amérique latine » d’Eduardo Galeano
  • « Le volcan latino-américain » de Franck Gaudichaud
  • « La fabrication de l’ennemi » de Pierre Conesa
  • « Confession d’un assassin économique » de John Perkins
  • « Le livre noir de la CIA » de Yvonnick Denoel.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s